Par Grégoire Bouley

L’ex-chanteur des Beatles, aujourd’hui âgé de 83 ans, continue de surprendre. Plus de soixante ans après le début de sa carrière, Paul McCartney n’a visiblement pas dit son dernier mot. Les 17 et 18 novembre, il était de retour au Centre Bell, à Montréal, avant de poursuivre sa tournée Got Back du côté de Hamilton le 21 novembre.
Un événement attendu par des générations de fans, conscients que ces passages au Canada pourraient bien être parmi les derniers.
Un retour chargé d’émotion
À Montréal, McCartney a immédiatement plongé la salle dans la nostalgie en ouvrant son spectacle avec plusieurs classiques intemporels des Beatles. Parmi les premiers titres joués, on retrouvait notamment Help, Got to Get You into My Life ou encore Drive My Car, tous interprétés avec l’énergie et la complicité qui caractérisent le musicien depuis des décennies.
Le public québécois a également eu droit à une attention particulière : McCartney a pris la parole en français pour introduire la chanson My Valentine, précisant qu’elle était écrite pour sa femme Nancy. Un geste simple, mais qui a suscité de chaleureux applaudissements dans la salle.
Une occasion en or
À 83 ans, il serait illusoire d’attendre du chanteur la même endurance que par le passé. Au fil de la soirée, quelques signes de fatigue ont transparu : souffle parfois court, voix moins assurée à certains moments. Des détails qui n’ont cependant pas terni l’expérience pour les milliers de spectateurs présents. Pour beaucoup, c’était l’occasion rêvée et peut-être l’ultime occasion de voir Sir Paul sur scène au Canada.
Sa longévité impressionne d’autant plus que peu d’artistes de sa génération continuent d’assurer de telles tournées. Malgré les limites du temps, McCartney demeure animé par une volonté indéniable de rencontrer le public et de partager ses chansons, anciennes comme récentes.
Le passage de McCartney au Québec n’était pas anodin. Il s’agissait de son septième concert dans la province depuis 1964, année où les Beatles avaient joué au Forum, sur la rue Sainte-Catherine. Il aura fallu attendre 2008 pour que l’artiste britannique remette les pieds au Québec pour un spectacle solo, alors donné dans le cadre des festivités du 400e anniversaire de la Ville de Québec. Ce lien historique explique l’enthousiasme des fans, certains suivant McCartney depuis des décennies, d’autres le découvrant grâce à l’héritage intergénérationnel des Beatles. Ce concert montréalais, comme les précédents, a laissé une forte impression sur le public.
Les spectateurs présents ont eu la chance d’entendre le chanteur interpréter au total 36 morceaux. En fin de concert, McCartney est remonté sur scène avec ses musiciens pour un moment hautement symbolique : il a brandi le drapeau du Canada, celui de l’Angleterre, celui du Québec et le drapeau LGBTQ+.
Ce geste inclusif et respectueux, à l’image de McCartney, est venu clôturer une soirée marquante, où la musique, la mémoire et l’émotion se sont entremêlées. Une nouvelle page dans l’histoire déjà longue entre Paul McCartney et le public canadien.
Source : Getty Images
