Sam. Juin 15th, 2024

Par Lé Bonneau

Un partenariat entre l’Université de Sherbrooke (UdeS) et la pétrolière multinationale TotalEnergies a été vivement critiqué par la communauté étudiante cet été. Sur leurs réseaux sociaux, la Coalition étudiante pour un virage environnemental et social (CEVES), puis la Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke (FEUS) ont dénoncé le partenariat de 2,1 millions de dollars entre la multinationale et l’équipe de recherche OLAF.

Sur le site web de l’UdeS, on peut lire que l’objectif de la recherche en question est de déterminer l’impact de la neige sur la production d’énergie solaire et de maximiser la production d’énergie photovoltaïque en territoires enneigés. À terme, le projet souhaite donc améliorer l’offre d’énergies renouvelables et en diminuer les coûts. Plusieurs acteurs subventionnent ce projet. Parmi ceux-ci, on retrouve le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada et TotalEnergies.

L’écoblanchiment: cible de la FEUS et de la CEVES

Ce n’est pas l’optimisation de la production d’énergie solaire en contexte hivernal qui a été dénoncée par ces regroupements et plusieurs personnes étudiantes cet été. Il s’agit bel et bien de la participation de l’entreprise TotalEnergies dans le projet. En effet, nous pouvons lire sur le compte Instagram de la CEVES que, pour la coalition, « ce genre de partenariat s’inscrit dans une stratégie markéting afin de gagner une couche de respectabilité dans le domaine environnemental et d’ainsi perpétuer le reste de ses activités climaticides ».

Ce partenariat avec l’Université fait mieux paraître la pétrolière TotalEnergies en matière de développement durable. Certaines personnes pourraient ainsi la voir plus verte qu’elle ne l’est réellement. Le dossier climatique de TotalEnergies n’est cependant pas reluisant : celle-ci fait partie des 20 entreprises émettant le tiers des émissions de gaz à effets de serre dans le monde.

Jacob Fontaine, coordinateur aux affaires externes de la FEUS, croit que l’UdeS légitimise l’écoblanchiment en travaillant de pair avec cette entreprise, puisque ce projet de recherche embellit l’image de TotalEnergies en matière d’énergies renouvelables en plus de leur octroyer un avantage compétitif lié aux retombées du projet.

La réponse de l’Université

La FEUS s’est entretenue avec la direction de l’Université au sujet de ce partenariat, notamment avec le vice-recteur à la valorisation et aux partenariats. Cela a permis d’éclaircir la vision de l’université. Jacob Fontaine rapporte que l’Université considère qu’aucun autre acteur ne pouvait investir autant dans le projet OLAF. Cette position est d’ailleurs partagée par certaines personnes étudiantes.

Malgré tout, la FEUS aimerait que la communauté étudiante soit impliquée dans la prise de décision par rapport aux partenariats entre l’Université et des acteurs privés. Cela résonne avec la demande de la CEVES, qui souhaite que les critères de sélection des partenariats soient en cohérence avec la stratégie environnementale de l’Université. Rappelons que l’Université de Sherbrooke est un leader en matière de développement durable. L’UdeS a obtenu en 2023 la première place mondiale parmi les établissements d’enseignement supérieur en matière de développement durable au classement international STARS.


Source: CANVAS

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