Mar. Juil 23rd, 2024

Par Meg-Anne Lachance

L’Ohio a rejeté, mardi dernier, une réforme constitutionnelle qui aurait pu compliquer l’accès à l’avortement dans cet État. Selon le Ohio Secretary of State’s office, le référendum du 8 août dernier aurait reçu près de 60 % de réponses négatives. Ces résultats soulignent une nouvelle défaite pour le parti républicain.

Bien que la réforme constitutionnelle ne portait pas directement sur le droit à l’avortement, le camp conservateur avait l’interruption volontaire de grossesses dans sa ligne de mire. La motion Issue One prévoyait l’augmentation du seuil minimum requis pour modifier la Constitution. Si le projet de loi était adopté, le nombre de voix nécessaires pour la modification de la Constitution aurait passé de 50 % plus un à 60 %.

Depuis l’invalidation de l’arrêt Roe c. Wade par la Cour Suprême du pays, l’Ohio est déchiré par la question de l’avortement. Bien que légal, le gouverneur de l’état, Mike DeWine, a mis en place le Heartbeat Bill. Cette loi interdit les avortements après la 6e semaine de grossesse. Les cas de viol ou d’inceste ne feraient pas exception. La loi est toutefois temporairement bloquée par un juge de l’État. En réponse à ce projet de loi, une réforme constitutionnelle garantissant le droit à l’avortement jusqu’à 23 semaines pour toutes a été proposée. Un vote sur la question est planifié au 3 novembre prochain. En cas de victoire, la loi du gouverneur ne pourrait être adoptée.

Avec Issue One, le parti républicain souhaitait rendre plus difficile une victoire pour les pro-choix. Un sondage public a démontré qu’environ 59 % des électeurs d’Ohio appuient l’inclusion du droit à l’avortement dans la constitution de l’État, rapporte NBC News. Dans un communiqué, le président Joe Biden a affirmé que la « mesure était une tentative flagrante d’affaiblir la voix des électeurs et de miner encore plus la liberté des femmes de prendre leurs propres décisions concernant leur santé ».

Sur Twitter, Alexis McGill Johnson, présidente de l’organisation Planned Parenthood, a souligné cette « excellente nouvelle ». « Les habitants de l’Ohio se sont rendus aux urnes et ont rejeté la mesure de l’opposition visant à saper la démocratie et à restreindre la possibilité de choisir d’avoir des enfants ou non », a-t-elle écrit.

Un thème électoral important

Pour Mary Ziegler, professeure de droit à l’Université de Californie, l’avortement continuera d’être un sujet chaud. « La question de l’avortement sera probablement tout aussi importante, voire plus importante, qu’auparavant », explique-t-elle. Avec la campagne présidentielle qui arrive à grands pas, les deux partis se positionnent de manières complètement opposées. Tandis que les démocrates dénoncent les opinions de leurs adversaires, les républicains commencent à se diviser.

Selon les résultats d’une étude du Pew Research Center, le taux de personnes pensant « qu’il devrait être plus facile d’avorter » est passé de 31 % en 2019 à 43 % dans les États où l’avortement est présentement interdit. L’échec du référendum en Ohio rejoint celles du Kentucky et du Kansas. Ces revers dans les États conservateurs démontrent la dissonance présente au sein du parti républicain.


Crédit image: Wikimédia

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