L’accès à un médecin de famille demeure un défi au Québec  

Par Salma Labiede  

Des milliers de personnes attendent toujours d’avoir accès à un médecin de famille.

Trouver un médecin de famille est devenu un véritable parcours du combattant pour plusieurs personnes au Québec. Malgré les promesses répétées du gouvernement au cours des dernières années, des milliers de personnes attendent toujours d’avoir accès à un suivi médical régulier. Entre les listes d’attente, le manque de personnel et les cliniques débordées, plusieurs patients disent se sentir abandonnés par le système de santé.  

Au Québec, de nombreuses personnes sont inscrites au Guichet d’accès à un médecin de famille (GAMF), parfois depuis plusieurs années. Pendant cette attente, plusieurs doivent se tourner vers les urgences ou les cliniques sans rendez-vous pour des problèmes qui pourraient normalement être suivis par un médecin de famille.  

Pour plusieurs citoyennes et citoyens, cette situation crée beaucoup d’inquiétude. Une résidente de Montréal explique qu’elle cherche un médecin depuis plus de trois ans. « Chaque fois que j’ai un problème de santé, je dois appeler plusieurs cliniques ou attendre pendant des heures à l’urgence. On finit par éviter de consulter parce que c’est trop compliqué », raconte-t-elle.  

Les personnes vivant avec des maladies chroniques sont particulièrement touchées par cette réalité. Sans suivi médical stable, certaines ont de la difficulté à renouveler leurs prescriptions, à obtenir des examens ou à être référées vers des spécialistes. Pour plusieurs experts, le manque d’accès à un médecin de famille peut entraîner des retards dans les diagnostics et aggraver certains problèmes de santé.  

Une pression sans précédent  

Selon plusieurs professionnels du milieu, cette crise s’explique par différents facteurs. Le vieillissement de la population augmente les besoins médicaux, tandis que plusieurs médecins prennent leur retraite. À cela s’ajoutent les conditions de travail difficiles dans le réseau de la santé, qui poussent certaines personnes professionnelles à réduire leur charge de travail ou à quitter le système public.  

Les cliniques sans rendez-vous subissent aussi une forte pression. Dans plusieurs régions, les rendez-vous disponibles disparaissent en quelques minutes dès l’ouverture des plateformes en ligne. Certaines personnes doivent se connecter très tôt le matin dans l’espoir d’obtenir une consultation pour le jour même.  

Cette difficulté d’accès crée également des inégalités. Les personnes âgées, les nouveaux arrivants ou celles qui ont moins de facilité avec les outils numériques peuvent avoir encore plus de difficulté à obtenir des soins. Plusieurs organismes communautaires dénoncent une situation qui laisse des personnes vulnérables sans ressources adéquates.  

De leur côté, les professionnels de la santé affirment être épuisés. Plusieurs médecins disent devoir gérer un trop grand nombre de patients tout en faisant face à une lourde charge administrative. Des infirmiers praticiens et infirmières praticiennes spécialisées ainsi que d’autres professionnels de la santé demandent aussi un rôle plus important afin d’aider à désengorger le système.  

Le gouvernement affirme vouloir améliorer l’accès aux soins en augmentant le nombre de professionnels et en développant de nouvelles solutions, comme les équipes multidisciplinaires. Cependant, plusieurs estiment que les changements tardent à se faire sentir sur le terrain.  

En attendant, de nombreuses personnes continuent de vivre avec l’incertitude de ne pas avoir accès à un suivi médical régulier. Pour plusieurs, avoir un médecin de famille ne représente pas seulement un service pratique, mais un besoin essentiel pour recevoir des soins sécuritaires et être écoutés lorsqu’un problème de santé survient.  


Source : Université de Sherbrooke

Salma Labiede
Journaliste at Journal Le Collectif   More Posts
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