Ven. Jan 27th, 2023

Par Gabrielle Goyet 

À chaque année depuis 2018, des manifestations pour la justice climatique et sociale ont lieu simultanément un peu partout au Québec. La plus récente mobilisation s’est tenue le vendredi 23 septembre dernier, alors que la population de Sherbrooke s’est aussi activée pour la cause. Tandis qu’un nouveau gouvernement sera élu le 3 octobre prochain, la population demande de nouveaux engagements de la part des candidats politiques.  

Le jour de la marmotte 

Le mouvement pour la justice climatique et sociale a vu le jour en pleine période électorale il y a quatre ans. En 2022, le mouvement est toujours bien présent lors de cette nouvelle campagne provinciale, tentant d’influencer le positionnement des futurs décideurs publics. Si certaines avancées ont été faites lors du dernier mandat gouvernemental, de nouvelles mobilisations ont eu lieu à l’échelle provinciale pour en exiger davantage de nos personnes élues.  

Cette année, deux grandes demandes sont faites aux personnes représentantes. D’une part, on demande de bannir les énergies fossiles d’ici 2030, autant en matière de production, de transformation, d’exportation que d’importation. D’autre part, il est revendiqué de taxer massivement la richesse et de réinvestir fortement dans le filet social, afin d’assurer des conditions de vie décentes pour toutes et tous. 

L’organisation de ces manifestations dans toute la province est chapeautée par ce qu’on appelle la coalition La Planète s’invite au Parlement. Ce mouvement citoyen regroupe des organisations de tous les horizons. La Coalition étudiante pour un virage environnemental et social (CEVES), notamment, est membre de cette plus vaste organisation.   

Un vaste chantier à Sherbrooke 

Pour la première fois, un grand comité organisateur a été mis sur pied spécialement pour l’occasion. Ce dernier a été constitué de personnes représentant chacun des groupes prenant part à cette initiative, rassemblées par le Comité unitaire estrien pour l’environnement (CUEE). Parmi les organisations impliquées, on trouve notamment la Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke (FEUS), le Regroupement étudiant de maîtrise, diplôme et doctorat de l’Université de Sherbrooke (REMDUS) et CEVES UdeS.  

Mathilde Robitaille-Lefebvre, porte-parole de ce dernier groupe, souligne la collaboration active de toutes ces organisations. Elle mentionne que : « cela motive grandement les gens d’avoir autant de monde impliqué dans l’organisation. Cela transparait dans notre nombre de bénévoles cette année, significativement plus grand qu’à l’habitude ». 

Malgré ce changement dans la structuration et l’élaboration de l’événement, on dénote quelques constantes. Comme à l’habitude, des routes passantes ont été choisies pour accentuer la visibilité du mouvement, mais également pour faciliter la sécurité policière. La destination, comme par le passé, a été l’hôtel de ville de Sherbrooke. Cependant, grâce à l’ambition et la motivation de ces groupes concertés, une occupation des lieux a également été prévue pour conclure la manifestation. 

« C’est une première », souligne Mme Robitaille-Lefebvre. « On voulait vraiment encourager une occupation du terrain de l’hôtel de ville de Sherbrooke pendant au moins une heure et demie, chiffre symbolique pour représenter l’objectif de la Conférence sur le climat de Paris de limiter à 1,5 degré la hausse mondiale des températures d’ici 2100 ». Pour ce faire, le comité organisateur avait prévu en amont de l’animation, des discours et des activités sur place pour encourager les personnes manifestantes à demeurer sur les lieux après la marche.  

L’importance des associations facultaires 

À chaque édition, la communauté étudiante de Sherbrooke est mobilisée afin d’avoir le plus de personnes participantes lors des manifestations pour le climat. Cependant, comme ces événements se tiennent en semaine, des grèves étudiantes sont fréquemment votées pour permettre la levée des cours et ainsi assurer que les personnes étudiantes ne soient pas pénalisées par leur absence en classe. Pour ce faire, des assemblées de grèves sont faites dans plusieurs associations facultaires. 

Cette année, plusieurs associations ont réussi à faire adopter des journées de grèves pour le 23 septembre 2022. L’Association générale étudiante de la faculté des lettres et sciences humaines (AGEFLESH), l’Association générale des Étudiants en Réadaptation (AGER) et l’Association générale étudiante en sciences (AGES) ont notamment obtenu un vote positif de leurs membres en faveur d’une grève pour l’environnement.  

Outre l’aspect démocratique de la chose, leur responsabilité ne s’arrête pas là : les associations facultaires sont responsables de faire la levée des cours le jour de la grève. En effet, plusieurs facultés de l’Université de Sherbrooke indiquent aux personnes enseignantes de donner leur cours indépendamment des grèves votées par les associations, ce qui demande un effort de perturbation afin de forcer la levée des cours. 

Temps d’élections 

Loin d’être à sa première participation dans l’élaboration de pareilles manifestations, Mme Robitaille-Lefebvre souligne l’importance de ces manifestations récurrentes, mais encore plus en temps de campagne électorale. Elle mentionne qu’avec le mouvement pour la justice climatique : « on veut que les personnes élues sortantes soient présentes qu’elles entendent ce que l’on a à dire par rapport à notre avenir. On veut mettre de l’avant les solutions qui existent déjà, qui pourraient être mises en application dès la formation d’un nouveau gouvernement le 3 octobre prochain ». 

Elle soutient également le rayonnement de la cause : « outre les individus qui se sentent directement interpelés par la justice climatique et sociale, il y a aussi plus de gens qui connaissent la cause et qui la comprennent progressivement ». Parallèlement, Mathilde exprime un soulagement relatif à la fin de la pandémie, considérant qu’avec le retour à la normale et la fin des mesures sanitaires, il est beaucoup plus facile de se regrouper et d’organiser des événements et de la mobilisation citoyenne.  

Convaincue que ces événements portent fruit jusqu’à maintenant, Mme Robitaille-Lefebvre est somme toute optimiste face à l’avenir : « les différents paliers gouvernementaux nous entendent. Maintenant, aux élections, les personnes candidates et les divers partis parlent de l’environnement, parlent de l’avenir beaucoup plus », souligne-t-elle. Elle constate aussi que le mouvement a pris de l’envergure lors des quatre dernières années et que de plus en plus de personnes sont interpelées par la cause de la justice climatique, autant des personnes citoyennes que des personnes étudiantes.  


Crédit image @Facebook

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Gabrielle Goyet
Auparavant cheffe de pupitre CAMPUS (automne 2022) pour le journal Le Collectif

Gabrielle est une étudiante à la maitrise en politique appliquée, cheminement recherche avec rédaction. Outre pour le côté académique, elle affectionne l’écriture pour l’aspect émancipateur de la chose.

Pour elle, c’est à la fois un défi et un divertissement d’être informée de tout ce qui se passe sur le campus. Autrefois Vice-Présidente aux affaires internes à la Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke (FEUS), elle n’en est pas à sa première fois lorsqu’on parle de couvrir les événements des divers campus de l’UdeS. Si elle adore échanger dans les 5 à 8, elle prend également un grand plaisir à fréquenter les activités culturelles et politiques de notre université. Étant très extravertie, c’est avec joie que Gabrielle se renseigne sur les projets étudiants développés au sein de sa communauté.

Gabrielle a quitté l'équipe de rédaction du journal pour d'autres aventures professionnelles à l'hiver 2023.