Mar. Fév 27th, 2024

Par Sophie Mottet 

Six Portugais et Portugaises âgés de 11 à 24 ans se sont unis, reprochant aux pays européens de ne pas en faire suffisamment pour lutter contre les changements climatiques. De ce fait, ces jeunes ont entamé des procédures judiciaires, amenant les 27 pays de l’Union européenne ainsi que le Royaume-Uni, la Suisse, la Norvège, la Russie et la Turquie, devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). 

Décrétant que les conséquences de la crise climatique portent atteinte à leurs droits fondamentaux, ces jeunes activistes demandent des prises d’actions concrètes face aux changements climatiques de la part des pays d’Europe.  

Le droit à la vie pour un avenir plus certain 

Dans les dernières années au Portugal, ce jeune groupe militant a vécu des catastrophes naturelles telles que des feux de forêt et des températures extrêmes. De plus, la prise de conscience d’un avenir incertain qu’amènent les changements climatiques entraîne des répercussions sur la santé mentale de cette génération. 

Ne réclamant pas de compensation monétaire, les jeunes personnes du groupe auront pour mission de convaincre les juges que les conséquences de l’inaction climatique de ces pays les atteignent suffisamment pour être considérées comme des victimes. Cette inaction viendrait porter atteinte aux droits de la personne, notamment le « droit à la vie » et le « droit au respect de la vie privée ». Effectivement, ces jeunes ont pour souhait que le tribunal force les pays concernés à en faire davantage pour contrer les changements climatiques.  

« Les gouvernements du monde entier ont le pouvoir d’arrêter cela, et les gouvernements européens choisissent de ne pas y mettre fin », a dénoncé Catarina dos Santos Mota, 23 ans, membre du groupe. « Depuis que nous avons entrepris notre action en justice, nous ressentons que l’impact de la crise climatique est de plus en plus grave. En 2023, juillet a été le mois le plus chaud jamais enregistré. C’est terrifiant de penser que ce n’est que le début. » 

Des preuves scientifiques mises de l’avant 

Les jeunes activistes devront démontrer au tribunal que les 32 pays européens ont l’obligation légale de limiter l’augmentation de température à 1,5 °C selon les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat de 2015. Une des preuves présentées au tribunal concerne les politiques des pays européens présentant une limitation de température à 3 °C, la limite étant fixée à un degré plus grand dans certains pays.  

La décision de la cour ne sera rendue que d’ici plusieurs mois. D’autres cas de justice climatique ont été déposés à la CEDH concernant des dossiers ciblant la France et la Suisse. La position de la cour est très attendue et pourrait avoir des retombées positives sur les futurs cas climatiques amenés en justice.  

Le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatovic, souligne que « ce sont les enfants qui paieront le prix de l’inadéquation des mesures prises contre le changement climatique. Il est crucial que les jeunes aient accès à la justice et soient entendus ». 


Source: Wikimedia

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