Mar. Mai 14th, 2024

Par Simon Lapierre 

Dans un monde de plus en plus connecté par la technologie, les cultures se mêlent, influençant ainsi, de manière effrénée, leur vecteur principal : la langue. Le Québec ne fait pas exception à la règle. Heureusement, Usito, un dictionnaire conçu par des linguistes et lexicographes de l’Université de Sherbrooke, s’évertue à répertorier les nouveaux mots qui intègrent notre vocabulaire et qui traduisent cette nouvelle réalité. 

Un bref historique 

C’est en 1996 que s’amorce le projet Franqus (français québécois et usage standard) ayant pour but de créer un dictionnaire de la langue française, mais qui serait fidèle à la réalité et à l’usage qu’en font les Québécois. Pour ce faire, les chercheurs ont mis sur pied la Banque de données textuelle de Sherbrooke (BDTS), qui compile plus de 15 000 textes d’auteurs québécois, totalisant plus de 50 millions de mots-formes. 

Ce fonds documentaire a servi de base pour décrire le français usuel au Québec. Les travaux de rédaction du dictionnaire ont débuté en 2004, s’étendant sur cinq ans avec la collaboration de nombreux chercheurs et terminologues, aboutissant à la mise en ligne du dictionnaire après une intense phase de révision et d’harmonisation achevée en 2011. Commercialisé en 2012 sous le nom d’Usito, le dictionnaire est maintenant accessible à tous, et ce, gratuitement sur internet.  

La place d’Usito 

Bien entendu, l’importance d’Usito va au-delà de la simple consultation de mots telle qu’on le ferait dans un dictionnaire normal. Il joue un rôle crucial dans la préservation de la particularité du français québécois tout en mettant en lumière la compréhension de nuances linguistiques souvent ignorées par d’autres dictionnaires. Par exemple, des termes comme « magasiner » (faire du shopping) ou « dépanneur » (petite épicerie) sont couramment utilisés au Québec et sont dûment répertoriés et expliqués dans Usito.  

Cette année, ce sont plus de 400 nouveaux mots qui ont fait leur apparition dans le dictionnaire. Parmi ceux-ci, on y retrouve des néologismes qui sont utilisés pour représenter une nouvelle réalité (écoblanchiment ; rénoviction), des expressions servant à remplacer des anglicismes (visionnage boulimique), ainsi que des emprunts à différentes langues que nous avons adoptés à la réalité du français québécois (poké ; kimchi).  

Il est indéniable que l’approche moderne et inclusive dont fait preuve Usito en fera un outil indispensable pour traverser les méandres de l’évolution de notre langue au cours des prochaines décennies.  


Source: Université de Sherbrooke

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