Par Rebecca Gagné

Le biologiste et bédéiste Martin Patenaude-Monette [PM] est venu jouer son rôle de vulgarisateur scientifique le 18 mars dernier pour la Semaine des objectifs de développement durable (ODD) de l’Université de Sherbrooke (UdeS). Sa conférence Comprendre et agir pour la biodiversité grâce à la BD prenait place entre les murs de l’auditorium de l’Institut quantique.
Détenteur d’un baccalauréat en écologie à l’UdeS et d’une maîtrise en sciences biologiques à l’UQAM, Martin PM fait de l’environnement le centre de son domaine. Avec le temps, son intérêt grandissant envers les reportages journalistiques et la bande dessinée documentaire lui ont donné l’envie de se lancer pleinement dans cette multidisciplinarité. Son parcours rempli d’expériences a mené à la publication de son premier ouvrage en 2024 Un Sacrifice tout naturel – Les ratées de la protection de la biodiversité au Québec.
Des écosystèmes menacés
De ce que nous rapporte Martin PM, l’importance de la biodiversité se caractérise principalement par la panoplie de services écosystémiques qu’elle rend à l’espèce humaine. Cela se traduit autant par la contribution des insectes pollinisateurs, qui assurent la reproduction de certaines plantes, que par celle des milieux humides, qui jouent un rôle de filtration clé. Bien que les avancées technologiques de notre époque puissent parfois contribuer à ces services écosystémiques, celles-ci ne peuvent imiter, et encore moins remplacer, la biodiversité telle qu’elle nous est offerte.
En contexte de crise climatique, c’est le déclin de la biodiversité qui fait le plus mal. Dans son rapport de 2019, la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES en anglais) évaluait qu’un million d’espèces étaient menacées. Quant au Rapport Planète vivante de Fonds mondial pour la nature Canada (WWF-Canada en anglais), on dénombre près de 70% de diminution d’animaux sauvages depuis 1970. La cause première de cette perte de biodiversité est attribuable à la destruction des habitats des espèces. « Elles n’ont plus d’endroits où se reproduire, où se nourrir… où vivre, tout simplement », explique Martin PM.
Un militantisme nécessaire
Animé par son militantisme environnemental et politique, son expérience de biologiste et sa fibre artistique, Martin PM s’est immiscé sur le terrain en vue d’effectuer différents reportages. C’est entre autres inspiré d’œuvres françaises, comme Algues vertes, que le biologiste-bédéiste illustre les problématiques qu’il rencontre depuis maintenant une dizaine d’années.
Au fil de ses reportages, Martin PM constate que le plus d’espoir réside au cœur des actions locales. « [À] des échelles plus locales, par exemple au niveau municipal même au niveau de notre quartier, on a, je pense, beaucoup plus d’emprise, et c’est possible de changer des choses », renchérit-il.
Le cas de Sainte-Julie est une victoire inspirante. Alors qu’un projet immobilier menaçait la destruction d’un milieu naturel abritant du ginseng sur son territoire, une mobilisation citoyenne est parvenue à mettre du sable dans l’engrenage. D’une pétition signée au porte-à-porte est née la protection totale du boisé, maintenant acquis par la municipalité.
Ainsi, Martin PM invite à la mise en action concrète et accessible. La participation à des bioblitz, qui sont des inventaires d’espèces organisés collectivement, ou la contribution à l’application iNaturalist, qui permet le recensement d’espèces du bout des doigts, en sont des exemples. D’autres initiatives, comme l’école de la Forêt du Bois Beckett, l’Association citoyenne des espaces verts de Sherbrooke (ACEVS), Action Saint-François et l’Association pour le Boisé Ascot-Lennox, agissent à titre de regroupements citoyens valorisants et inspirants.
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Crédit : Rebecca Gagné
