Tragique fusillade à Tumbler Ridge  

Par Médéric Dens 

Le rassemblement était à l’honneur lors de la cérémonie en hommage aux victimes, où jouets, fleurs et autres cadeaux étaient déposés par les citoyens et citoyennes de la municipalité.  

Un drame est survenu à Tumbler Ridge, quartier pourtant paisible de la Colombie-Britannique, à quelques kilomètres seulement de la frontière avec l’Alberta. Une ville de 2700 habitants est secouée, alors que neuf personnes ont péri et que 27 autres personnes sont hospitalisées. Les drapeaux sont en berne à Ottawa, et le premier ministre tente de se faire rassurant quant à la sécurité au pays.  

Le Canada a vécu, le 11 février dernier, l’une des pires tueries de son histoire. Dans un communiqué de presse publié par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) en début d’après-midi, les résidents et résidentes de la petite municipalité de Tumbler Ridge étaient invités à se confiner pour faire face à un « suspect féminin portant une robe avec des cheveux bruns », vraisemblablement armé. Parallèlement, un confinement a été annoncé pour toutes les écoles primaires et secondaires de la région, sans accès aux parents.  

Jesse Van Rootselaar, l’auteure de la fusillade, aurait enlevé la vie à sa mère puis à son demi-frère à son domicile, avant de se diriger vers l’école secondaire de quartier. Une fois sur place, cette dernière a ouvert le feu, entrainant sept décès, dont elle-même. Les autorités affirment également que 27 personnes se situent dans un état « critique, mais stable ».  

Van Rootselaar était connue des milieux policiers. Selon la GRC et les autorités locales, des enjeux de santé mentale avait amené les policiers à intervenir à son domicile plusieurs fois au cours des dernières années. La police avait même procédé à un retrait de deux armes à feu qui se trouvaient dans le milieu familial, armes que la propriétaire avait finalement été en mesure de récupérer. Au moment où ces lignes sont rédigées, la police et la GRC n’ont toujours pas été en mesure d’identifier la raison derrière le choix des victimes.  

Une province et un pays ébranlé  

Le drame survenu à Tumbler Ridge n’est pas passé sous silence et ce, partout au pays. Le premier ministre Mark Carney était présent sur place trois jours après le drame. « Des enseignants protégeaient leurs élèves. Vous vous teniez l’un comme l’autre comme vous vous tenez en ce moment-même. C’est la grâce. C’est ce que nous faisons les uns pour les autres. C’est ce que nous recevons de la part des autres. Ouvrir le cœur quand le monde s’écroule », a-t-il mentionné devant une foule visiblement touchée. Le premier ministre a ensuite nommé chacune des victimes en prenant le soin de mentionner les intérêts de chaque.  

C’est notamment le cas de Ticaria Lampert, surnommée « Tiki », jeune fille de 12 ans qui aimait jouer avec ses frères et sœurs, mais qui aimait aussi la peinture, la cuisine, le bricolage et la culture populaire sud-coréenne (K-pop). C’est également le cas d’Abel Mwansa, qui aimait l’école et qui avait refusé l’école à la maison pour s’éduquer en compagnie de ses amis. En énumérant la liste de victimes, le premier ministre semblait visiblement affecté par la situation, lui-même père de famille.  

Le drapeau du parlement à Ottawa s’est plus tard mis en berme, tout comme celui de certaines municipalités québécoises. En effet, des villes comme Boucherville, Saint-Constant et Brossard ont également abaissé leur drapeau en soutien aux victimes de la tragédie. Enfin, pour préserver la « sécurité émotionnelle et physique » des victimes, le district scolaire de Peace River South a affirmé que les personnes étudiantes n’auraient pas à revenir en classe, lieu où plusieurs de leurs camarades ont perdu la vie.  


Source : Getty Images

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