Par Frédérique Maysenhoelder

Le 5 janvier dernier, la communauté étudiante est revenue sur le campus pour la session d’hiver. Cette période de transition s’accompagne fréquemment d’une pression de performance qui se manifeste dès les premières semaines.
La publication rapide des plans de cours, l’accumulation des échéanciers et la multiplication des exigences académiques plongent plusieurs personnes dans un rythme soutenu avant même que les repères ne soient bien établis.
Cette pression transforme la rentrée en une phase exigeante, où l’adaptation aux nouveaux contenus, aux méthodes d’évaluation et aux attentes professorales se fait dans un contexte d’urgence constante.
Une organisation académique qui contribue à la pression
La structure même de la session universitaire contribue à cette impression de surcharge. Les premières semaines concentrent souvent un grand nombre de lectures obligatoires, de travaux préparatoires et d’évaluations diagnostiques. Pour plusieurs, cette organisation donne l’impression que la performance doit être immédiate, sans période d’ajustement réelle.
Les étudiantes et étudiants doivent rapidement maîtriser de nouvelles plateformes numériques, comprendre les règles propres à chaque cours et planifier l’ensemble de la session sur plusieurs mois. Cette gestion simultanée de multiples exigences augmente la charge mentale et laisse peu de place à l’erreur ou à l’improvisation.
Le poids de la comparaison et des attentes personnelles
Au-delà de la charge de travail, la pression de performance est également nourrie par la comparaison sociale. Les échanges entre pairs, qu’ils aient lieu en classe, dans les travaux d’équipe ou sur les réseaux sociaux, exposent constamment les individus aux avancées des autres. Même lorsqu’elle est implicite, cette comparaison peut renforcer l’impression de ne jamais en faire assez.
À cela s’ajoutent les attentes personnelles élevées que plusieurs s’imposent. La volonté de réussir, de maintenir une moyenne élevée ou de se démarquer dans un parcours compétitif contribue à maintenir un niveau de stress constant. Cette pression est particulièrement marquée chez les personnes en fin de parcours, pour qui la réussite est souvent associée à l’accès à des stages, à des études supérieures ou au marché du travail.
Des impacts concrets sur la santé et la réussite
Lorsque la pression de performance s’installe tôt dans la session, ses effets se répercutent rapidement sur le bien-être. Stress chronique, fatigue, troubles du sommeil et difficulté à maintenir la concentration font partie des conséquences les plus fréquemment observées. À plus long terme, cette pression peut mener à une perte de motivation, à un sentiment d’épuisement académique et, dans certains cas, à un retrait temporaire ou définitif des études.
Les personnes qui doivent concilier études, emploi et responsabilités personnelles sont particulièrement vulnérables à cette surcharge. Pour elles, la performance universitaire s’inscrit dans un équilibre fragile, où chaque imprévu peut avoir des répercussions importantes sur l’ensemble du parcours.
Des ressources pour soutenir la communauté étudiante
Consciente de ces enjeux, l’Université de Sherbrooke offre plusieurs ressources pour soutenir la réussite et le bien-être de sa communauté étudiante. Des services de soutien psychologique, des accompagnements en réussite scolaire et des outils de gestion du stress et du temps sont accessibles sur les différents campus.
Toutefois, la présence de ressources ne suffit pas toujours à atténuer la pression ressentie. La reconnaissance collective de cette réalité demeure essentielle.
Source : Pixabay
