Mer. Fév 21st, 2024

Par Josiane Demers

Le 7 juillet dernier, après un nombre sans précédent de démissions au sein de son parti, Boris Johnson, alors premier ministre conservateur de l’Angleterre, s’est vu forcé de remettre sa démission. Après trois années au pouvoir, il laisse son pays et sa formation politique dans un état manifestement affaibli.

Malgré des contestations des partis d’opposition et de plusieurs conservateurs, le chef déchu souhaite demeurer en poste jusqu’au prochain scrutin, en octobre. Ses détracteurs souhaitent plutôt un chef par intérim avant les prochaines élections.

Dérapages et scandales

En juillet 2019, Boris Johnson a été choisi par les membres de son parti pour succéder, par intérim, à Theresa May, ayant démissionné après n’avoir pu faire aboutir les négociations entourant le Brexit.

Quelques mois plus tard, il a déclenché des élections et son parti a remporté une majorité des sièges à Westminster, après une campagne promettant de régler le dossier litigieux et complexe du Brexit.

Cependant, bien qu’il ait tenu sa promesse face à cet enjeu, Johnson et les conservateurs, en plus d’être sévèrement critiqués sur leur gestion de la pandémie, n’ont cessé de cumuler les frasques. 

Ils ont affaibli significativement les relations avec l’Union européenne et l’Irlande. C’est sans compter sa gestion de l’inflation inefficace, selon Radio-Canada Info.

Le rapport du Party Gate, paru le 25 mai dernier, a grandement éclaboussé les Tories et leur chef. Rappelons, comme il l’est rapporté dans l’Express, que le parti avait organisé des fêtes arrosées durant la pandémie, au 10 Downing Street, résidence du premier ministre. Cela alors que la population se voyait imposer des confinements et des mesures sanitaires strictes. De plus, Reuters rapporte que depuis avril dernier, plusieurs députés de la formation au pouvoir ont été visés par des accusations d’inconduites et d’agressions sexuelles.

S’accrocher malgré une perte de confiance?

Rappelons que le système politique anglais est très similaire à celui du Canada. La confiance est un principe de base important de ce dernier. Suivant le scandale du Party Gate, plusieurs membres du parti conservateur, ainsi qu’une majorité de la population, semblaient avoir perdu confiance en Boris Johnson.

C’est le 6 juin dernier, selon Le Devoir, que le premier ministre a dû faire face à une motion de défaillance, soit un vote de confiance, qu’il a remporté, mais seulement à 60 %. Bien qu’il ait sauvé son poste, cela laissait entrevoir les divisions chez les conservateurs. Il s’est accroché au pouvoir malgré ce résultat peu convaincant. Soulignons que Theresa May avait remis sa démission en 2018 à la suite d’un résultat plus favorable.

Le 1er juillet dernier, un autre scandale sexuel a éclaté chez les Tories, ce qui a été la goutte de trop pour le ministre de la Santé et le ministre des Finances qui ont remis leur démission le 5 juillet. Encore une fois, Johnson a réitéré son intention de rester au pouvoir.

Finalement, selon La Presse, le 7 juillet, une soixantaine de membres du parti ont également remis leur démission invoquant entre autres une perte de confiance. Un tel exode ne s’est jamais produit au parlement anglais. Boris Johnson s’est enfin rendu à l’évidence et s’est résigné à se retirer après un mandat chaotique.


Crédit image @Pexels

FORMER ET INFORMER / Le Collectif a pour mission de rapporter objectivement les actualités à la population et d’offrir une tribune à la communauté étudiante de Sherbrooke et ses associations. Toutes les déclarations et/ou opinions exprimées dans les articles ou dans le choix d’un sujet sont uniquement les opinions et la responsabilité de la personne ou de l’entité rédactrice du contenu. Toute entrevue ou annonce est effectuée et livrée dans un but informatif et ne sert en aucun cas à représenter ou à faire la promotion des allégeances politiques ou des valeurs éthiques du journal Le Collectif et de son équipe.

By