Lun. Mai 16th, 2022

Par Carolanne Boileau  

Le 3 avril dernier avait lieu le vernissage de BioGRAPHIE, une exposition collective de gravure lourde d’importance. C’est entre les murs de la Maison des arts et de la culture de Brompton que les œuvres ont attiré les foules dimanche dernier. Au-delà de la beauté du produit final, c’est surtout l’intention cachée derrière qui en fait toute sa splendeur. Lors d’une entrevue avec l’une des principales organisatrices, Le Collectif a pu en apprendre plus sur la naissance du projet.  

Derrière l’exposition qui n’inclut pas moins de 57 œuvres issues des mains de 16 artistes différents, il y a plusieurs personnes dévouées et de grandes idées. Notamment, Josianne Bolduc, responsable du certificat en art visuel à l’Université de Sherbrooke, a permis à ce projet de voir le jour. L’idée de mettre sur pied un projet pouvant allier les artistes provenant de différents milieux a germé lorsque Josianne est entrée en contact avec Régine Neumann, également enseignante dans un programme d’art visuel à l’Université Bishop’s. À la suite de rencontres virtuelles, les deux femmes sont venues à la conclusion que quelque chose devait être lancé pour jumeler les deux universités qui offrent des programmes complémentaires.  

Josianne et Régine ne s’étaient pas arrêtées sur un projet en particulier, cependant l’idée a été lancée dans l’univers et de petits miracles se sont produits. À ce moment, Deborah Devis entre en jeu. Artiste en art visuel déjà bien présente dans le milieu, celle-ci ouvrait un atelier de création dans le but de donner une oasis où les artistes sherbrookois pourraient laisser libre cours à leur imagination. Au sein des ateliers Dufferin, Deborah et les artistes présents s’adonnent à la gravure. Après être entrées en contact avec Josianne Bolduc pour l’inviter à visiter l’atelier, les deux femmes ont conclu que le moment représentait une opportunité en or pour que les personnes étudiantes puissent créer, mais également rencontrer des artistes expérimentés.  

Lorsque les esprits se rencontrent  

Petit à petit, le projet BioGRAPHIE voyait le jour. Les ateliers Dufferin ont donc accueilli les personnes étudiantes provenant autant de l’Université de Sherbrooke que de l’Université Bishop’s en passant par le cégep de Sherbrooke et le Collège Champlain de Lennoxville. Plusieurs artistes professionnels sont également investis dans le projet et utilisent les ateliers Dufferin comme lieu de création. Ces jeunes artistes ont donc pu profiter de l’expertise d’artistes expérimentés et d’un endroit leur permettant de laisser libre cours à leur créativité.  

Tout au long du processus, les étoiles se sont alignées et un partenaire financier s’est pointé le bout du nez. Le pôle régional d’enseignement supérieur de l’Estrie, plus communément appelé le PRESE, offre un financement pour les projets issus des établissements d’enseignement supérieur. Le seul bémol, pour que ce financement soit obtenu, le projet doit être issu d’une collaboration entre un minimum de deux partenaires. Dans le cas de Josianne Bolduc et de ses partenaires, ce n’était heureusement pas un problème, puisque comme mentionné, quatre établissements prennent part au projet BioGRAPHIE. Un autre critère pour être admissible au financement du PRESE était le suivant : le projet doit faire des liens avec la collectivité. Encore une fois, le critère était rempli d’avance puisque les artistes proviennent autant du milieu professionnel que des universités ou des cégeps. Le projet a donc reçu un coup de pouce financier qui a certainement fait une différence.  

Le désir d’offrir la liberté  

Il est toujours intéressant de savoir ce qui se cache derrière la tête des artistes lorsqu’un aussi beau projet, qu’on pourrait même qualifier de mouvement, voit le jour. Au moment d’être interrogée sur les intentions ou les objectifs qu’avait Josianne Bolduc, celle-ci a donné une réponse qui fait réfléchir et en dit long sur sa personne. La responsable du certificat en art visuel de l’Université de Sherbrooke a sans aucune hésitation déclaré : « on voulait donner un espace où les étudiants pouvaient créer sans contraintes académiques, donner l’occasion d’entamer un processus de création en dehors des critères universitaires ». Ceci démontre assurément une considération et un respect immense pour ses élèves et leur art.  

Au-delà de la capacité de créer, le projet avait également pour but d’offrir une expérience de réseautage pour les personnes étudiantes. En contact direct avec des artistes professionnels, les plus jeunes pouvaient discuter, questionner et se préparer en tant que relève. C’est également cette sphère, très humaine, qui démontre que le PRESE a bien fait de soutenir l’exposition. À travers leur art, les personnes impliquées ont voyagé, rencontré des gens et certainement véhiculé leur savoir.  

Une vitrine de qualité  

Tout ce travail a finalement porté fruit, l’exposition composée d’une cinquantaine d’œuvres est maintenant accessible à tous. Les différentes pièces de gravures des artistes sont exposées à la Maison des Arts et de la Culture de Brompton et jusqu’à maintenant BioGRAPHIE s’est avérée être un franc succès. Plus de 150 personnes se sont déplacées pour assister au vernissage, c’était la première fois depuis la pandémie qu’autant de gens venaient profiter des lieux. Grâce à Rosalie, la directrice de la Maison des Arts et de la Culture, le talent des jeunes et des moins jeunes issus de la communauté profite d’une vitrine de qualité jusqu’au 29 mai prochain.   

Il est encore temps d’aller vous émerveiller devant le talent d’ici et de ressentir toute la beauté qui se cache derrière l’art lorsqu’on lui permet de fleurir et d’unir. L’exposition BioGRAPHIE, c’est un projet qui inclut artistes professionnels et relève. Un projet qui ouvre la voie à l’apprentissage, mais qui sert également d’opportunité de réseautage.  


Crédit image @ page Facebook, Maison des arts et de la culture de Brompton

Carolanne Boileau
Cheffe de pupitre CULTURE pour le Journal Le Collectif

Jeune politologue et juriste en devenir, Carolanne est étudiante de deuxième année à l'École de politique appliquée au cheminement en droit. Amoureuse de la culture et des gens, elle adore découvrir ce qui l'entoure. Le poste de cheffe de pupitre de la section Culture lui permet de nourir son esprit curieux et de rencontrer des êtres humains plus colorés les uns que les autres.

En plus de son implication au journal Le Collectif, Carolanne siège sur la commission politique d'un certain parti provincial, participe au Parlement Étudiant Québec et s'implique dans sa faculté.