Par Rebecca Gagné

Une foule d’activités ont pris place lors de la quatrième édition de la Semaine des ODD (Objectifs de développement durable) de l’Université de Sherbrooke (UdeS). Parmi celles-ci, la Soirée des acteurs du 11 mars dernier offrait un lieu de rencontre convivial pour toute personne intéressée de près ou de loin par la transition socioécologique.
Membres du rectorat, personnel du Centre universitaire de formation en environnement et développement durable (CUFE) et communauté étudiante se sont rassemblés sous le signe de l’espoir d’un campus durable. L’événement se déroulait à l’Agora de la bibliothèque Roger-Maltais sous la forme d’un 5 à 8 où petites bouchées, conférences éclairs et discussions étaient au rendez-vous.
L’engagement étudiant mis de l’avant
Emmanuelle Jodoin, agente en reddition de compte en développement durable, a ouvert le bal avec une présentation sur la reconnaissance, voire la nécessité de l’engagement étudiant dans le domaine du développement durable.
La marche pour le climat, l’exposition photo et les nombreux ateliers éducatifs en sont de bons exemples. Faut-il aussi souligner le dévouement environnemental de la coopérative de vélo La Déraille, qui lui a valu le prix Distinction de la Fondation Estrienne en Environnement en 2024. Cela est sans oublier la 41e cérémonie du Défi de l’engagement étudiant dont 12 personnes ou groupes de la communauté de l’UdeS étaient récipiendaires d’un prix d’honneur. L’édition 2024-2025 du rapport ESG (Environnement, Social, Gouvernance) comptera une section sur la force institutionnelle que représente cette implication étudiante sur le campus, mentionne en primeur Emmanuelle Jodoin.
De son côté, l’UdeS a reçu pour une troisième fois la certification STARS platine et se taille une place au sommet du classement mondial en matière de développement durable. Cette performance ne serait pas aussi exceptionnelle si ce n’était pas de l’engagement collectif qui en ressort, explique Emmanuelle Jodoin.
Un regard vers ce qui s’en vient
Cela fait maintenant près de 20 ans que l’UdeS travaille de près avec la communauté étudiante pour un campus durable, souligne Patrice Cordeau, vice-recteur adjoint au développement durable [du comité de mobilité durable]. Cela se traduit par l’implication des différents comités, comme la Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke (FEUS), le Regroupement étudiant de maîtrise, diplôme et doctorat de l’Université de Sherbrooke (REMDUS) et Campus durable, au sein des différents comités de l’institution.
Alors en pleine rédaction du nouveau plan stratégique, la nouvelle direction semble maintenir cette vision verte dans ses ambitions, selon Patrice Cordeau. « On [le comité de mobilité durable] était inquiets parce qu’on avait vu très peu de chantier en matière de développement durable pendant les travaux de planification stratégique. Je peux vous dire que les résultats sont concluants. Je pense que les consultations et les effets sur le terrain ont porté fruit parce qu’on voit apparaître beaucoup d’environnement, de lutte aux changements climatiques dans le plan stratégique. »
Le comité tiendra une première rencontre le 2 avril prochain pour structurer les plans d’action nécessaires en vue du lancement du nouveau plan de développement durable à l’automne 2026.
Quand tout roule
La directrice du centre de la mobilité durable, Amélie Boivin, s’exprime à son tour pour annoncer la poursuite, voire l’agrandissement du club de vélo du campus. Un partenariat avec le Conseil Sport Loisir de l’Estrie (CSLE) permet l’ajout de vélos électriques, notamment après un projet pilote reliant l’Institut quantique et l’Institut interdisciplinaire d’innovation technologique (3IT). La flotte de vélos s’équipe également de casques pour les stations de BIXI « pour pouvoir faire sûr que notre communauté circule de façon sécuritaire », stipule Amélie Boivin.
D’un autre côté, la directrice souligne les actions durables mises en œuvre auprès de la flotte de véhicules institutionnels de l’UdeS. Un projet pilote de mutualisation de l’équipement du parc automobile du campus, qui misait davantage sur le remplacement de véhicules, a pu prévenir toute nouvelle acquisition.
Le centre de la mobilité durable a aussi mis en place un partenariat offrant des rabais sur l’entretien, l’équipement et l’achat des vélos pour le personnel de l’UdeS. Amélie Boivin spécifie que le prochain objectif serait d’y inclure la communauté étudiante.
Des déchets à la revalorisation
L’équipe de la gestion environnementale et des services à la communauté du Service des immeubles est à l’origine d’initiatives qui n’ont plus de secrets. C’est ce qu’ont résumé deux de ses membres, Clémentine Freire, conseillère en gestion environnementale, et Nadège André, technicienne en environnement.
D’abord, les sacs à ordures ont été changés pour des sacs compostables dans les salles de bains afin de revaloriser le papier brun. Cette mesure est rendue possible grâce aux membres de l’équipe qui veillent à la logistique du projet partout sur le campus.
La gestion du plastique des EPI (équipement de protection individuel) dans les laboratoires est une deuxième initiative réussie, qui a permis la récupération de 13 tonnes de matière en 2024 grâce à la mobilisation du personnel.
Vient ensuite le bazar de la rentrée, qui carbure aux dons de la communauté étudiante et permet leur revalorisation sur base de contribution volontaire destinée au financement d’activités étudiantes en développement durable. Dans l’optique de favoriser le réemploi jusqu’au bout, les items restants sont donnés à l’organisme EstrieAide, précise Nadège André.
Clémentine Freire termine avec la certification d’événements écoresponsables de l’UdeS, qui reconnaît les efforts environnementaux déployés en événementiel. Depuis 2024, il est possible d’obtenir la certification pour tout événement prenant place sur l’un des trois campus.
Des possibilités florissantes
Avec le printemps qui approche, la conseillère en biodiversité pour le Service des immeubles, Élizabeth Cazeault, rappelle les différentes manières de s’impliquer dans la transition socioécologique à l’UdeS.
Comme mentionné plus tôt par Emmanuelle Jodoin, le campus carbure à un engagement étudiant fort. Des regroupements tels que Ruche campus, le Jardin collectif, FUNGUS et l’Envol contribuent donc parallèlement au plan d’action en biodiversité de l’UdeS.
Si ce n’est pas en rejoignant ces regroupements, il est possible de s’impliquer à la cause environnementale grâce au Réseau Fiers d’être verts ou la formation Moodle S’informer et agir pour le climat. « C’est une formation qui montre ce qu’on fait à l’Université, ce qu’est le développement durable, mais aussi qui vous invite à passer à l’action », spécifie Élizabeth Cazeault. À noter qu’un tirage parmi les personnes participantes a lieu une fois par session.
Le mois de mai sera un mois à surveiller en matière de biodiversité. La programmation des diverses activités offertes sur le campus reste à venir.
Enfin, Élizabeth Cazeault invite à la mobilisation environnementale sur la réserve naturelle universitaire du Parc-du-Mont-Bellevue. Outre l’adoption de la charte écologique, il est possible de recenser les espèces présentes avec l’application iNaturalist ou même de rejoindre le Réseau ami de la réserve pour une participation plus active à la conservation du milieu.
Crédit : Rebecca Gagné
