Ven. Fév 3rd, 2023

Par Josiane Demers

Le rappeur québécois Dawroll Guillaume Antoine alias D-Baby se fait remarquer depuis longtemps sur la scène rap montréalaise. Toutefois, c’est en participant à la saison deux de la compétition La fin des faibles, diffusée sur les ondes de Télé-Québec, qu’il s’est fait connaître d’un plus vaste public.

En plus de travailler sur de nombreux projets artistiques, l’habitué des rap battles longueuillois se passionne pour le coaching sportif en accompagnant les jeunes athlètes dans l’atteinte de leurs objectifs.

D’outil de mémorisation à passion

C’est d’abord au secondaire que l’artiste commence à s’intéresser au rap, qu’il utilisait comme un précieux outil d’apprentissage. « Je n’écoutais pas toujours ce que mes professeurs disaient. Alors, quand je remarquais que mon attention n’était pas là, je sortais un cahier et je prenais des notes. Je trouvais des rimes, dit-il, avec ce que les profs disaient donc ça me permettait d’être plus attentif et retenir plus de matière. »

Plus tard, il s’est mis à tester ses rimes auprès de ses amis et a commencé à participer à des compétitions et des émissions de battles comme 11chek. Il s’est d’ailleurs rendu en finale, qu’il a perdue, car les juges distinguaient parfois mal certains mots prononcés.

« Ça m’a frustré parce que j’avais travaillé fort. Elmé (autre rappeur) est venu me voir et m’a dit qu’il aimait ce que je faisais et il m’a dirigé vers les Word Up Battles, qui étaient a capella. J’ai trouvé ça intéressant et je me suis dit que là, il n’y aurait pas d’excuses », explique-t-il.

Un positivisme contagieux

Pendant la compétition, D-Baby s’est rapidement différencié des autres rappeuses et rappeurs par sa joie de vivre et sa dégaine naturelle lors de ses performances. Il s’est brillamment démarqué dans les épreuves d’impro et d’a capella, où il a terminé au deuxième rang lors de la première ronde. Il s’est rendu en grande finale.

Sur la scène, il semblait s’amuser et c’était contagieux. « Je m’attendais à ce que les autres candidats et candidates se dirigent vers des thèmes plus sérieux. Mais moi, dans ma personnalité, je suis quelqu’un qui est toujours de bonne humeur. J’aime faire des blagues et je dédramatise beaucoup. Cette façon d’être ou cette attitude, c’est imprégné en moi et ça se propage autour de moi », confie le rappeur.

D’ailleurs, les juges l’ont souvent complimenté sur l’énergie positive qu’il dégageait et son aisance sur scène. Il confie que La fin des faibles a été la plus belle expérience de rap de sa vie et qu’il chérit toutes les discussions qu’il a pu avoir avec les autres personnes participantes, les juges et les juges invités ainsi qu’avec l’animateur Pier-Yves Lord. Il s’est nourri de ces interactions qui l’ont fait grandir.

« J’ai appris beaucoup sur moi-même, ça m’a montré que peu importe le défi et les limites de temps, j’étais capable », soutient ce dernier.  

Aider la jeunesse à travers le sport

Bien que passionné par le rap, D-Baby s’implique à fond auprès des jeunes par le biais des activités sportives, depuis plus d’une décennie. « Je voulais mettre les pieds dans une école, élabore-t-il, pour présenter un projet de ligues de sport. Je me suis demandé : qu’est-ce que je peux faire pour rencontrer une direction d’école le plus rapidement possible? »

C’est à ce moment qu’il est allé faire une attestation d’études collégiales (AEC) en éducation à l’enfance et a dû réaliser un stage dans une école primaire. Il a été engagé dans cette école où la direction était ouverte à ses projets. Dès la première année, les activités sportives ont été un succès, alors que 80 élèves s’étaient inscrits. Le nombre n’a cessé d’augmenter pendant les huit années où il a chapeauté ce programme.

Dans le désir de relever de nouveaux défis, il a postulé comme surveillant dans une école secondaire : « Je voulais continuer mes projets sportifs, donc j’ai pris l’équipe de flag football en charge. C’est l’équipe du Collège Ville-Marie et je les ai amenés en finale. »

Ce dernier ne manquera pas de nouveaux défis, parce que lors de cette finale, des recruteurs des cégeps étaient présents et lui ont offert un poste d’entraîneur-chef de flag football dans un établissement et un poste d’entraîneur de quart-arrière dans un autre. Il désire maintenant faire le pont entre ses élèves du secondaire et ceux du cégep pour les accompagner dans leur cheminement vers l’avenir.

Un parallèle

D-Baby souligne qu’il y a énormément de choses à retenir du sport lorsqu’on se lance dans les arts. Plusieurs parallèles sont possibles.

 « Le meilleur lien que je fais, c’est beaucoup la discipline et l’organisation. Quand je parle aux élèves, je leur demande quel but ils veulent atteindre et à partir de là, c’est quoi les étapes pour se rendre. Je leur explique aussi que si on ne fait pas chaque étape comme il le faut, le résultat ne sera pas celui qu’on veut. Il faut respecter le plan de match de A à Z, que ce soit en sport ou dans le rap », précise-t-il.

Projets d’avenir

Le rappeur et entraîneur sportif multiplie les projets. En plus de commencer à coacher au Cégep, il n’a pas moins de trois idées d’albums musicaux en tête.

Il travaille d’abord sur un album avec le rappeur Lemind, qui s’était illustré dans la saison 1 de la Fin des faibles. Il espère également sortir un projet solo.

Finalement, il souhaite faire paraître un album de rap, mais pour enfant. « Ma force, c’est le lien que je développe avec les élèves. Mais, j’ai remarqué qu’il y a beaucoup de choses qu’on dit qu’ils ont de la difficulté à retenir et à comprendre. Un moment donné, en attendant les parents dans un centre sportif, j’ai fait un verse pour expliquer les règlements et ils ont tout retenu », souligne-t-il avec enthousiasme! Il transmet donc à ses élèves le truc qu’il avait développé lui-même, jadis sur les bancs d’école.


Crédit image @Télé-Québec

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Josiane Demers
Cheffe de pupitre SOCIÉTÉ, auparavant rédactrice en chef (2021-2022) et cheffe de pupitre SPORT ET BIEN-ÊTRE pour le journal Le Collectif

Étudiante à l’école de politique appliquée avec un cheminement en relations internationales à l’Université de Sherbrooke, Josiane Demers a également suivi des cours en communication. Impliquée au journal Le Collectif depuis le début de son parcours académique, elle est passée de collaboratrice à cheffe de pupitre de la section Sport et bien-être, pour ensuite devenir rédactrice en chef du périodique.
Passionnée de culture, de sports et d’actualité internationale, elle a plus d’une corde à son arc.

Josiane cède la relève de la rédaction en chef à nos dévoués Victor Dionne et Sarah Gendreau Simoneau en août 2022 avant de quitter le Québec pour une session à l'étranger! À son retour à l'hiver 2023, Josiane entreprend de renouer avec son amour pour le journal, cette fois au poste de cheffe de pupitre SOCIÉTÉ. Rebienvenue dans l'équipe, Josiane!