Mar. Juil 23rd, 2024

Par Gabrielle Goyet 

Le 12 octobre dernier s’est tenu le lancement officiel de la 5e édition de la revue scientifique le Climatoscope. Plusieurs chercheurs et chercheuses ont eu l’occasion d’y présenter leur recherche en occupant le plancher du Boquébière de Sherbrooke le temps d’une soirée. Axée sur la thématique de l’adaptation climatique, la dernière édition s’est avérée plus pertinente que jamais. Le public était présent, et même la députée sherbrookoise Élisabeth Brière était au rendez-vous. 

Le Climatoscope est une revue ayant pour mission de faire connaitre la question des changements climatiques de façon accessible. Par son approche interdisciplinaire, la revue regroupe en son sein des érudits de tous les milieux. Politologues, ingénieurs, biologistes, psychologues ne sont que quelques-uns des experts mobilisés. Le projet a initialement été mis sur pied par une équipe professorale de l’Université de Sherbrooke, mais regroupe désormais des académiques aux quatre coins du monde. Alors que la recherche scientifique se fait principalement en anglais, le Climatoscope a réussi à s’imposer comme l’alternative francophone sur le sujet.  

À titre de revue de vulgarisation scientifique, le lectorat visé n’est pas forcément expert en changements climatiques. Bien qu’il s’agisse d’une compilation de textes révisés par les pairs, l’objectif premier est avant tout la diffusion de connaissances scientifiques. Le but ultime est donc de sensibiliser le public aux problèmes, défis et solutions liés à la cause climatique. Ainsi, les textes sont structurés de façon que les personnes ne possédant pas forcément de bases dans le domaine puissent tout de même comprendre le contenu abordé. 

Une 5e édition diversifiée 

Financée en grande partie par le gouvernement du Québec, la cinquième édition du Climatoscope s’est intéressée particulièrement au sujet de l’adaptation aux changements climatiques. Lors de l’appel à contribution, plus d’une centaine de soumissions ont été acheminées au comité scientifique de la revue. Ledit comité, composé de six chercheurs issus de divers domaines, a retenu une trentaine de textes. Neuf des articles scientifiques ont traité explicitement de l’adaptation aux changements climatiques, et ce sous une panoplie d’angles.  

Deux ministères ont été impliqués dans le financement de l’édition, soit le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, ainsi que le ministère des Relations internationales et de la Francophonie. D’autres partenaires ont également contribué au projet, comme le Centre universitaire de formation en environnement (CUFE), le Groupe d’études et de recherche sur l’international et le Québec (GÉRIQ), ainsi que le Pôle intégré de recherche en environnement, santé et société (PIRESS). 

Les origines des contributeurs étaient aussi diversifiées, comptant des auteurs issus de plusieurs institutions académiques, dont l’Université de Sherbrooke, l’Université Laval, l’Université de Fribourg, l’Université de Bordeaux, l’Université autonome de Barcelone et plus encore. De surcroit, bien que tous les textes aient été rendus disponibles en français, une traduction anglophone a également été mise sur pied pour la première fois depuis la création du Climatoscope en 2018. 

Un lancement dynamique 

Pour mettre de l’avant la plus récente édition du Climatoscope, une soirée de lancement officielle a été organisée. Ce fut l’occasion parfaite pour la société civile d’échanger avec les auteurs de ces articles scientifiques. Sous une formule « micro-colloque », trois contributeurs du dernier numéro ont pu prendre la parole devant le public pour expliquer leur recherche et leurs découvertes.  

Jérémy Fraysse, Doctorant à l’Université de Sherbrooke, a ouvert le bal présentant l’article « Biodiversité urbaine : portraits de Montréal, Bordeaux et Barcelone », duquel il est co-auteur. Durant sa présentation, il a pu s’exprimer sur l’importance des villes dans les études de biodiversité. Il a notamment fait un plaidoyer sur l’importance de l’amélioration des connaissances dans le domaine, les villes étant d’importants réservoirs de biodiversité.  

La professeure Isabelle Lessard de l’Université du Québec à Chicoutimi a par la suite fait un sommaire de son article « Et si on cultivait notre (auto-)empathie pour nous adapter? », qui mettait l’emphase sur l’aspect communicationnel et émotionnel de la crise climatique. Elle a démontré l’importance de parler de l’enjeu sous l’angle des besoins, l’environnement sécuritaire étant un besoin fondamental chez l’humain. 

Claire Depardieu, professionnelle de recherche à l’Université Laval, a clos le bal en abordant son article « Les savoirs endogènes et locaux au service de l’adaptation aux changements climatiques ». Dans une vaste recherche, elle a pu soulever la primordialité d’inclure les connaissances locales et traditionnelles dans la gestion de la crise climatique, notamment en dialoguant avec les peuples autochtones. S’en est suivi une période de questions de la foule, ou les gens ont pu discuter plus ouvertement et naturellement avec les chercheurs présents. 

Plus qu’une revue 

Mais le Climatoscope, c’est plus qu’un recueil de textes scientifiques. C’est aussi une organisation qui met en œuvre des projets et événements. Notamment, les « bars de sciences » sont des rendez-vous atypiques pour discuter de science. Ils permettent d’aborder une variété d’enjeux sous un angle scientifique dans un cadre plus décontracté, ou les périodes de questions/réponses sont plus conviviales. Le Climatoscope tient depuis sa création ce type d’activité, qu’il a maintenu en version virtuelle durant la pandémie. 

L’organisation tient également des « dialogues pour le climat », soit des rencontres intersectorielles et multidisciplinaires incluant des regroupements issus de la société civile québécoise. Il s’agit de moments clés pour s’assurer d’un dialogue efficace entre la communauté scientifique et la population générale quant aux changements climatiques. 

Parallèlement, le projet de « climactualité » est un moyen d’offrir au lectorat une actualité sur les avancées scientifiques dans le domaine des changements climatiques. Cette revue de presse permet de maintenir le lectorat informé entre les éditions annuelles du Climatoscope, tout en favorisant le rayonnement scientifique et l’implication de jeunes chercheurs. En effet, l’organisation offre à plusieurs « jeunes pousses » de contribuer au projet en publiant des articles revus par les pairs, qui visent à la synthétisation et la vulgarisation d’articles scientifiques. 


Crédits: Samuel Enright

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Gabrielle est une étudiante à la maitrise en études politiques appliquées, cheminement recherche avec rédaction. Outre pour le côté académique, elle affectionne l’écriture pour l’aspect émancipateur de la chose.

Pour elle, c’est à la fois un défi et un divertissement d’être informée de tout ce qui se passe sur le campus. Autrefois Vice-Présidente aux affaires internes à la Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke (FEUS), elle n’en est pas à sa première fois lorsqu’on parle de couvrir les événements des divers campus de l’UdeS. Si elle adore échanger dans les 5 à 8, elle prend également un grand plaisir à fréquenter les activités culturelles et politiques de notre université. Étant très extravertie, c’est avec joie que Gabrielle se renseigne sur les projets étudiants développés au sein de sa communauté.