Un discours sur l’état d’union bien différent 

Par Médéric Dens 

Lors du discours, les caméras pointaient fréquemment vers des législateurs visiblement ennuyés, au point où certains d’entre eux et elles étaient endormis.  

Fidèle à lui-même, le président américain Donald Trump a livré un message coloré lors du discours sur l’état d’union. L’immigration, l’économie, la menace iranienne et les tarifs douaniers étaient à l’honneur. Le discours le plus long de l’histoire laisse pourtant sur sa faim ceux et celles qui réclament un profond changement aux États-Unis.  

Le 24 février dernier se déroulait le discours sur l’état d’union, prononcé par le président américain Donald Trump. Le discours a duré près de deux heures, et tous les sujets y sont passés. D’abord, le président américain a vanté son bilan économique, au point d’affirmer que certaines personnes se plaignent des succès jugés trop forts. 

« Notre pays gagne encore. En fait, nous gagnons tellement que nous ne savons même pas quoi faire de tous ces succès. Les gens me demandent s’il vous plaît, s’il vous plaît, s’il vous plaît, monsieur le président, nous gagnons trop. On ne peut plus encaisser autant de succès. Nous ne sommes pas habitués de gagner. Avant que vous arriviez, nous n’étions pas habitués de gagner », a-t-il mentionné devant un public (surtout républicain) en extase devant ses propos s’apparentant à un spectacle de comédie.  

Il est rare de voir un discours sur l’état d’union aussi polarisant. Normalement, ces discours servent surtout à établir les priorités et tenter de renforcer l’unité nationale. Mais, cette fois-ci, le président visait directement les démocrates, qu’il juge visiblement comme ses ennemis. Le président a même affirmé que « la principale tâche du gouvernement américain est de protéger les citoyennes et citoyens américains et non les illegal aliens », un message directement visé aux démocrates qui défendent les droits des personnes immigrantes. Les républicains se sont ensuite levés pour célébrer, tandis que les démocrates sont demeurés assis en guise de protestation.  

Des revers liés aux tarifs douaniers 

Donald Trump a affirmé que les tarifs douaniers imposés étaient un mal nécessaire pour stimuler l’économie américaine. Pourtant, une décision de la Cour suprême, ultime instance judiciaire aux États-Unis, avait statué en défaveur de ces droits de douane imposés. En effet, par six voix contre trois, la cour a affirmé que la mobilisation, par Donald Trump, de la Loi sur les pouvoirs économiques internationaux d’urgence (IEEPA), ne rend pas légale l’utilisation de droits de douane.  

Quelques jours plus tôt, la Chambre des Représentants avait aussi voté contre ces droits de douane. Ce bras de fer est un tournant dans la présidence de Donald Trump, considérant que six républicains se sont joints aux démocrates pour soutenir cette motion. Le président de la chambre, Mike Johnson, un républicain, avait par ailleurs tenté de bloquer le vote, tandis que Donald Trump menace d’utiliser son droit de veto pour renverser cette motion et outrepasser les décisions du législatif, et possiblement du judiciaire.  

Lors de son discours, le président s’est justement attaqué à la justice américaine : « Tout fonctionnait bien. […] Ils ne veulent simplement pas l’admettre […] Nous allons continuer sur ce chemin de la victoire comme nous l’avons négocié jusqu’à la malheureuse implication de la Cour suprême. » 

Enfin, le président s’est attaqué au Congrès en affirmant que les prochaines décisions économiques allaient uniquement devoir passer par l’exécutif, sans l’approbation nécessaire de la Chambre des Représentants ou encore du Sénat. Ces paroles sont surprenantes aux yeux de plusieurs politologues, surtout considérant que ce message était justement exprimé devant les quelque 535 législateurs qui forment le Congrès.  


Source : Getty Images

Médéric Dens
Chef de pupitre SOCIÉTÉ at Journal Le Collectif  societe.lecollectif@usherbrooke.ca   More Posts

Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.

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