Des avancées sherbrookoises pour la lutte contre le cancer 

Par Frédérique Maysenhoelder 

Les découvertes de l’IRCUS ouvrent la voie à des traitements plus ciblés et à une meilleure qualité de vie pour les personnes atteintes de cancer. 

À l’Institut de recherche sur le cancer de l’Université de Sherbrooke (IRCUS), la recherche ne se limite pas aux laboratoires : elle transforme concrètement la manière de prévenir, détecter et traiter les cancers. Des équipes multidisciplinaires y développent de nouveaux traitements, améliorent la qualité de vie après la maladie et forment la prochaine génération de scientifiques.  

Voici cinq découvertes marquantes issues de l’Institut. 

Comprendre les effets secondaires graves de l’immunothérapie 

L’immunothérapie a révolutionné le traitement de certains cancers avancés, notamment du rein et du mélanome. Toutefois, près d’un quart des patients traités avec l’ipilimumab développent des maladies auto-immunes parfois fatales. 

Le rhumatologue et professeur-chercheur Hugues Allard-Chamard s’est intéressé à la protéine ciblée par ce médicament. En étudiant les personnes ayant un déficit naturel de cette protéine, son équipe a identifié le mécanisme responsable du dérèglement immunitaire. Cette découverte ouvre la porte à des stratégies permettant de prévenir ces complications tout en conservant l’efficacité du traitement. 

Forcer le cancer à redevenir visible 

Normalement, le système immunitaire agit comme un système de surveillance capable de reconnaître les cellules cancéreuses. Mais certaines tumeurs apprennent à se cacher. 

Les chercheurs Subburaj Ilangumaran et Sheela Ramanathan ont démontré qu’une protéine précise joue un rôle central dans cette détection. Sans elle, la progression du cancer s’accélère. Leur objectif est maintenant clair : réparer ce mécanisme pour rendre les cellules cancéreuses de nouveau détectables, ce qui pourrait mener à une nouvelle génération d’immunothérapies. 

Traiter les métastases cérébrales sans abîmer le cerveau 

Les métastases au cerveau représentent un défi majeur, particulièrement pour les cancers gynécologiques et de la vessie. 

Le neurochirurgien oncologue David Mathieu a dirigé deux études internationales sur la radiochirurgie stéréotaxique, une technique appelée Gamma Knife. Cette approche concentre précisément les radiations sur la tumeur. Résultat : environ 90 % des métastases ont été contrôlées, avec très peu d’effets secondaires. La technique offre ainsi une option thérapeutique efficace et mieux tolérée. 

Soulager les survivantes de cancers gynécologiques 

Au Canada, des milliers de survivantes d’un cancer du col de l’utérus ou de l’endomètre vivent avec des douleurs persistantes lors des relations sexuelles. 

Une équipe dirigée par la chercheuse Mélanie Morin a développé une approche de physiothérapie multimodale du plancher pelvien dont l’efficacité a été démontrée par plusieurs études. 
Bien que prometteur, ce traitement demeure peu accessible. Son implantation plus large pourrait pourtant améliorer considérablement la qualité de vie de nombreuses patientes. 

Une nouvelle cible contre les cancers agressifs 

Certains cancers, comme le cancer du sein triple négatif ou le cancer colorectal avancé, demeurent particulièrement difficiles à traiter. 

Les chercheurs Richard Leduc et Pierre-Luc Boudreault ont conçu une collection de molécules capables de contrôler une protéine longtemps négligée. Leur approche freine la croissance tumorale même à faible dose, ce qui réduit les effets secondaires potentiels. Cette avancée ouvre la voie à des traitements plus précis contre des cancers agressifs. 

Une recherche ancrée dans le parcours des patients 

L’IRCUS se distingue par une approche couvrant toutes les étapes de la maladie : prévention, dépistage, traitement et vie après le cancer. En plus de produire des découvertes scientifiques, il forme la relève appelée à poursuivre cette lutte. 

Ces cinq projets illustrent une tendance : la cancérologie évolue vers des traitements personnalisés, plus ciblés et moins toxiques. 


Crédit : UdeS relations médias

Frédérique Maysenhoelder
Cheffe de pupitre CAMPUS at Journal Le Collectif  campus.lecollectif@usherbrooke.ca   More Posts

Frédérique occupe le pupitre de la section Culture pendant son baccalauréat en communication appliquée. Passionnée par les médias écrits bien avant son entrée à l’université, elle a d’abord complété un DEC en journalisme au Cégep de Jonquière, où elle a aiguisé sa plume et son regard critique.

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