Lun. Avr 22nd, 2024

Par Émilie Oliver 

Le 8 mars dernier marquait la Journée internationale des droits des femmes. Alors que les avancées sociales se sont multipliées au fil du temps, les femmes ont également su faire leur marque au sein du sport. Bien que le progrès ait été considérable, il n’est toujours pas terminé. 

Là où on a commencé 

Ce n’est qu’au début du XXe siècle que les femmes ont osé s’aventurer sur le terrain de jeu. En premier, elles s’imposent au sein de disciplines telles que le tennis, la natation et le golf, mais se heurtent aux préjugés et aux stéréotypes de l’époque. Alors que le sport est exclusivement réservé aux hommes, le cran dont font preuve les pionnières de leurs disciplines respectives provoque réactions et résistances au changement. Cela n’empêche pas certaines athlètes de se hisser au sommet des podiums dès 1920, alors que Marie-Anne Utéza remporte le championnat provincial de tennis. Un peu plus tard, l’histoire se souvient de Germaine Delapierre, nageuse émérite qui s’est démarquée dans les années 1930.  

Les athlètes féminines ont dû s’accrocher à une persévérance et une résilience importante dans les décennies suivantes, alors que les avancées majeures se sont fait attendre. Effectivement, les années 1950 et 1960 ont vu l’émergence de talents féminins dans les sports d’équipe et traditionnellement considérés comme masculins, tels que le hockey sur glace et le basketball. Malgré le manque de structure et de soutien organisationnel, les équipes féminines voient le jour.  

Les Jeux olympiques, moteur de changement 

L’an 1900 marque la première participation des femmes aux Jeux olympiques de Paris. Sur un total de 997 athlètes, 22 femmes participent à un total de 5 disciplines : le tennis, la voile, le croquet, l’équitation et le golf.  

Au Québec, il faudra attendre jusqu’en 1976 pour que Montréal accueille pour la première fois les Jeux olympiques. L’accessibilité de disciplines multiples, pratiquées au plus haut niveau dans la métropole québécoise, renforce alors l’intérêt des femmes pour le sport féminin. Trois quarts de siècle après l’arrivée des athlètes féminines au sein des Jeux, elles composent plus de 20 % des athlètes présents (6 084 au total) dans 21 sports. Parmi celles-ci, la gymnaste roumaine Nadia Comăneci marque l’histoire, à l’âge de 14 ans et 8 mois, alors qu’elle devient la première à obtenir une note parfaite de 10 dans le cadre d’une compétition olympique.  

Alors que les années avancent, les femmes progressent de plus en plus et réussissent à se tailler une place importante au sein de leurs disciplines respectives. 

Et aujourd’hui?  

Aujourd’hui, il est bien connu que la grande majorité des filles ne poursuivent pas le sport après l’adolescence. En fait, le gouvernement québécois, en 2019, estimait qu’à peine 15 % des filles de 12 à 17 ans seraient actives durant leurs loisirs. Pour remédier à ce problème, plusieurs initiatives de mobilisation des filles dans le sport telles que le programme Fillactive, la Lancée, en plus de plusieurs programmes locaux, communautaires, scolaires et parascolaires ont vu le jour.  

Ces initiatives visent entre autres à déconstruire les stéréotypes de genre et à promouvoir l’égalité des sexes, qui est même parfois ancrée profondément dans les esprits féminins.  

Le hockey féminin, grande réussite au Québec 

Le sport adoré des Québécois a connu une croissance phénoménale au niveau féminin. Effectivement, il est impossible de passer sous silence l’impact que les hockeyeuses québécoises telles que Marie-Philip Poulin, Caroline Ouellette, Ann-Renée Desbiens et plusieurs autres ont eu sur le développement du sport au Québec. L’aboutissement de la LPHF, projet issu de la communauté du hockey féminin, pour lequel les femmes se sont mobilisées démontre l’intérêt et l’importance des ligues du plus grand calibre pour que les athlètes féminines puissent évoluer.  

Alors que le sport était autrefois réservé aux hommes et que plusieurs mentionnaient ne pas avoir d’intérêt à voir des femmes s’y prêter, la LPHF prouve fautifs tous ceux qui en ont douté : la grande majorité des rencontres sont complètes, alors que les spectateurs s’arrachent les billets en quelques minutes seulement. Le match du 16 février dernier, opposant Toronto à Montréal, a été déplacé au Scotiabank Arena, domicile des Maple Leafs, qui peut accueillir plus de 19 000 spectateurs. Le record d’assistance a été établi, présentant une salle comble pour l’occasion.  

Sur la scène internationale?  

Évidemment, le mouvement collectif incluant les femmes dans le sport s’installe sur la scène mondiale. Les femmes continuent de repousser les limites et de se montrer à la hauteur de leurs homologues masculins. Au basketball, entre autres, pensons à la talentueuse Caitlin Clark, qui évolue actuellement dans la Division 1 de la NCAA pour les Hawkeyes de l’Iowa et pour qui les offres universitaires ont plu avant même d’entrer à l’école secondaire. Plusieurs la considèrent même comme étant un talent générationnel, alors qu’elle continue de fracasser bon nombre de records de l’Université d’Iowa historiquement établis par des hommes.  

La saison de la NBA 2023-2024 a également marqué l’histoire par la première confrontation entre deux lanceurs de précision de trois points lors de la fin de semaine All-Star. Effectivement, pour la première fois, les spectateurs ont eu droit à une lutte échaudée entre les deux des meilleurs marqueurs derrière la ligne de trois points : Sabrina Ionescu, la détentrice du record pour la compétition de trois points, et Stephen Curry, le détenteur du plus grand nombre de trois points comptés en carrière. Bien que Curry l’ait emporté par un minime point, Ionescu a mis la pression avec une impressionnante performance de 26 points. Cette compétition rappelle encore une fois que le sexe n’a pas d’importante : « Si tu es un shooter, tu peux lancer. Peu importe qui tu es. Il n’y a pas de limite. », rappelait Ionescu à la conférence de presse suivant la compétition.  


Source: Pexels

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Cheffe de pupitre SPORTS ET BIEN-ÊTRE pour le Journal Le Collectif | Site web