Par Natasha Guay Marchand

Le premier ministre du Québec, François Legault, a annoncé sa démission le 14 janvier dernier. Une décision à laquelle il dit avoir longuement réfléchi. Seulement deux membres du cabinet se sont officiellement lancés dans la course à la chefferie, tandis que certains députés rappellent déjà l’importance de rester unis.
Dans un discours rempli d’émotion, François Legault déclare avoir pris cette décision pour le bien du parti et de la population québécoise. Alors qu’il avait initialement annoncé se représenter, des discussions avec sa garde rapprochée, en plus de l’insatisfaction grandissante des Québécoises et Québécois, l’ont poussé vers la sortie.
Quelques éléments nous permettent de retracer le cheminement de cette décision. Le départ de Pierre Fitzgibbon et, plus récemment, celui du ministre de la Santé ont été des coups difficiles à encaisser pour le premier ministre. Dans les derniers mois, la CAQ a connu une baisse drastique dans les intentions de vote.
Selon un sondage Léger, le premier ministre atteignait un creux historique : 61 % du peuple québécois souhaitait son départ. Cette impopularité s’est d’ailleurs reflétée lors des défaites partielles dans les circonscriptions d’Arthabaska et de Terrebonne, remportées par le Parti Québécois (PQ).
Certains ministres se sont rapidement écartés de la course à la chefferie du parti. Geneviève Guilbault a annoncé qu’elle quitterait la vie politique à la fin de son mandat. Le lendemain, Sonia LeBel emboîtait le pas en déclarant qu’elle ne briguerait pas un troisième mandat.
Quant à Simon Jolin-Barrette, malgré plusieurs appuis, il a annoncé sur la plateforme X passer son tour pour des raisons familiales et professionnelles. Il confie que la décision fut difficile, mais qu’il souhaite avant tout concrétiser le projet d’une constitution québécoise.
Une course à deux
Christine Fréchette, ministre de l’Économie, a annoncé sa candidature seulement six jours après le départ du premier ministre. En conférence de presse, elle réitère son attachement envers le troisième lien, projet avec lequel elle compte aller de l’avant. Sa priorité reste la prospérité économique du Québec.
Mme Fréchette, lors d’une rencontre avec le directeur de cabinet Martin Koskinen, avait été informée une semaine avant de la démission de François Legault. Elle disposait ainsi d’une longueur d’avance contrairement au ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, qui a admis avoir été pris de court.
Ce dernier a toutefois devancé l’annonce officielle de sa rivale dans une vidéo publiée le samedi 24 janvier. Pour l’instant, Fréchette maintient son avance, appuyée par 16 députés, dont le ministre de la Langue française, François Roberge. De son côté, Bernard Drainville n’a rallié que huit appuis.
À l’approche des élections de 2026, l’ex-premier ministre tente de resserrer les troupes et reconquérir le cœur de l’électorat face à la montée en popularité du PQ. Les candidats s’annoncent plus jeunes et la CAQ avait besoin d’un vent de fraîcheur. Le nom de la personne successeure de François Legault sera dévoilé le 12 avril. Reste à voir si Bernard Drainville se rendra jusqu’au fil d’arrivée malgré son retard évident dans les appuis.
Source : PICRYL
