Mar. Avr 23rd, 2024

Par Anna Burnotte

En vue de la journée internationale des droits des femmes qui aura lieu le 8 mars, une motion a été déposée à l’Assemblée nationale par QS, appuyée par le PQ et le PLQ. Cette motion, qui proposait que l’Assemblée nationale encourage une analyse différenciée selon les sexes (ADS) dans une perspective intersectionnelle, a été refusée par la CAQ. Que proposait donc l’opposition ?

Qu’est-ce que l’intersectionnalité

L’intersectionnalité est un concept présenté pour la première fois en 1989 par la professeure et juriste afro-américaine Kimberlé W. Crenshaw. C’est dans un article portant sur les discriminations subies par les femmes noires et en situation précaire qu’elle définit l’intersectionnalité. Ce concept est utilisé pour nommer l’entrecroisement des discriminations vécues par une personne et englobe « toutes les formes de discrimination dans la société, comme l’âge, la condition socioéconomique, l’origine ethnique, la présence d’un handicap, l’orientation sexuelle », comme le mentionne la députée Ruba Ghazal.

La pertinence d’un féminisme intersectionnel repose dans la volonté de n’ignorer aucune femme. Chaque femme expérimente différents enjeux et défis reliés aux particularités des caractéristiques qui forment son identité. Il est donc erroné de prétendre que les femmes entrent toutes dans le même moule, d’où la nécessité d’un féminisme inclusif qui prend en compte l’unicité inhérente de chacune des femmes, toutes concernées par la lutte pour l’égalité des genres.

La position de la CAQ

Le cabinet de la ministre de la Condition féminine, Martine Biron, justifie le refus de la motion en déclarant que la vision intersectionnelle n’était pas leur vision du féminisme. Est-ce là un refus de la ministre de reconnaître toute la diversité des femmes ? Les voit-elle comme une masse homogène ? Il n’existe pas qu’une seule catégorie de femmes, d’où l’intérêt d’un féminisme qui pourrait les représenter dans toutes leurs diversités.

La CAQ ne se positionne pas pour le féminisme intersectionnel, pourtant l’intersectionnalité est mentionnée dans la Stratégie gouvernementale pour l’égalité entre les femmes et les hommes 2022-2027. On y lit qu’un projet pilote cherche à « tester une approche renforcée et actualisée de l’ADS », c’est-à-dire une ADS dans une perspective intersectionnelle, nommée ADS+, dans le but d’élaborer un document de référence sur l’approche intersectionnelle.  

Souligner la journée internationale des droits des femmes

La société a un besoin urgent d’actions et de prises de position adéquates du gouvernement pour parvenir à l’équité pour laquelle militent les féministes. En attendant, le 8 mars arrive à grands pas. Les citoyens et citoyennes pourront revendiquer encore leurs valeurs et la nécessité que des changements et des prises de conscience soient faits, en continuant de nommer et de lutter contre les inégalités entre les genres. Le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, est une occasion de continuer à s’instruire sur la lutte féministe et à réfléchir sur les actions qui sont posées tous les jours. Ce ne sont que quelques manières de se diriger vers un monde plus égalitaire.


Crédit image @Pexels

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