Trois figures de l’UdeS reçoivent une distinction française majeure 

Par Frédérique Maysenhoelder 

Le recteur de l’UdeS, Jean-Pierre Perreault, ainsi que Pierre Cossette et Jean Goulet, ont reçu les insignes de chevalier de l’Ordre des Palmes académiques lors d’une cérémonie tenue à l’Université de Sherbrooke le 5 février, en présence du consul général de France à Québec, Éric Lamouroux.

Le 5 février dernier, l’Université de Sherbrooke (UdeS) a été le théâtre d’une cérémonie empreinte d’émotion et de fierté. À cette occasion, le consul général de France à Québec, Éric Lamouroux, a officiellement nommé Jean-Pierre Perreault, Pierre Cossette et Jean Goulet au grade de chevalier de l’Ordre des Palmes académiques, l’une des plus anciennes et prestigieuses distinctions civiles françaises.  

Créé au 19e siècle par Napoléon Bonaparte, cet ordre honorifique vise à reconnaître les personnes qui contribuent de manière exceptionnelle à l’enseignement, à la transmission du savoir et au rayonnement de la culture. 

Cette triple distinction, rarissime pour une même université, marque une étape importante dans l’histoire des relations entre l’UdeS et la France. Elle vient souligner non seulement l’engagement remarquable des trois récipiendaires, mais aussi la vitalité des coopérations scientifiques et universitaires qui se sont intensifiées au fil des dernières années. Comme l’a mentionné le consul général lors de son allocution, ces trois médailles reconnaissent le parcours exceptionnel de responsables éminents de l’Université de Sherbrooke tout en mettant en lumière la solidité des liens franco-québécois qui unissent les deux partenaires. 

Au-delà de l’honneur individuel, cette reconnaissance consacre le rôle stratégique que joue aujourd’hui l’UdeS dans l’espace francophone international. Elle témoigne de la capacité de l’institution à développer des collaborations durables, ambitieuses et structurantes, tant en recherche qu’en formation, dans un contexte où la défense et la promotion du français en science représentent un enjeu central. 

Une vision stratégique tournée vers la France 

Depuis plusieurs années, l’Université de Sherbrooke déploie une vision claire afin de consolider et d’approfondir ses relations avec la France. Cette orientation se reflète dans les mandats des vice-rectorats à la recherche, aux partenariats, aux études et à l’international, qui intègrent explicitement le développement de collaborations franco-québécoises. Elle se manifeste également par des prises de position régulières de la direction soulignant l’importance stratégique de ces alliances. 

La création d’un Bureau de l’UdeS en France constitue l’un des jalons majeurs de cette démarche. Cette présence institutionnelle sur le territoire français favorise la conclusion d’ententes structurantes, facilite la mobilité étudiante et professorale et soutient l’émergence de projets conjoints d’envergure. L’Université participe également à de nombreux événements scientifiques en France et accueille régulièrement des délégations françaises à Sherbrooke, renforçant ainsi un dialogue académique constant. 

Ces efforts ont permis à l’UdeS de consolider sa position comme partenaire incontournable dans l’espace francophone. Les collaborations se traduisent par des programmes bidiplômants, des cotutelles de thèse et la mise sur pied de laboratoires de recherche internationaux. Elles contribuent aussi à positionner l’institution comme un acteur clé dans des domaines stratégiques tels que le numérique, la cybersécurité, les nanotechnologies et les technologies quantiques. La reconnaissance accordée par la France vient ainsi confirmer la pertinence et la cohérence de cette orientation. 

Jean-Pierre Perreault : la science en français comme moteur 

Recteur de l’Université de Sherbrooke depuis 2025, Jean-Pierre Perreault est reconnu pour son engagement soutenu envers la promotion de la science en français. Avant d’accéder au rectorat, il a notamment occupé le poste de vice-recteur à la recherche et aux études supérieures et assuré la présidence de l’ACFAS de 2021 à 2024, une période marquée par un repositionnement stratégique important de l’organisme. 

Son parcours scientifique, notamment en biochimie de l’ARN, s’est accompagné d’une volonté constante de valoriser la vulgarisation et la diffusion du savoir en français. Il a soutenu des initiatives favorisant la communication scientifique auprès du grand public et encouragé les étudiantes et étudiants à s’approprier leur langue comme outil de recherche et d’innovation. Sous son impulsion, l’UdeS a également progressé de manière significative dans le classement canadien des revenus de recherche, témoignant d’un dynamisme accru. 

Recevant la distinction avec humilité, il a souligné qu’elle représentait d’abord la reconnaissance d’un travail collectif mené avec passion. Il a rappelé que la collaboration entre le Québec et la France demeure essentielle pour assurer une véritable souveraineté scientifique francophone. Pour lui, le développement des liens avec la France et l’ensemble de la francophonie s’inscrit naturellement dans la planification stratégique de l’Université et dans son ambition de rayonner à l’international tout en demeurant fidèle à sa culture. 

Pierre Cossette : structurer des partenariats durables 

Recteur de 2017 à 2025, Pierre Cossette a joué un rôle déterminant dans l’intensification des relations entre l’UdeS et plusieurs institutions françaises. Sous sa direction, l’Université a multiplié les ententes dans des secteurs porteurs et favorisé la création de projets conjoints ambitieux. L’ouverture d’un bureau en Auvergne-Rhône-Alpes, en 2022, illustre cette volonté d’ancrer durablement la présence sherbrookoise en France. 

Parmi les réalisations marquantes figure la fondation du Quantum Frontiers Lab, un laboratoire de recherche international issu de plusieurs décennies de collaborations bilatérales. L’UdeS a également contribué au lancement d’un Centre de recherche international associé au Centre national de la recherche scientifique, consolidant ainsi son intégration au sein des réseaux scientifiques français. 

Pierre Cossette a accueilli cette nomination avec surprise et gratitude, rappelant que l’Université constitue avant tout une œuvre collective. Selon lui, les réussites observées reposent sur la confiance mutuelle, une vision partagée et un engagement soutenu de part et d’autre de l’Atlantique. Il a tenu à exprimer sa reconnaissance envers les nombreuses personnes qui ont contribué à bâtir ces relations et à donner un nouvel élan aux collaborations franco-québécoises. 

Jean Goulet : un engagement de près de 50 ans 

Figure marquante de l’Université de Sherbrooke, Jean Goulet s’est distingué par près d’un demi-siècle d’engagement au service de l’enseignement supérieur. Professeur, directeur de département, doyen, vice-recteur aux ressources humaines et président du syndicat des professeures et professeurs, il a occupé plusieurs fonctions clés tout au long de sa carrière. Sa pédagogie centrée sur l’individu et son dévouement à la réussite étudiante ont marqué des générations, alors qu’il a formé environ 8000 étudiantes et étudiants. 

Lauréat de la première Grande distinction en enseignement universitaire de l’UdeS en 2010 et proclamé professeur émérite en sciences en 2023, il a également contribué à des initiatives scientifiques en France, au Maroc et au Liban. Son engagement envers la francophonie scientifique s’est traduit par une participation active à l’ACFAS et par des collaborations internationales visant à renforcer l’usage du français dans les milieux de recherche. 

Quatre ans après sa retraite, il accueille cette reconnaissance avec une émotion particulière. Il voit dans cette distinction la confirmation que le travail accompli, parfois dans l’ombre, participe néanmoins au rayonnement collectif de l’institution. Pour lui, faire la science en français signifie soutenir concrètement la vitalité de la francophonie et transmettre aux générations futures la confiance nécessaire pour poursuivre leurs travaux dans leur langue. 

Un positionnement renforcé dans l’espace francophone 

L’attribution simultanée de ces trois Palmes académiques propulse l’Université de Sherbrooke au premier plan de l’espace francophone international. Elle démontre au gouvernement français la solidité et la maturité des collaborations déjà en place, tout en consolidant la crédibilité de l’UdeS auprès de ses partenaires. 

Au-delà de l’honneur symbolique, cette triple nomination confirme la pertinence d’une stratégie axée sur l’ouverture, la coopération et la valorisation du français comme langue de savoir. Elle rappelle que l’Université de Sherbrooke ne se limite pas à un ancrage régional fort, mais qu’elle participe activement aux grands réseaux scientifiques mondiaux où la francophonie occupe une place centrale. 

En célébrant ces trois parcours d’exception, la France reconnaît ainsi l’excellence individuelle, mais aussi la force d’une institution qui a fait du partenariat et de la langue française des leviers de développement et de rayonnement. 


Crédit : Michel Caron

Frédérique Maysenhoelder
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