Les classements des cégeps : un stress avant même l’université 

Par Salma Labiede 

Les personnes étudiantes se fient aux classements des cégeps pour leur procurer le meilleur tremplin possible vers les études universitaires. 

Chaque année, à la fin du secondaire, les élèves se retrouvent confrontés à un phénomène qui dépasse parfois les simples notes : les fameux classements des cégeps. Avant même d’avoir franchi les portes de l’université, ces palmarès, publiés par différents guides et médias, influencent les choix, les espoirs et parfois même le moral des étudiantes et étudiants. 

Pour beaucoup, ces classements deviennent un repère. 

Les statistiques sur le taux de réussite, le pourcentage de diplômés qui poursuivent à l’université et même les notes moyennes à l’entrée des programmes deviennent des indicateurs cruciaux. Mais derrière ces chiffres se cache une réalité plus nuancée : un bon classement ne garantit pas une expérience d’apprentissage adaptée à tous. 

La pression avant même de commencer 

Avant même de commencer, certains jeunes ressentent une pression énorme. Le simple fait de savoir que leur cégep est « moins bien classé » peut créer un sentiment d’infériorité ou de peur de manquer des opportunités. Pour d’autres, au contraire, viser un cégep très réputé devient un objectif de vie, et tout retard ou difficulté scolaire se transforme en source de stress. Ce phénomène illustre à quel point la compétition académique peut commencer bien avant l’université. 

Au-delà des chiffres : les forces cachées des cégeps 

Le corps enseignant et les personnes conseillères pédagogiques insistent souvent sur l’importance de ne pas se limiter aux chiffres. Chaque cégep a ses forces et ses particularités : certains programmes offrent des expériences pratiques plus poussées, d’autres mettent l’accent sur les projets collaboratifs, les stages ou l’accompagnement personnalisé. Pourtant, la perception publique est souvent dominée par ces classements annuels, qui réduisent l’expérience éducative à un simple ordre de mérite. 

Motivation ou anxiété ? 

Malgré cette pression, ces classements peuvent aussi avoir un effet motivant. Certaines personnes étudiantes, confrontées à un palmarès exigeant, se surpassent pour atteindre leurs objectifs. Les chiffres deviennent des repères, non pas des verdicts définitifs. Mais la frontière est mince entre motivation et anxiété. La crainte de décevoir sa famille ou de « choisir le mauvais cégep » peut peser lourd, même avant le début des études. 

L’influence sur les choix d’orientation 

Par ailleurs, ces classements influencent également les choix des parents et des conseillers et conseillères scolaires. Les décisions d’orientation sont souvent guidées par la réputation et les statistiques, et moins par l’adéquation entre le profil de l’étudiante ou de l’étudiant et l’environnement pédagogique. Certains jeunes se retrouvent ainsi inscrits dans des programmes qui correspondent davantage à une image qu’à leurs intérêts personnels, ce qui peut avoir un impact sur leur engagement et leur réussite future. 

Trouver son propre chemin 

En fin de compte, les classements des cégeps sont un outil, mais pas une vérité absolue. Ils donnent une image globale, mais chaque personne étudiante vit son expérience différemment. Avant même d’arriver à l’université, ces palmarès montrent combien le chemin scolaire peut être façonné par la perception et la comparaison, et combien il est important de garder en tête que la réussite ne se mesure pas uniquement en chiffres. 

L’enjeu, pour les jeunes, est donc de trouver un équilibre : utiliser ces informations pour faire des choix éclairés, tout en restant fidèles à leurs intérêts, leurs passions et leur rythme. Car au-delà des palmarès, ce qui compte vraiment, c’est l’expérience vécue et la motivation à apprendre. 


Crédit : UOttawa

Sarah Gendreau Simoneau
Rédactrice en chef et directrice du volet production, auparavant cheffe de pupitre SPORTS ET BIEN-ÊTRE at Journal Le Collectif  redaction.lecollectif@USherbrooke.ca  Web   More Posts

Passionnée par tout ce qui touche les médias, Sarah a effectué deux stages au sein du quotidien La Tribune comme journaliste durant son cursus scolaire, en plus d’y avoir œuvré en tant que pigiste durant plusieurs mois. Auparavant cheffe de pupitre pour la section Sports et Bien-être du Journal, et maintenant rédactrice en chef, elle est fière de mettre sa touche personnelle dans ce média de qualité de l’Université de Sherbrooke depuis mai 2021.

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