Par Frédérique Maysenhoelder

À Sherbrooke, comme partout en province, l’hiver arrive toujours d’un coup. Il s’impose soudainement avec ses journées trop courtes, ses trottoirs glacés et cette impression diffuse que tout devient un peu plus lourd.
Pour les étudiantes et étudiants de l’Université de Sherbrooke, cette saison représente souvent un véritable marathon mental. Le rythme universitaire, déjà exigeant, se heurte alors à une période où l’énergie chute, où la motivation vacille et où l’isolement trouve facilement sa place dans les interstices du quotidien.
Le blues hivernal : quand la lumière disparaît, la motivation aussi
Avec le Québec plongé dans la noirceur dès la fin de l’après-midi, plusieurs étudiantes et étudiants ressentent un brouillard mental persistant. Travail de session, lectures obligatoires, examens de mi-session : tout demande plus d’efforts. Le blues hivernal, lié à la diminution de l’ensoleillement, peut se manifester par une perte d’énergie, des difficultés de concentration et un sentiment de découragement plus marqué qu’à l’habitude.
Pour plusieurs qui vivent leur première session loin de leur famille ou en colocation, la solitude frappe plus fort à cette période.
L’isolement : la réalité silencieuse de nombreux étudiants
L’hiver sherbrookois peut facilement transformer un campus vivant en un lieu où chaque personne se déplace tête baissée. Les étudiants internationaux, déjà confrontés à un choc culturel, vivent parfois leur premier véritable hiver nordique, accentuant la distance avec leurs repères habituels.
Stratégies de survie : comment rester à flot jusqu’au printemps
Heureusement, plusieurs habitudes simples permettent d’adoucir l’expérience hivernale.
- Créer des routines de lumière
S’exposer à la lumière naturelle le plus souvent possible peut réellement améliorer l’humeur. Certaines personnes utilisent des lampes de luminothérapie, particulièrement utiles lors des longues journées d’étude.
- Sortir du mode hibernation
Même lorsque la tentation de rester sous les couvertures est forte, maintenir une activité physique, qu’elle soit douce ou plus intense, aide grandement à combattre le blues. Le Centre sportif Yvon-Lamarche, les classes de groupe, ou même une petite promenade autour du campus deviennent des bulles d’air indispensables.
- Briser l’isolement une petite action à la fois
Étudier à la bibliothèque, prendre un café entre amis, participer à une activité facultaire ou à un club étudiant : autant de façons de s’entourer. Les conversations spontanées, même brèves, peuvent faire une grande différence dans une semaine grise.
- Se permettre de ralentir
L’hiver demande plus d’énergie. S’accorder du repos, revoir ses priorités et éviter de culpabiliser lorsqu’on manque de motivation sont des gestes essentiels pour préserver sa santé mentale.
Un rappel : personne ne traverse l’hiver seul
Les services de soutien psychologique de l’UdeS, les pairs aidants et plusieurs associations facultaires offrent des ressources pour accompagner la communauté étudiante. Demander de l’aide n’est jamais un signe de faiblesse.
À Sherbrooke, l’hiver est long. Mais il peut aussi devenir une période où la solidarité étudiante prend tout son sens. En reconnaissant collectivement la difficulté de cette saison, en normalisant le blues hivernal et en multipliant les gestes d’entraide, la communauté universitaire s’offre la possibilité de traverser ces mois glacés sans s’éteindre.
Crédit : Michel Caron
