Jeu. Fév 22nd, 2024

Par Ema Holgado 

Du 25 au 30 septembre s’est tenue la Semaine nationale de la vérité et de la réconciliation à l’Université de Sherbrooke. Pour l’occasion, de nombreuses activités en tout genre, dont des activités culturelles, se sont tenues du 25 septembre au 6 octobre 2023 afin de souligner les traditions et enjeux des communautés autochtones.  

Cérémonie traditionnelle 

À la suite de la conférence qui a ouvert les festivités sur les réalités de l’enseignement de l’histoire des Premiers Peuples dans l’enseignement supérieur, s’est tenue, le mardi 26 septembre, une cérémonie traditionnelle guidée par l’Ainé Roger Echaquan. Homme-médecine respecté et porteur de savoir traditionnel de la Nation atikamekw nehirowisiw et survivant des pensionnats autochtones, Mocom (Grand-père) Echaquan agit comme intervenant psychosocial et culturel auprès de plusieurs groupes autochtones, tant dans les milieux scolaires, communautaires que carcéraux. La cérémonie a impliqué un rituel de purification par fumigation, la prestation de chants sacrés au tambour et le partage de contes traditionnels issus de sa nation. C’est avec humilité que se sont rassemblés les participants de cette cérémonie hors du commun emplie de spiritualité et de désir de découverte.  

Conférence Employer le roman graphique «C’est le Québec qui est né dans mon pays!» 

À la suite de la cérémonie traditionnelle s’est tenu une rencontre organisée par la faculté d’éducation avec la bédéiste et professeure du Collège Ahuntsic, Emmanuelle Dufour (PhD). Son ouvrage, C’est le Québec qui est né dans mon pays!» : Carnet de rencontres, d’Ani Kuni à Kiuna (2021) est le livre obligatoire du cours sur Perspectives autochtones en éducation de la faculté d’éducation. Durant l’heure et demie passée en sa compagnie, Emmanuelle Dufour a raconté son parcours à la rencontre des Premiers Peuples et son ouvrage qui expose la rencontre, ou plutôt la non-rencontre, entre autochtones et allochtones. Elle revient sur les préjugés qui circulent sur les peuples autochtones et des pistes de recherche pour les déconstruire. Le roman graphique a mené à la création d’un guide pédagogique ayant pour but d’aider les enseignants à trouver le meilleur exercice pédagogique pour eux, que ce soient les émissions radio, l’écriture, le dessin, afin d’aborder la question autochtone. Durant la conférence, l’autrice a aussi sensibilisé le public aux réalités du Collège Kiuna, situé à Okdaka, sur la réserve. C’est une institution ouverte à tous, qui met les réalités et les valeurs des Premières Nations au cœur de son éducation.  

Conférence Témoigner, honorer, faire resurgir : le pouvoir des histoires dans la littérature autochtone au Québec 

Le jeudi 28 septembre, c’est l’enseignante en littérature autochtone et professionnelle de recherche au sein du GRÉLQ (Groupe de recherches et d’études sur le livre au Québec) à l’Université de Sherbrooke, Marie-Hélène Jeannotte qui a donné une conférence sur la force du récit et du témoignage dans la littérature pour enseigner les perspectives et l’histoire autochtone. Les œuvres autochtones du Québec permettent de plongée dans les imaginaires des premiers peuples, mais aussi de créer des liens entre les communautés, et peut-être même parfois de guérir certains traumas individuels et collectifs.  

Marche Chaque enfant compte 

Après la journée fériée octroyée par l’Université de Sherbrooke pour souligner la journée nationale de la vérité et de la réconciliation, des acteurs et habitants de Sherbrooke se sont retrouvés devant l’hôtel de ville afin de commémorer et d’honorer les survivantes et survivants des pensionnats autochtones qui ont été ouverts de 1831 à 1997, les enfants qui y ont disparu ainsi que de sensibiliser la population à l’héritage pour l’histoire de ces institutions. La foule toute d’orange vêtue a marché de l’hôtel de ville sur la rue Wellington au Marché de la gare située sur la rue Belvédère.  

Rencontre avec les Premières Nations 

Durant la seconde semaine d’activités, du 2 au 6 octobre, l’Université de Sherbrooke a reçu l’initiative de l’institut Tshakapesh nommé Sous le Shaputuan. Présent entre le bâtiment E1 et le pavillon des sciences D3, une grande tente traditionnelle autochtone, un Shaputuan, a été installée pour offrir sept ateliers durant la semaine. Les ateliers portaient sur les préjugés (lundi 2 oct.), les plantes médicinales (lundi 2 oct.), Contes et légendes (mardi 3 oct.), santé et guérison (mercredi 4 oct.), spiritualité (mercredi 4 oct.), le territoire traditionnel (mercredi 4 oct.) et l’histoire des Innus (jeudi 5 oct.).  

Exposition Tôtemots 

Pour une troisième fois, l’exposition Tôtemots est revenue dans les bibliothèques des différents campus de l’Université de Sherbrooke. Le totem a été sculpté par Jacques Gill dans la galerie d’une maison ancestrale d’Odanak. C’est la poétesse et illustratrice abénakise-wendat Christine Sioui-Wawanoloath qui a écrit le texte La nature est un poème et réalisé l’image qui accompagne l’œuvre. Les poèmes présents avec l’œuvre proviennent d’autrices et d’auteurs des Premiers Peuples. 


Source: Institut Tshakapesh

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