Ven. Fév 23rd, 2024

Par Yedidya Ebosiri  

Cyberharcèlement, intimidation, menaces: un déferlement de haine assaille la classe politique à l’aube des campagnes électorales. Devant les hostilités, les cibles refusent de tendre l’autre joue. L’atmosphère se fait lourde, plus d’une plainte est déposée. Quoiqu’il en soit, les personnes candidates aux élections provinciales s’arment de courage et parfois même… de gilets pare-balles.  

C’est ce que confie le péquiste Paul Saint-Pierre Plamondon en mêlée de presse. Autrefois peu répandu, le port de la veste pare-balle fait désormais partie des multiples mesures pour assurer la sécurité des chefs de parti. Dans un climat politique remarquablement tendu, les personnes candidates sont escortées par des officiers de sécurités ; le corps policier patrouille dans les alentours au moindre rassemblement politique.  

Course à obstacles  

Force est de constater que la course au pouvoir actuelle est parsemée d’obstacles dangereux : à huit mois de grossesse, la députée sortante et candidate libérale de Saint-Laurent Marwah Rizqy craint pour sa vie après avoir été menacée de mort à plusieurs reprises. Dans son cri de détresse, elle raconte avoir songé à un retrait de la scène politique. De son côté, un candidat caquiste de la circonscription de Chauveau signale aux autorités la publication d’un message alarmant où on y voit sa pancarte électorale tâchée de sang.  

Dans l’arrondissement Lachine à Montréal, le bureau du député sortant de Marquette Enrico Ciccone fait l’objet d’un cambriolage tandis que des bénévoles sont les victimes d’une agression à l’arme blanche lors de l’installation d’affiches électorales. Pourtant reconnue comme une infraction au Code criminel, le vandalisme desdites affiches s’avère monnaie courante aux quatre coins de la province.  

Sur les réseaux sociaux, c’est le chaos : les comptes anonymes qui dissimulent les intimidateurs prolifèrent. Tantôt physique, tantôt verbale, la violence envers les candidats à l’élection a plusieurs visages.   

Dompter la vague  

Malgré la rivalité attendue entre les personnes candidates à l’aube des élections, ces dernières expriment leur soutien mutuel durant cette période : « N’importe quelle façon dont on peut s’unir, en tant que politiciens, pour garantir une démocratie paisible, au [Parti québécois], on va le faire », exprime Paul Saint-Pierre Plamondon lors d’une entrevue avec Radio-Canada. Dans le même ordre d’idée, François Legault exhorte la Sûreté du Québec à appuyer les politiciens qui ne sentent pas à l’abri du danger. Marwah Rizqy tient un discours similaire lorsqu’elle dénonce le manque de protection des élus auprès de l’Assemblée nationale.  

Cette dernière suppose que la vague d’intimidation est notamment engendrée par la montée des troubles de santé mentale, mais aussi par les « fâchés des mesures sanitaires ». La pandémie laisse derrière elle bien des ravages et l’exacerbation des tensions sociales en fait partie. Le sociologue Martin Geoffroy rappelle que cela ne date pas d’hier : « On la sent depuis dix ans, cette montée-là », explique-t-il à l’émission Tout un matin. Plus tôt dans la semaine, le chef du Parti conservateur du Québec Éric Duhaime lance un appel au calme, et ce, dans l’espoir d’une démocratie plus paisible.  


Crédit image @François Gervais

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