Lun. Fév 26th, 2024

Par Meg-Anne Lachance 

En pleine pénurie de personnel de la santé, le Québec a su recruter 1150 infirmières et infirmiers provenant de plus d’une dizaine de pays à travers le monde, et ce, depuis 2019. Comment se fait-il qu’il n’y ait pas d’amélioration? 

Le 18 janvier dernier, le gouvernement de François Legault s’est retrouvé, encore une fois, à devoir répondre à la question de la pénurie de personnel de la santé au Québec. Le premier ministre a affirmé qu’« il manque d’infirmières partout dans le monde ».   

Tout comme François Legault, Pascal Garel de la Fédération européenne des hôpitaux affirme que « c’est un problème partout ». « La situation est assez proche chez vous et chez nous, en Europe. On a un vieillissement de la population [et] on a reçu la triple claque cet hiver – la pandémie, la grippe et la bronchiolite – qui a touché nos enfants. Ça a fait exploser la situation dans certains pays », avance ce dernier.  

Alors que François Legault avait annoncé vouloir contrer le problème par l’immigration et la requalification, certaines personnes doutent que ce soit la bonne solution. C’est le cas de Sylvain Brousseau, le président de l’Association des infirmières et infirmiers du Canada, qui considère que cette solution est le chemin pris par presque toutes les provinces canadiennes, rapporte Radio-Canada

Selon M. Brousseau, le problème n’est pas le nombre d’infirmières, mais plutôt les conditions de travail. Le président de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec Luc Mathieux affirme que le nombre d’infirmières au Québec est à son plus haut depuis 10 ans. Selon des statistiques de l’OIIQ, le nombre s’élevait à 82 271 en date du 31 mars 2022, soit une augmentation de 1,5 % comparée à l’année dernière.  

En entrevue avec Radio-Canada, Damien Contandriopoulos, professeur en soins infirmiers à l’Université de Victoria, souligne que « le milieu qui est le pire, c’est le milieu hospitalier ». Il ajoute que « ce n’est pas que les infirmières ne sont pas là, c’est que les infirmières ont la possibilité d’aller travailler dans des milieux qui ne les rendent pas folles ni malades ». Là est le problème. 

« Quand on est un hôpital avec des conditions de travail pourries, c’est un petit milieu, tout le monde le sait. Donc, les infirmières ne veulent pas y aller et le problème fait juste se renforcer. » 

– Damien Contandriopoulos 

Un examen problématique? 

Selon les informations du journal Le Devoir, le taux de réussite au premier essai de l’examen de l’OIIQ, en 2022, n’était que de 51,4 %, soit l’un des plus bas de l’histoire. Rapidement, la directrice des admissions avait mis la faute sur « les contraintes liées à la pandémie ».  

Dans la première étape de son rapport, André Gariépy se penche sur deux hypothèses ; des failles méthodologiques et la formation des candidats ; « Une première analyse de la somme d’informations obtenues récemment révèle des éléments préoccupants tant sur l’examen que sur la formation des personnes candidates ». 


Crédit image @Pexels

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