Par Sarah Gendreau Simoneau

Groupe TVA a annoncé le 12 novembre la suppression de 87 postes, ce qui s’ajoute aux compressions qui frappent l’information régionale, notamment. Il s’agit d’abolition de postes de cameramans, notamment, dans les stations régionales du réseau TVA, 28 en tout, et 59 postes à Montréal.
Des postes de cameramans dans les stations de Trois-Rivières, Sherbrooke. Saguenay et l’Est-du-Québec seraient abolis. Les journalistes auraient été informés qu’ils devront eux-mêmes tourner leurs images.
C’est au retour des Fêtes, le 12 janvier, que la décision sera effective. D’autres postes seront supprimés, notamment des postes d’opérateurs, de techniciens, de maquilleurs et de coiffeurs.
Dans un communiqué, TVA mentionne que ces compressions surviennent alors qu’on enregistre des pertes nettes cumulées de plus de 93 millions de dollars depuis janvier 2022. Depuis 2023, ce sont près de 800 postes du Groupe TVA qui ont été abolis.
La direction de Groupe TVA souligne d’ailleurs que ces décisions « difficiles, mais rendues inévitables » ont dû être prises en raison de l’absence d’actions concrètes des gouvernements ainsi que des pertes nettes cumulées de 17 M$ pour les neuf premiers mois de l’année.
Dur coup pour la profession
La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) pense que la qualité du travail des journalistes en région risque de souffrir de cette décision de devoir tourner leurs propres images en plus de préparer leur reportage. Les stations régionales roulent déjà avec des effectifs réduits depuis plusieurs années. De plus, les journalistes ont aussi de grands territoires à couvrir et doivent faire des choix douloureux quant à leurs sujets de couverture.
Le président de la FPJQ, Éric-Pierre Champagne, mentionne craindre « depuis plusieurs années que des déserts médiatiques voient le jour dans certaines régions », ajoutant que « la montée fulgurante de l’intelligence artificielle générative qui favorise la diffusion de fausses nouvelles » est inquiétante.
En effet, de faux médias voient le jour en utilisant l’intelligence artificielle pour produire du contenu et des nouvelles, bien souvent fausses ou sans sources valables, sans recourir à de vrais journalistes ou en créant de fausses identités de journalistes s’apparentant à des journalistes existants.
Les professions liées à l’information sont mises à mal par ces compressions qui s’ajoutent dans un contexte déjà difficile pour les médias. D’ailleurs, la presse électronique réclame de pouvoir bénéficier des mêmes mesures de soutien accordées à la presse écrite depuis quelques années par les gouvernements fédéral et provincial.
Rappelons que Meta et Google accaparent 80 % des revenus publicitaires numériques au Canada sans produire aucun contenu journalistique. Selon les données récemment publiées par Statistique Canada, les revenus de l’exploitation des journaux canadiens ont connu une baisse de 18 % entre les années 2022 et 2024. Les ventes publicitaires sont sous pression et ont diminué de 26 % pendant cette période.
Le président de la FPJQ mentionne d’ailleurs ne connaître « aucune industrie qui pourrait survivre en se voyant amputée de 80 % de ses revenus par des concurrents étrangers qui sont en situation de monopole ».
Tout ça est très inquiétant pour le journalisme et les médias, pour la vérité, pour les faits, pour comprendre notre monde et pour la montée de la désinformation que le contexte difficile encourage.
Source : Wikimedia

Sarah Gendreau Simoneau
Passionnée par tout ce qui touche les médias, Sarah a effectué deux stages au sein du quotidien La Tribune comme journaliste durant son cursus scolaire, en plus d’y avoir œuvré en tant que pigiste durant plusieurs mois. Auparavant cheffe de pupitre pour la section Sports et bien-être du journal, et maintenant rédactrice en chef, elle est fière de mettre sa touche personnelle dans ce média de qualité de l’Université de Sherbrooke depuis mai 2021.
Elle s’efforce, avec sa curiosité légendaire, de dénicher les meilleurs sujets diversifiés pour vous!
