Mer. Fév 28th, 2024

Par Victor Dionne 

Le 3 octobre approche. Bientôt, la population sherbrookoise devra se rendre aux urnes pour y faire un choix. La circonscription de Sherbrooke, tant convoitée, est l’une des plus suivies actuellement au Québec. La lutte est serrée, et chaque vote compte. Les personnes candidates se doivent d’agir en considérant les désirs des citoyens et citoyennes.  

À chaque évènement électoral, la Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke (FEUS) et le Regroupement étudiant de maîtrise, diplôme et doctorat de l’Université de Sherbrooke (REMDUS) organisent un débat axé sur les enjeux touchant la communauté étudiante de l’UdeS. Pour ce faire, Caroline St-Hilaire, Christine Labrie, François Vaes, Yves Bérubé-Lauzière et Zoée St-Amand étaient invités à échanger le 19 septembre au Théâtre Granada. Les personnes candidates avaient ainsi la chance de communiquer leurs idées à une importante proportion de l’électorat de la plus grande ville de l’Estrie. Marie-Hélène Ste-Croix, directrice des communications, des ventes et du marketing de la radio CFAK, a animé l’évènement.  

Le débat était divisé en trois thèmes : quatre questions portaient sur les affaires institutionnelles, trois concernaient l’environnement et quatre autres touchaient la condition étudiante. Les candidats et candidates avaient deux minutes pour répondre à chacune des questions et devaient débattre pendant cinq minutes à la fin d’une thématique. Par moment, la foule pouvait sentir la tension monter sur scène. 

Les affaires institutionnelles 

« On rame dans la même direction », a déclaré Christine Labrie, députée sortante et candidate pour Québec solidaire (QS), lors du débat abordant les affaires institutionnelles. Elle faisait référence aux prises de paroles précédentes, où les personnes candidates devaient répondre à deux questions touchant les violences à caractère sexuel. Elles ont souligné du même coup l’initiative transpartisane qu’est le rapport Rebâtir la confiance, déposé en 2020 par le Comité d’experts sur l’accompagnement des victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale. François Vaes, candidat du Parti libéral (PLQ), a été le premier à s’engager à respecter les 190 recommandations du rapport. Cette promesse semblait faire consensus auprès de tous les représentants et représentantes des partis.  

Toutefois, la question portant sur le racisme systémique a amené les personnes candidates à tenir des discours plus tranchants. Yves Bérubé-Lauzière, du Parti québécois (PQ), s’interrogeait sur le concept : « il faut mieux comprendre et définir le racisme systémique. » Mme Labrie a répondu en proposant un comité transpartisan qui pourrait aider à le définir. La candidate de la Coalition avenir Québec (CAQ), Caroline St-Hilaire, demandait que l’on se penche sur les « racines » du problème. M. Vaes a immédiatement répliqué en se référant aux commentaires du chef de la CAQ François Legault, qui avait déclaré plus tôt dans la campagne que « le problème qui est arrivé avec Mme Joyce à l’hôpital de Joliette est maintenant réglé ».  

Même chose du côté de la réforme du mode de scrutin où les opinions étaient partagées. « La CAQ a renié son engagement à cet égard », mentionnait le candidat du PQ. Mme St-Hilaire a soutenu que son parti « mise sur les enjeux prioritaires » et « que personne de Sherbrooke n’a soulevé l’enjeu ». Zoée St-Amand, candidate du Parti conservateur (PCQ), disait le contraire : « j’ai entendu des insatisfactions lors du porte-à-porte. » 

L’environnement 

Trois questions étaient au menu pour la thématique environnement. L’une d’entre elles a été composée par le Conseil régional de l’environnement de l’Estrie (CREE) et les deux autres ont été révisées par celui-ci. Elles concernaient la réduction des gaz à effet de serre, l’aménagement du territoire et la préservation des milieux naturels ainsi que l’électrification des transports en commun.  

Cependant, la récente proposition de QS voulant la construction de deux lignes de tramway pour la ville de Sherbrooke a fait jaser davantage les candidats et candidates. M. Vaes et M. Bérubé-Lauzière ont qualifié respectivement le projet d’« irréaliste » et d’« irresponsable », notamment parce qu’il va coûter 4,2 milliards aux contribuables. Mme Labrie a rétorqué lors de la période de questions en précisant que ce qui est irréaliste, c’est de demander aux utilisateurs de changer de mode de transport sans leur fournir les moyens pour le faire. De son côté, la CAQ a prévu des investissements de 53 milliards en transport en commun d’ici 2030. S’il est élu, le PCQ vise la gratuité des transports en commun pour la ville de Québec et pour les autres villes éventuellement.  

La condition étudiante 

Pour compléter le débat, les personnes candidates devaient discuter de l’accessibilité aux études, du logement étudiant et de l’inflation. M. Bérubé-Lauzière, Mme Labrie, Mme St-Amand et M. Vaes se sont tous indignés contre la forme actuelle des bourses Perspective Québec. Les principales critiques se rapportaient à la liberté de choix et au droit à l’aide financière, peu importe le programme choisi. Cela dit, Mme St-Hilaire a annoncé qu’il s’agit « de la première phase du programme des bourses Perspectives».  

« Refinancement du programme AccèsLogis », « avoir plus d’OBNL pour offrir du logement étudiant », « abolir la section F du bail » ont été présentées comme étant des solutions à l’impact de la crise du logement sur les personnes étudiantes. Les représentants et représentantes ont également mentionné qu’ils et elles allaient offrir un soutien pour l’élaboration du projet de logement étudiant de l’UTILE.  

Mme St-Hilaire a, par ailleurs, énoncé qu’un prochain gouvernement caquiste allait redonner à la population des chèques de 400 $ et 600 $ en plus de baisser les impôts pour amoindrir les impacts de l’inflation sur la communauté étudiante (et sur la population en général). Le PLQ et le PCQ prévoient aussi une baisse d’impôt. M. Vaes expliquait que le PLQ désirait aussi enlever la TVQ sur les produits de « première nécessité ». Mme Labrie suggérait aussi une mesure semblable, et indiquait que son parti augmenterait le salaire minimum à 18 $/h.  

Après toutes ces discussions et ces propositions, la communauté étudiante espère que le parti et le candidat ou la candidate élus agiront en sa faveur et prendront des décisions en les consultant.  


Crédit image @Victor Dionne

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