Mer. Fév 28th, 2024

Par Karlen Monny 

Abrité de nombreux conflits qui perdurent, le Congo a vu se faire élire pour un second mandat le 31 décembre dernier Félix Antoine Tshisekedi. Cette victoire écrasante a cependant suscité des doutes, entraînant une contestation de la part de ses opposants.   

Félix Tshisekedi, une figure de dirigeant?   

Élu une première fois en décembre 2018 après deux ans de report, Félix Tshisekedi est réélu président de la République démocratique du Congo. Sous la bannière de son parti politique, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Tshisekedi obtient 73,34 % des voix, devançant de loin ses principaux opposants, Moise Katumbi et Martin Fayulu, récoltant respectivement 18,08 % et 5,33 % des voix. Basant sa campagne sur des thématiques économiques et sociales, le président a su charmer son peuple une première fois en mettant en place une disposition constitutionnelle existant depuis 2006. Selon la BBC, Tshisekedi est le premier président à la mettre en œuvre, permettant à 7 millions d’enfants d’accéder aux bancs de l’école.   

Malgré l’entrée en vigueur de la scolarité gratuite au primaire, son gouvernement a été victime de nombreux scandales tels que la corruption, apportant un climat de doute et de questionnement quant aux résultats des élections.  

Une réélection corrompue?  

Ce sont 40 millions d’habitants sur 100 millions qui ont été appelés à voter en décembre dernier. Cependant, l’accès au bureau de vote n’est pas égal partout au Congo. Selon La Presse, la campagne électorale a été touchée par le conflit dans l’est du Congo, conflit que le président avait comme mission de résoudre durant son premier mandat. Ce conflit s’accentue depuis deux ans à la suite de la résurgence de la rébellion du M23, empêchant ainsi les habitants d’aller voter. Selon Le Monde, le non-succès de la reconquête de l’est a obligé le président à utiliser une rhétorique nationaliste, sans hésiter à accuser certains de ses opposants de ne pas être « complètement congolais ».   

Selon La Presse, neuf candidats de l’opposition ont déclaré « rejeter catégoriquement ce simulacre d’élections » et « demander à notre peuple dès la proclamation de la fraude électorale de protester massivement dans la rue », portant à croire qu’un nombre abondant de personnes conteste le résultat des élections. Mais dans un pays où beaucoup pointent du doigt la corruption, un porte-parole du département d’État « appelle les autorités compétentes à veiller à ce que toute plainte soit traitée de manière équitable et transparente ».    

L’idée d’élections potentiellement corrompues pourrait engendrer des tensions postélectorales divisant le pays plus qu’il ne l’est déjà. Le président Félix Tshisekedi a alors non seulement pour mission de défendre et surtout appliquer les promesses faites lors du premier mandat; lutter contre l’insécurité dans l’est du pays et réduire le taux de chômage, mais aussi défendre sa campagne contre les accusations de corruption afin d’éviter tout débordement et révolte de la part de son peuple. Le président réussira-t-il à sortir son pays de cette crise?   


Source: Wikimedia Commons

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