Sam. Avr 13th, 2024

Par Gabrielle Lafleur 

Dans son long métrage Nouveau-Québec en salle depuis le 18 mars, Sarah Fortin laisse place aux communautés des Premières Nations. Dévouée à son projet proposant une symbiose entre le documentaire et la fiction, cette réalisatrice talentueuse embrasse le mode de vie des autochtones et en fait l’éloge.  

Les études avant les accomplissements  

Réalisatrice du long métrage Nouveau-Québec, Sarah Fortin brille dans le monde cinématographique. Cependant, à l’aboutissement de son secondaire, son parcours scolaire et professionnel n’était pas clairement défini. Étudiante en art et lettres au cégep, Sarah considérait amorcer sa carrière dans le milieu journalistique. Indécise, elle a entamé une autre étape de sa formation en littérature pour finalement suivre les traces de ses deux frères en cinéma. Quelques années plus tard, elle réussit ses études en communication profil cinéma à l’UQAM avec brio.  

Une femme investie 

En 2008, Sarah Fortin embarque à pied joint dans le projet Wapikoni mobile, un organisme sans but lucratif créé en 2004 par le conseil de la nation atikamekw, le conseil des jeunes des Premières Nations et par la cinéaste québécoise Manon Bardeau. Cette roulotte ambulante se déplace dans les communautés autochtones afin d’accompagner ses membres dans leur volonté de partager leurs histoires et d’affirmer leurs racines. Par conséquent, Sarah établit son contact initial avec la communauté innue Matimekush. « La rencontre avec les Premières Nations a beaucoup changé ma vie! » déclare Sarah. D’ailleurs, exposer leur vécu ne constituait guère qu’une simple idée pour cette femme ambitieuse : c’était son objectif primordial.  

En 2011, Sarah Fortin dévoile au grand jour un documentaire qu’elle chérissait depuis longtemps : J’m’en va r’viendre. Ce film, figurant parmi les plus beaux accomplissements de cette réalisatrice, illustre le retour sur scène de l’auteur-compositeur-interprète Stephen Faulkner. Impliquée et passionnée de son art, Sarah a suivi pendant un an et demi, aux quatre coins du Québec, ce cowboy de ville. En concert, en voiture ou en coulisse, la documentariste n’a certainement pas froid aux yeux.  

La naissance du film 

Le 18 mars 2022, les cinémas de la province ont pu partager sur leurs toiles Nouveau-Québec, le plus récent projet de Sarah Fortin. Dans ce joyau cinématographique, cette artiste hors du commun tenait à raconter, et ce, depuis son premier contact avec des nations innues, leur récit. Schefferville et ses environs interpellaient la conteuse en elle : « Je suis passionnée par les paysages et par la communauté elle-même! », lança-t-elle, un sourire collé aux lèvres. Au fil du temps et en raison de sa participation avec la Wapikoni mobile, Sarah Fortin s’est liée d’amitié avec des individus locaux. Leur passé la touchait énormément et c’est à l’aide de son film Nouveau-Québec qu’elle leur offre une place sur nos écrans.  

Avant tout, un bref historique des lieux s’impose puisque le scénario du film de Sarah Fortin découle d’un événement significatif. Connue comme étant une ancienne localité minière, Schefferville, située au Québec en bordure de Terre-Neuve-et-Labrador, est entourée de communautés issues des Premières Nations, soit les Innues et les Naskapies. Vers 1950, une masse de travailleurs provenant de la grande ville s’y relocalise afin d’œuvrer à la mine. Toutefois, en 1980, en raison de la fermeture de ce lieu, Schefferville devient pratiquement fantôme : la mine est laissée à l’abandon, les immeubles, dont des logements, sont détruits et les ouvriers plient bagage.  

Lors de la rédaction de Nouveau-Québec, Sarah se concentrait sur un mot clé crucial, l’honnêteté. En effet, elle souhaitait inclure le plus possible les Premières Nations dans le processus puisque le film traite en majeure partie d’eux. Dans cette optique, en automne dernier, Sarah et son équipe se sont rendues dans la communauté de Matimekush et de Shefferville afin de diffuser son chef-d’œuvre et d’obtenir des rétroactions constructives. D’ailleurs, « La réception a été super positive! », évoque-t-elle d’un ton enjoué. Pour une des rares fois, ces individus se voient à l’écran et ils entendent leur langue qui est malheureusement appelée à disparaitre. De plus, plusieurs des acteurs figurant dans le scénario sont des autochtones n’ayant préalablement aucune expérience en cinéma.  

Nouveau-Québec : résumé 

À la suite du décès de son père, un ancien mineur à Schefferville, Sophie et son conjoint Mathieu se rendent dans ce village isolé afin de finaliser la succession du chalet paternel. Cependant, leur petit séjour se rallonge en raison d’une incidence inattendue relative à l’oncle de Sophie, Réjean. Forcés de rester, les deux personnages principaux entrent en contact avec les divers peuples de la région. Par conséquent, on assiste à la rencontre pas toujours commode entre allochtones et autochtones. Choc culturel et différence d’opinions sont au menu dans cette fiction documentaire. 

Derrière chaque bonne histoire : un message 

Intégrer les Premières Nations dans un film québécois ne passe certainement pas sous le radar et Sarah Fortin le savait très bien. Pour sa part, elle désirait livrer un message clair et efficace, soit celui de regarder plus près de nous la réalité des communautés et de s’ouvrir à cette culture. Ces peuples résident sur le territoire québécois depuis si longtemps, il suffit de communiquer avec eux pour ainsi se comprendre.  

Un avenir prometteur 

Pour donner suite à Nouveau-Québec, Sarah Fortin se replonge dans l’univers innu. Cette fois, elle le fait accompagné de Joséphine Bacon, une femme originaire de Pessamit, une communauté innue. Dans ce documentaire, cette réalisatrice, parolière, enseignante et traductrice hors pair arpentera au peigne fin les terres autochtones. 

Inversement à ses créations antérieures, Sarah se lancera dans la conception d’une comédie : une première du genre qui l’éloigne nettement de son patelin habituel. Bien hâte d’en apprendre plus!  


Crédit image @ Sarah Fortin

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