Sam. Fév 24th, 2024

Par Lili-Jeanne Pothel 

La Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations dénonce le non-respect du principe de Jordan par le retard du gouvernement fédéral à traiter les demandes d’aide émises par les familles des Premières Nations.  

Le principe de Jordan « vise à permettre à tous les enfants des Premières Nations vivant au Canada d’avoir accès aux produits, aux services et aux mesures de soutien nécessaires au moment où ils en ont besoin », tel que formulé par le gouvernement fédéral du Canada. Il dicte également qu’en cas de désaccord entre les paliers gouvernementaux, le fédéral et le provincial sont tous les deux responsables de venir en aide aux enfants autochtones touchés.  

Ce principe est peu respecté par les gouvernements, qui tardent à traiter les demandes de soutien des familles des Premières Nations, notamment au fédéral. Les demandes urgentes émanant des Premières Nations doivent être traitées dans un délai de 48 h. Pourtant, plus de 3 000 demandes en provenance de la Colombie-Britannique sont actuellement non traitées, et ce, seulement depuis juillet 2023.  

« La situation est devenue si désastreuse que l’organisme a commencé à en payer lui-même les coûts », affirme Cindy Blackstock, directrice générale de la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations du Canada. 

En date du 12 janvier 2024, l’organisme s’est vu réclamer un meilleur traitement de ses demandes lors d’une déclaration sous serment au Tribunal canadien des droits de la personne.  

Un système qui laisse sans réponse 

David Taylor, avocat pour la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations, dénonce l’inaction de Services aux Autochtones Canada dans le traitement des demandes urgentes. Selon lui, il s’agit « d’un problème systémique et structurel assez important dans la réponse du gouvernement en ce moment ». 

Il souligne plusieurs problèmes liés au manque de services, dont la ligne téléphonique du Centre national pour le principe de Jordan. Ce service, accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, laisse plusieurs familles des Premières Nations sans réponse et dans l’incapacité de rejoindre un agent.  

Pour ce dernier, il est temps de mettre en place des programmes qui répondent efficacement aux besoins des communautés autochtones. Ce n’est pas la première fois que le gouvernement fédéral se fait reprocher une mauvaise organisation dans les offres aux peuples autochtones. 

En effet, l’automne dernier, au moment de la réforme du système de protection de l’enfance, le Canada s’est fait reprocher de faire preuve de discrimination à l’égard des enfants des Premières Nations, principalement en vertu du principe de Jordan.  

Pour l’instant, la cause de la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations a été présentée devant le Tribunal canadien et devrait être entendue vers la fin du mois d’avril prochain. 


Source: Encyclopédie Canadienne

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