Ven. Jan 27th, 2023

Par Vicky Constantineau

Sorcellerie, procès, pendaison : l’histoire de la ville de Salem nous transporte dans un univers plutôt macabre, où une centaine de personnes furent emprisonnées, plusieurs torturées et une vingtaine condamnées à mort. Située à moins de 25 km au nord de Boston, la ville de Salem vaut clairement un détour, particulièrement à ce temps-ci de l’année, alors que les commémorations de cet évènement historique sont présentes un peu partout.

L’épisode des sorcières de Salem a lieu en 1692, dans un contexte où l’église puritaine domine la presque-totalité des sphères d’activités. Les puritains, arrivés sur le territoire des États-Unis en 1620 à bord du Mayflower, imposent leur religion à la population. Les dissidents religieux n’ont pas leur place, ils sont au contraire sévèrement réprimés. Au XVIIe siècle, nous sommes également dans un contexte où la sorcellerie est un phénomène pris au sérieux, qui fait peur et inquiète la population. Nombre de femmes sont pointées comme étant des sorcières, pour des raisons aussi banales que la pratique de la médecine. Ainsi, elles sont perçues comme des femmes avec des pouvoirs surnaturels, souvent associées au démon. C’est ce qui explique que les femmes accusées de sorcellerie soient ainsi réprimées par la société.

Dans le cas des sorcières de Salem, tout a commencé par de fausses accusations. Certaines femmes, présentant elles-mêmes des signes de démence, accusent à l’aveuglette trois jeunes femmes d’être des sorcières. Leurs propos seront pris au sérieux, et les accusées seront condamnées et exécutées. Une hystérie collective s’empare de la ville et les accusations se multiplient. On verra rapidement les prisons se remplir d’individus accusés d’être des sorciers, des magiciens, ou encore des alliés de Satan. La première personne à passer devant les tribunaux fut Bridget Bishop, reconnue coupable et exécutée le 10 juin 1692. C’est officiellement un peu plus de 200 personnes qui furent emprisonnées pour attendre leur procès à Salem. Parmi ces personnes, 19 ont été exécutées par la pendaison : treize femmes et cinq hommes. En vérité, aucune d’entre elles n’était coupable de quelque crime que ce soit.

L’incohérence des accusations allait faire en sorte que ce tollé perdra rapidement de son engouement. Bien vite, la population et les autorités réalisèrent le non-sens que cela avait. Le gouverneur William Phipps entreprit la dissolution de la cour en octobre 1692 et ainsi, les procès de ce type étaient bannis. Samuel Sewale, membre du jury pendant cette période, reconnaît publiquement sa faute et celle des autres pas moins de 10 ans plus tard.

Aujourd’hui, cet épisode historique est utilisé par la ville de Salem pour susciter le tourisme. On y retrouve entre autres plusieurs musées relatant les évènements. Parmi ces derniers, deux semblent valoir le détour plus que les autres : le Salem Witch Museum et The witch house. Le premier propose le visionnement de plusieurs scènes permettant de comprendre les évènements. On y explique également la place de la sorcellerie à l’époque. Le second est un bâtiment de l’époque, c’est d’ailleurs le seul à avoir été conservé. C’est également la maison d’un des juges ayant participé au procès, soit Jonathan Corwin, ce qui ajoute à son intérêt.

La ville de Salem me semble être un lieu touristique plutôt intéressant à visiter, afin de revivre les évènements de 1692. Il est étonnant de constater la place de la sorcellerie à l’époque, mais surtout la peur que cette dernière engendrait chez la population. Alors que pour nous, ce monde ne représente que de la fantaisie, il représentait, pour les habitants de Salem au XVIIe siècle, une réelle menace.


Crédit photo © i-vox.net

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