Les conséquences dévastatrices de l’ouragan Melissa 

Par Grégoire Bouley  

Les habitants cherchent de quoi se nourrir dans les rues après le passage de l’ouragan Melissa à Sainte-Élisabeth en Jamaïque.

Le 28 octobre dernier, l’ouragan Melissa, l’un des plus puissants jamais enregistrés dans l’Atlantique, s’est déchaîné sur les Caraïbes, provoquant des dévastations sans précédent. Classé en catégorie 5 sur l’échelle de Saffir-Simpson, le niveau le plus élevé, il s’agit du cyclone le plus violent à avoir touché la région depuis près de 90 ans. 

Melissa a frappé de plein fouet la Jamaïque, avant de se diriger vers Cuba et Haïti. Les vents, atteignant parfois plus de 280 km/h, ont notamment arraché des toitures, des pylônes électriques et des infrastructures portuaires. En Jamaïque, les autorités avaient déclaré l’état d’urgence la veille, craignant des dévastations similaires à celles de l’ouragan Gilbert en 1988. Malgré les précautions prises, le pays a subi des pertes considérables en vies humaines et en biens matériels. 

Le premier ministre jamaïcain, Andrew Holness, a confirmé sur les réseaux sociaux la mort de 28 personnes dans son pays. « Restez forts. Nous reconstruirons, nous nous relèverons », a-t-il écrit sur X. Des milliers de familles ont été déplacées, notamment dans les régions côtières de Portland et Saint Mary, où les inondations ont submergé plusieurs villages. 

Haïti lourdement frappée 

En Haïti, qui souffre déjà de l’instabilité politique, des pluies diluviennes ont entraîné des glissements de terrain et des inondations. Plusieurs quartiers de Port-au-Prince ont été submergés, compliquant l’accès des secours. Selon les premières estimations, Melissa a fait près de 60 morts à travers les Caraïbes, dont une vingtaine en Haïti et une dizaine à Cuba. 

Le pays a également subi des coupures d’électricité et la destruction de routes et de ponts. De nombreuses ONG présentes sur place parlent d’une situation « catastrophique » et une population « au bord de l’épuisement ». Les hôpitaux, débordés, peinent à accueillir les blessés. 

Une urgence humanitaire régionale 

Face à l’ampleur du désastre, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé à une mobilisation internationale immédiate. Il a insisté sur « l’importance de l’aide et de la solidarité mondiale pour faire face aux pertes et aux dommages causés par l’ouragan ». Des convois humanitaires sont actuellement en route, mais les difficultés logistiques (routes bloquées, ports endommagés, communications interrompues) ralentissent les opérations. 

Les États-Unis, le Canada et plusieurs pays européens ont déjà promis une aide financière et matérielle. La Communauté caribéenne (CARICOM) a quant à elle convoqué une réunion d’urgence afin de coordonner les efforts de reconstruction et d’assistance. 

Un rappel des effets du changement climatique 

Selon les spécialistes, Melissa est un exemple alarmant de l’accroissement de la puissance des ouragans causé par les changements climatiques. Selon le météorologue Kerry Emanuel, « l’eau tue beaucoup plus de personnes que le vent ». Plus tôt dans l’année, en août, l’ouragan Erin, également de catégorie 5, avait déjà causé d’importantes inondations dans les Caraïbes. 


Source : Getty Images

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