Jeu. Juin 13th, 2024

Par Victor Dionne

Le 27 juillet dernier, le pape François devenait le second successeur de saint Pierre à mettre les pieds au Québec. Après un passage de deux jours en Alberta, des milliers de personnes québécoises ont eu la chance d’assister à cet évènement, qualifié par plusieurs d’«historique». Sa visite était principalement dédiée à la guérison et la réconciliation entre l’Église catholique et les peuples autochtones. Comme de fait, il n’a pas failli à la tâche. Plusieurs activités étaient prévues afin de respecter la thématique.

Discours public à la Citadelle de Québec, déplacement en « papemobile », messe au Sanctuaire national de Sainte-Anne-de-Beaupré et autres apparaissaient à l’agenda du Saint-Père avant son départ vers Iqaluit, dernière destination de son voyage au Canada. Dans un Québec où la religion catholique décline, sa présence devenait tout de même une opportunité touristique pour les petites entreprises de la capitale nationale. Les élites politiques en ont aussi profité pour s’exprimer.

Des excuses sur les plaines

La journée de son arrivée, le souverain pontife était attendu à la Citadelle de Québec. En début de soirée, l’aîné de la Nation huronne-wendat de Wendake, Raymond Gros-Louis, célébrait l’ouverture de l’évènement. De même, le pape a eu droit à un foin d’odeur et une plume de dinde sauvage, d’après les informations de La Presse.

Le premier ministre Justin Trudeau et la gouverneure générale du Canada, Mary Simon, ont aussi pris la parole. Le chef du gouvernement a mentionné que la Commission de vérité et réconciliation demandait des excuses à l’Église catholique pour sa responsabilité institutionnelle dans la gestion des pensionnats. Mme Simon a pour sa part donné un discours en français, en anglais et en inuktitut, toujours selon le média québécois.

Par après, le pape François s’est exprimé : « c’est pourquoi j’exprime honte et douleur et, avec les évêques de ce pays, je renouvelle ma demande de pardon pour le mal commis par de nombreux chrétiens contre les peuples autochtones. » Ill faisait référence aux excuses initiales faites en mars dernier au Vatican.

Par ailleurs, le vicaire de Dieu a énoncé que les pensionnats étaient un « système déplorable, promu par les autorités gouvernementales de l’époque, qui a séparé de nombreux enfants de leurs familles. » Il a aussi précisé l’importance du rôle des institutions catholiques locales de l’époque dans le génocide.

«Il doit y avoir une suite»

Le 3 août, alors qu’il donnait une conférence de presse accompagné des leaders de la Nation crie de Peepeekisis, dans le sud-est de la Saskatchewan, le ministre fédéral des Relations Couronne-Autochtones Marc Miller signifiait qu’il y avait une relance de l’intérêt à reconnaître les tenants et aboutissements des pensionnats comme étant un génocide. La visite du pape en Alberta, au Québec et au Nunavut a grandement contribué à ce phénomène. 

« La pire chose que vous puissiez avoir après de telles excuses historiques… est que rien ne se passe ensuite », a indiqué M. Miller. À la Chambre des communes, tous et toutes doivent consentir afin que le gouvernement canadien et ses institutions utilisent ce terme. Cela dit, le ministre a ajouté qu’il a confiance envers le changement de culture : « j’ai bon espoir, avec la visite du pape, que cela fera tourner l’esprit des gens qui ne pensent pas à ces questions tous les jours. »

De plus, malgré le travail de réconciliation qu’il reste à faire, l’optimisme semble au rendez-vous chez les Premières Nations. Le Journal de Québec soutient que Ghislain Picard, Chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, en a fait part à la suite d’une rencontre privée avec le pape François : « le pape a dit que ce n’est pas un voyage qui doit être isolé dans le temps. Il doit y avoir une suite. Je pense que sans l’avoir dit clairement, le gros du travail à poursuivre est maintenant entre les mains de ses représentants à travers le Canada, la Conférence canadienne des évêques catholiques ».

Et pour la ville de Québec?

Le séjour du Saint-Père à Québec était une occasion favorable pour les commerçants. Des pèlerins d’un peu partout à travers le monde visitaient la ville et devaient utiliser les services touristiques. Le directeur général de l’association touristique Destination Québec cité (DQc), Robert Mercure, s’est dit satisfait des revenus générés par l’évènement. Dans une entrevue avec le quotidien Le Soleil, il mentionnait que la visite du chef de l’Église catholique a été à la hauteur de ses attentes. « Nous avions prévu un mois de juillet aux alentours de 70 % d’occupation. Là, on joue solide dans le 85 % et plus. On a vu la hausse de la demande dès l’annonce de la venue du pape », soutient-il. Selon lui, cette visite a permis de revenir au niveau d’achalandage prépandémique.

Toutefois, l’Association hôtelière de la région de Québec (AHQ) ne perçoit pas la situation de la même façon. D’après les données du groupe, environ 20 % des chambres étaient toujours vacantes. La présidente Alupa Clarke expliquait à ICI Québec que la septième vague de la pandémie est peut-être l’une des raisons, tout comme les difficultés liées à la circulation.

Néanmoins, la capitale de la province a fait les manchettes dans plusieurs médias autour du globe. Cette visibilité internationale risque d’être bénéfique pour les entreprises dans les années à venir.  


Crédit image @Nacho Arteaga

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