Compte à rebours lancé pour la fonderie Horne ?  

Par Médéric Dens  

La fonderie Horne est un pilier économique pour Rouyn-Noranda, qui ne compte que 44 000 habitants. 

La fonderie ayant le plus fait parler d’elle ces dernières années au Québec, la fonderie Horne, fermera potentiellement ses portes en 2027. La cause ? Un financement à hauteur de 300 millions de dollars qui ne sera plus disponible, faute attribuable à la difficulté rencontrée lors des négociations avec le gouvernement du Québec. L’industrie importante, tant pour la ville de Rouyn-Noranda que pour l’économie québécoise et la main d’œuvre locale, est véritablement en péril.  

Incapable de signer une entente avec le gouvernement de François Legault, la compagnie anglo-suisse, Glencore, a finalement annoncé, le 3 février, mettre à exécution un « plan de démobilisation ». Ce dernier vise à répondre aux différents causés dans les négociations portant sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Ce faisant, les demandes de Glencore ne sont, pour le moment, toujours pas respectées.  

En effet, l’entreprise avait affirmé, à la fin de l’année 2025, vouloir obtenir un délai de 18 mois pour atteindre les cibles de l’autorisation ministérielle en cours. Elle réclamait aussi l’assurance qu’elle n’aura pas à descendre sous le seuil des 15 nanogrammes d’arsenic par mètre cube d’air lors de la durée de l’autorisation suivante, qui se terminera en 2033.  

Pour Glencore, le manque de considération de ces deux demandes par le gouvernement du Québec les pousse à changer de direction. Dans le communiqué officiel publié par la filiale, Marc Bédard, chef des opérations, actifs métallurgiques chez Glencore, a confirmé que « les conditions ne sont pas réunies pour aller de l’avant à l’heure actuelle ». 

L’environnement au cœur des négociations 

La fonderie Horne est certainement connue au Québec pour une raison, soit ses émissions anormales de GES et de matériaux toxiques. Pendant des années, les concentrations d’arsenic autour de la fonderie ont été plus de 30 fois supérieures à la norme provinciale de trois nanogrammes par mètre cube (ng/m³). Le gouvernement du Québec, tenant compte des nombreux rapports sur le taux des cas de cancer et autres maladies, s’est emparé du dossier autour de 2017.  

Le point culminant s’est ensuite produit en 2023, alors la Coalition avenir Québec (CAQ) a resserré la vis à l’entreprise au niveau de sa production carbonique et a annoncé ses exigences en matière environnementales. Parmi celles-ci figurent le resserrement progressif des concentrations d’arsenic pour atteindre 15 ng/m3 en 2027, la création de trois stations de mesure de l’air ambiant et un resserrement au niveau des eaux usées.  

Le jour même de l’annonce de Glencore, le syndicat des Métallos a publié un message sur ses réseaux pour alarmer le gouvernement du Québec sur les conséquences possibles qu’entrainerait la fermeture de l’usine : « c’est 1000 emplois directs et environ 3000 emplois indirects qui seront détruits dans la prochaine année en Abitibi et à Montréal-Est […], ce gouvernement manque de courage politique et ce sont encore une fois les travailleurs/travailleuses qui vont en payer le prix », peut-on lire sur la page Facebook du syndicat.  


Crédit : François Ruph via BANQ numérique

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