Sam. Mai 14th, 2022

Par Josiane Demers 

Quelques jours avant le temps des Fêtes, le Québec entier a dû, une fois de plus, faire le deuil des grandes festivités traditionnelles. Alors que depuis cet été, l’espoir d’un retour « à la normale » avait fait son chemin dans nos esprits, un dur choc a frappé la population étudiante qui a appris qu’elle devrait commencer la session d’hiver en ligne. C’est pour tenter de remettre un sourire sur les lèvres des personnes étudiantes que Le Collectif a tenu à s’entretenir avec Gurdeep Pandher lors de son passage à Sherbrooke. Cet homme propage joie et positivisme à grands coups de vidéos de danse viraux.  

Originaire du Pendjab, cet État de l’Inde regroupant une majorité de la population sikhe du pays, celui qui est aussi professeur a commencé à pratiquer la Banghra dès l’enfance. Il s’agit d’une danse traditionnelle créée par les fermiers de la région pour alimenter de joie leurs longues journées de dur labeur. En 2006, monsieur Pandher a immigré au Canada, et après avoir habité quelques endroits, il a finalement élu domicile au Yukon, endroit qu’il affectionne particulièrement. Depuis 2016, il diffuse des vidéos où il inscrit des messages d’espoir et de joie tout en dansant. Plusieurs ont accumulé des milliers de vues, mais depuis le début de la pandémie, ce ne sont pas moins de trois ou quatre publications par mois qui deviennent virales. 

Offrir du bonheur 

Quel objectif le danseur vise-t-il en produisant ces capsules? « C’est très simple, je veux semer de la joie, de l’espoir et du positivisme. J’ai remarqué que beaucoup de choses négatives se sont passées au pays et depuis la pandémie, l’anxiété a gagné beaucoup de personnes. À travers la force de la danse, j’essaie de leur ramener le sourire », explique-t-il.  

Il souligne, avec justesse, qu’après deux ans de pandémie, il est maintenant presque impossible d’être spontané. Il faut tout prévoir à cause des mesures sanitaires. Il faut constamment se poser des questions. L’improvisation et les coups de tête n’existent pratiquement plus.  

Cela crée de la détresse psychologique et du stress parce que nous ne sommes pas habitués à vivre comme ça. En dansant, je veux rappeler aux gens que malgré cette situation, on peut encore trouver des façons d’être joyeux et de s’amuser. Chacun peut trouver l’activité qui lui apporte du bonheur, que ce soit la danse, la course, la cuisine ou même le tricot.
— Gurdeep Pandher  

Composer avec la popularité 

Gurdeep semble avoir trouvé la formule pour rester pertinent sur le web. Rappelons que ça fait quand même presque six ans qu’il multiplie les succès viraux. Il est donc maintenant habitué de se faire reconnaître dans la rue, mais ça n’a pas toujours été le cas. « Au début, tout ça, c’était vraiment nouveau pour moi. J’avais plein de notifications sur mes médias sociaux et je recevais des demandes d’entrevues dans les médias. C’était un peu intense et étourdissant », mentionne-t-il.  

Cependant, le danseur s’est habitué à sa popularité. Il adore interagir avec son public. « C’est très positif! Les gens me posent des questions, me saluent ou me demandent de prendre un selfie. Je me suis rendu compte que c’est leur manière de me témoigner leur appréciation et leur amour », souligne Gurdeep.  

Bâtir des ponts  

Au-delà du désir d’encourager la pensée positive, cette sensation du web souhaite créer des liens entre les différentes communautés culturelles, ethniques et religieuses. Étant sikh et arborant un turban, il a vécu son lot de discrimination. Il souhaite donc éduquer et éveiller les consciences d’une manière sincère, authentique et bienveillante. Selon ses observations, les choses évoluent. « Il y a environ 10 ou 15 ans, je me sentais beaucoup plus jugé à cause de mon turban. La plupart des gens ne savaient même pas ce qu’était la confession sikhe, mais avaient des opinions », explique-t-il.  

C’est pour ça que je suis passionné par ce que je fais. Je pense qu’à travers mes publications sur les réseaux sociaux, je peux aussi informer la population. Je crois sincèrement que beaucoup de préjugés émanent d’une certaine peur et cette peur s’explique souvent par un manque d’information et d’éducation.
– Gurdeep Pandher 

Il poursuit dans la même veine en soutenant que « lorsqu’on se familiarise avec quelque chose, on l’apprivoise. Ensuite, on se rend compte que nous sommes tous des êtres humains ayant vécu des expériences universelles. Tout le monde, peu importe son origine où sa foi a des inquiétudes, des joies, des peines, des succès et des échecs. En éliminant certaines barrières à travers l’éducation, ça rapproche les gens et leur permet de mieux se comprendre ».  

C’est pour cela qu’il adore aller dans des petits villages et des endroits plus éloignés, comme certaines communautés autochtones. Il veut apprendre à connaître intrinsèquement les gens pour les comprendre et bâtir des ponts.  

La suite 

Celui qui était professeur au Yukon avant de se consacrer à temps plein à ce mouvement affiche un horaire très chargé. En plus de faire ses vidéos de danse, il se promène dans les écoles pour propager son message de positivisme. Il donne parfois des cours de danse Banghra en ligne aux élèves. Il fait également des conférences. Il a notamment été invité à parler à l’Université de Calgary le mois prochain. Il souhaiterait parfois qu’il y ait plus de 24 heures dans une journée! 

« Dans les prochains mois, je vais continuer de produire mes vidéos de danse. J’aimerais aussi traverser le pays, de Terre-Neuve à la Colombie-Britannique, pour amener de la joie et de l’espoir un peu partout. Je veux aussi continuer de souligner l’importance d’apprendre à connaître les gens qui ne te ressemblent pas, en faisant des allocutions un peu partout », conclut-il.  

Pour en savoir plus sur Gurdeep Pandher, visitez ses réseaux sociaux ainsi que son site Web.


 Crédit image @ Josiane Demers

Josiane Demers
Rédactrice en chef pour le Journal Le Collectif

Étudiante à l’école de politique appliquée avec un cheminement en relations internationales à l’Université de Sherbrooke, Josiane Demers a également suivi des cours en communication. Impliquée au journal Le Collectif depuis le début de son parcours académique, elle est passée de collaboratrice à cheffe de pupitre de la section Sports et bien-être, pour ensuite devenir rédactrice en chef du périodique.
Passionnée de culture, de sports et d’actualité internationale, elle a plus d’une corde à son arc.

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