Dim. Mai 15th, 2022

Par Sarah Gendreau Simoneau 

Comment se fait-il qu’en 2022, la communauté LGBTQ2+ ne trouve pas encore assez sa place dans le monde du sport? Il commence à y avoir des modèles, il commence à y avoir des coming out qui s’opèrent, trop peu et pas assez rapidement, mais la lancée est belle à voir.  

L’égalité sociale entre les genres est de plus en plus manifeste et les droits des personnes issues de la communauté de la diversité sexuelle et de genre sont maintenant reconnus. Cependant, tout n’est pas encore gagné et le domaine sportif n’est pas connu comme le plus inclusif.  

Par exemple, dans un vestiaire, l’ambiance peut empêcher certaines personnes issues de la diversité sexuelle de parler librement de leur orientation sexuelle. Il y a tout un lien à faire avec la façon dont ces personnes, souvent des hommes dans cette situation, sont perçues dans la société. Le sport, c’est un domaine critique et assez genré. Comme l’article sur les stéréotypes dans les sports publié dans l’édition du 13 mars dernier l’explique, les gens ont des préjugés quant à certains sports ou certaines activités. Le ballet c’est pour les filles et le hockey c’est pour les garçons, voilà deux exemples qui témoignent d’un manque d’ouverture et de critiques. Si un garçon s’intéresse au ballet, il aura droit à des insultes, des moqueries et, dans l’imaginaire des gens, sera gai parce qu’il s’intéresse à quelque chose de moins viril que le hockey ou le soccer, par exemple. De là partent les préjugés sur le sexe et le genre. Que personne ne s’étonne après que les gens issus de la diversité ne veuillent pas s’afficher. 

Des modèles et de l’ouverture 

Depuis quelques mois, une flambée d’athlètes avoue publiquement son appartenance à la communauté LGBTQ2+. Notamment, Carl Nassib, l’été dernier, qui a avoué être gai, ce qui a fait de lui le premier à s’ouvrir dans la NFL. Clay Davies également, qui est le premier cycliste d’élite britannique à dévoiler son homosexualité au grand jour. Le public a acclamé leurs annonces, leurs histoires ont été racontées partout et des jeunes peuvent maintenant s’identifier à eux.  

À l’inverse, Luke Procop, joueur de hockey dans la LNH, lorsqu’il a annoncé qu’il était ouvertement gai, n’a pas reçu que les éloges du public sur les réseaux sociaux. Comme quoi chaque sport a son ouverture et sa perception du coming out et la lutte est loin d’être terminée. 

Cependant, lors des Jeux olympiques d’été de Tokyo 2020, une belle avancée a été constatée. Un record de 186 athlètes issus de la diversité sexuelle a été recensé pour compétitionner et 36 athlètes paralympiques disaient faire partie de la communauté également. Ces Jeux sont considérés comme les plus inclusifs à ce jour. L’ouverture dans les sports se fait donc peu à peu et les athlètes se sentent mieux compris et craignent moins de s’afficher.  

Plusieurs disciplines offrent aussi maintenant des compétitions mixtes pour inclure tout le monde sans discrimination de sexe, de genre ou d’orientation.  

Les coming out plus acceptés chez les jeunes 

Une étude menée par Outsport se montre très encourageante quant au coming out des athlètes dans les sports collectifs. Menée par l’université de Winchester et la Sports Equality Foundation sur 820 élèves de collèges des États-Unis et du Canada, elle témoigne d’une véritable acceptation des athlètes de la communauté dans leurs équipes. Peut-être que la mentalité des jeunes de la nouvelle génération tend à s’adoucir vis-à-vis cette réalité, mais au moins, l’ouverture est là. Il faut simplement espérer que cette mentalité reste et soit encore plus inclusive dans les années à venir.  

Des programmes pour la diversité 

Pour mieux refléter les besoins et la réalité de la société, plusieurs organismes de sport canadiens travaillent constamment à améliorer leurs politiques et leurs pratiques. Ils veulent rendre leurs politiques plus inclusives. En ce sens, le Centre canadien pour l’éthique dans le sport (CCES) a créé des ressources à l’intention de la communauté sportive canadienne sur l’inclusion des athlètes transgenres, notamment.  

Le CCES défend également le droit des athlètes présentant des différences du développement sexuel en dénonçant les règles d’exclusion au niveau international et en communiquant de l’information au public. Ce sont surtout des guides d’orientations politiques conçus pour aider les organismes sportifs à créer leurs propres guides de politiques et de pratiques sur l’inclusion des personnes de la communauté LGBTQ2+ des points de vue récréatif, du développement et de la haute performance. Tout ceci peut en effet contrer les maladresses dans les fédérations sportives tout en éduquant les gens aux réalités de toutes personnes qui voudraient pratiquer des sports.  

En ce sens, ce qui est à retenir des études sur l’homophobie dans le sport c’est que celle-ci n’est pas sans conséquence et qu’elle affecte un nombre important d’athlètes et d’entraîneurs, peu importe leur orientation sexuelle. Le personnel entraîneur tient un rôle déterminant dans la création d’un environnement sportif accueillant et inclusif pour ses athlètes.  

Ligues et associations sportives LGBTQ+ 

Dans presque toutes les régions du Québec, principalement à Montréal, se trouvent plusieurs ligues de sport et des associations favorisant les activités pour inclure toutes les diversités sexuelles. Ces regroupements constituent un espace sécuritaire et dépourvu de préjugés. Il y règne une ambiance bienveillante et chaque personne peut y pratiquer l’activité ou le sport qu’elle veut, sans peur d’être jugée, mise de côté ou simplement refusée. Tous les milieux, que ce soit les établissements scolaires ou de santé, ont avantage à créer une ambiance inclusive pour toutes les personnes, indépendamment de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. 

Si d’autres voix continuent de s’élever, notamment dans le monde du sport et des loisirs, le Québec assistera à une plus grande acceptation et une plus grande ouverture des différents milieux. L’égalité juridique est acquise ici, mais l’égalité sociale ne l’est pas encore tout à fait. Il faut donc continuer les efforts de sensibilisation afin d’éduquer la population sur les différents enjeux auxquels les personnes de la diversité sexuelle et de genre peuvent être exposées. Il faut aussi se montrer curieux envers une réalité qui est inconnue à plusieurs, car mieux comprendre une réalité nous amène à mieux l’accepter.  


Crédit image @ Skysports

Sarah Gendreau Simoneau
Cheffe de pupitre SPORTS ET BIEN-ÊTRE pour le Journal Le Collectif | sport.lecollectif@USherbrooke.ca

Passionnée par tout ce qui touche les médias, pas surprenant que Sarah tripe autant sur ses cours du bac en communication, lorsqu'elle fait de la radio à CFAK et lorsqu'elle écrit des articles pour Le Collectif. Dans l'équipe du journal depuis mai 2021, elle est fière de mettre sa touche personnelle dans ce média de qualité de l'Université de Sherbrooke.

Le sport et le bien-être sont, selon elle, indispensables à la société. Elle s'efforce donc, avec sa curiosité légendaire, de dénicher les meilleurs sujets sportifs pour vous!