Mer. Avr 24th, 2024

Par Alexandre Ménard 

Le mardi 6 février dernier, un rare incident s’est produit : le président russe Vladimir Poutine a accordé une entrevue à un animateur occidental, Tucker Carlson. Il s’agissait d’une situation gagnant-gagnant pour les deux hommes, alors que Carlson a bénéficié d’une grande visibilité, et que Poutine a pu s’adresser au public occidental.  

Animateur américain, ultraconservateur, théoricien du complot, activiste politique, commentateur ou « le dernier à dire la vérité »… Les qualificatifs employés par le public pour décrire Tucker Carlson sont nombreux. L’ex-journaliste a longtemps travaillé pour la chaîne d’information conservatrice américaine Fox News, où il a présenté l’émission Tucker Carlson Tonight. Plus de trois millions de téléspectateurs ont regardé l’émission chaque jour jusqu’en avril 2023, date de son licenciement.  

Une tribune pour le récit russe 

Lors de l’entrevue controversée, Vladimir Poutine commence par un vaste examen historique, éclairant le long et complexe récit de la Russie et ses liens avec l’Ukraine. Il met l’accent sur ce qu’il considère comme la « revendication historique de la Russie sur certaines parties de l’Ukraine » et évoque des événements remontant aux 8e et 9e siècles pour souligner les liens culturels et historiques profonds entre les deux pays. Cette perspective sert de base à ses explications de la crise actuelle, Poutine affirmant que les actions de la Russie sont motivées en partie par le désir de protéger les entités historiques et les liens culturels. 

Poutine profite également de la plateforme qui lui est offerte pour présenter son point de vue sur les origines du conflit en Ukraine, critiquant l’influence occidentale, notamment les actions des États-Unis. Il décrit le renversement du président ukrainien en 2014 comme un coup d’État soutenu de l’extérieur. Il considère les événements qui ont suivi comme faisant partie d’une agression continue contre les populations russophones et les intérêts stratégiques de la Russie. Poutine présente la Russie comme un défenseur de ses citoyens et de ses frères culturels ukrainiens, soulignant que les actions militaires russes doivent être comprises comme une réponse aux menaces. Poutine décrit l’Ukraine comme « un État satellite des États-Unis ». 

L’expansion de l’OTAN 

Poutine est clair sur l’expansion de l’OTAN qu’il considère comme une menace directe pour la sécurité de la Russie. Il rappelle les promesses faites après l’effondrement de l’Union soviétique selon lesquelles l’OTAN n’étendrait pas sa présence vers l’est — promesses qui, à son avis, n’ont pas été tenues. Aux yeux de Poutine, cette expansion représente un geste provocateur qui porte atteinte aux intérêts sécuritaires de la Russie et appelle une réponse. 

Selon le président russe, une éventuelle invasion russe en Pologne ou en Lettonie, des pays membres de l’OTAN, est « complètement hors de question »… À une exception près : « Dans un seul cas : si la Pologne attaquait la Russie », a mentionné Poutine. La Russie n’a sinon aucun intérêt pour la Pologne, la Lettonie ou d’autres pays, a-t-il déclaré. « Pourquoi ferions-nous cela? Nous n’avons tout simplement aucun intérêt ». Poutine a accusé les pays de l’OTAN d’intimider leur propre population en faisant croire à une « menace russe imaginaire ». 


Source: Wikimedia Commons

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