L’Université de Sherbrooke au cœur d’un essai clinique international sur l’asthme  

Par Frédérique Maysenhoelder  

Grâce à une subvention de plus de 10 M$, l’Université de Sherbrooke pilote un essai clinique international visant à transformer le traitement de l’asthme modéré.

L’Université de Sherbrooke (UdeS) confirme une fois de plus sa place parmi les institutions de recherche de calibre international. La Faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) a récemment obtenu une subvention partenariale de 10 M$ pour mener un essai clinique international sur l’asthme modéré, une maladie chronique qui touche des centaines de millions de personnes à travers le monde.  

Le projet, mené en collaboration avec le CIUSSS de l’Estrie — CHUS, vise à transformer la manière dont l’asthme modéré est traité, en misant sur une intervention précoce et ciblée plutôt que sur une gestion à long terme des symptômes. Une approche qui pourrait changer le quotidien de milliers de patients… et redéfinir certaines pratiques médicales.  

Un problème de santé publique encore sous-estimé  

Si l’asthme sévère fait souvent l’objet d’une attention médiatique et scientifique accrue, l’asthme modéré demeure, quant à lui, moins étudié, malgré ses impacts importants sur la qualité de vie. Fatigue chronique, essoufflement, absentéisme scolaire ou professionnel : pour de nombreuses personnes, cette forme de la maladie reste difficile à contrôler.  

Selon les chercheuses et chercheurs, intervenir plus tôt auprès de patients présentant un asthme modéré à haut risque d’aggravation pourrait prévenir l’évolution vers des formes plus sévères, réduire la dépendance aux corticostéroïdes et limiter les hospitalisations.  

Une approche thérapeutique novatrice  

L’essai clinique s’intéresse à l’utilisation du dupilumab, un médicament biologique déjà approuvé par Santé Canada et utilisé chez des patients atteints d’asthme sévère. L’objectif : déterminer si ce traitement, administré plus tôt dans l’évolution de la maladie, peut mener à une rémission durable. 

Actuellement, les études démontrent qu’environ 30 % des patients atteints d’asthme sévère atteignent une rémission grâce aux traitements biologiques. Les personnes chercheuses de l’UdeS espèrent faire grimper ce taux à 50 % chez les patients souffrant d’asthme modéré, un résultat qui représenterait une avancée majeure dans le domaine de la santé respiratoire.  

« Plutôt que d’attendre que la maladie se détériore, nous cherchons à intervenir au bon moment, chez les bons patients », résume l’équipe de recherche.  

Une collaboration internationale d’envergure  

L’essai clinique réunira 150 participantes et participants répartis dans trois pays : 50 au Québec, 50 au Royaume-Uni, 50 en Australie.  

À Sherbrooke, les suivis cliniques seront effectués principalement au CIUSSS de l’Estrie — CHUS, sous la direction du professeur-chercheur Simon Couillard, pneumologue et spécialiste reconnu de l’asthme.  

Le projet s’appuie également sur des partenariats stratégiques avec des institutions de renommée mondiale, dont l’Université d’Oxford, ainsi que les entreprises pharmaceutiques Sanofi et Regeneron. Cette collaboration entre milieux universitaire, hospitalier et industriel permet de mutualiser expertises, ressources et infrastructures, tout en respectant les normes éthiques et scientifiques en vigueur.  

Un rayonnement pour la recherche sherbrookoise  

Au-delà de ses retombées cliniques, la subvention de 10 M$ représente un levier important pour la recherche à l’Université de Sherbrooke. Elle contribue à consolider la réputation de la FMSS comme pôle d’innovation médicale et à attirer des talents, tant chez les chercheuses et chercheurs que chez les personnes étudiantes aux cycles supérieurs.  

Pour la communauté universitaire, ce projet illustre concrètement l’impact des travaux menés sur le Campus de la santé : une recherche ancrée dans les besoins réels de la population, mais capable de rayonner à l’échelle internationale.  

Des retombées humaines et sociales  

Si les résultats sont concluants, l’essai pourrait mener à une révision des lignes directrices cliniques pour le traitement de l’asthme modéré. À terme, cela signifie moins de symptômes, moins de complications et une meilleure qualité de vie pour les patients — mais aussi une réduction des coûts pour le système de santé. 

Dans un contexte où les maladies respiratoires demeurent un enjeu majeur de santé publique, l’initiative portée par l’Université de Sherbrooke rappelle l’importance d’investir dans la recherche médicale et dans des approches préventives.  

En misant sur l’innovation, la collaboration internationale et l’expertise locale, Sherbrooke confirme son rôle de chef de file en recherche clinique, au bénéfice direct des patientes et patients d’ici et d’ailleurs.  


Crédit : Mathieu Lanthier UdeS

Frédérique Maysenhoelder
Frederique.Maysenhoelder-Gosselin@USherbrooke.ca   More Posts
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