Mar. Fév 7th, 2023

Par Gabrielle Goyet

Lorsque les personnes étudiantes magasinent leur future université, plusieurs choisissent de s’établir à Sherbrooke en raison de la vie de campus. L’Oktoberfest Sherbrooke, ou « l’Okto » pour la gent initiée, est vraisemblablement l’événement étudiant le plus incontournable. Pour son 20e anniversaire, force est d’admettre que ce rassemblement traditionnel a fait son retour en puissance.

En raison du contexte pandémique, l’Oktoberfest avait pris une pause forcée en 2020 et 2021. Les contraires sociosanitaires auraient permis un rassemblement de moindre envergure l’an dernier, mais il était clair pour le comité organisateur qu’il valait mieux mettre en veilleuse les activités. En effet, il était plus logique d’attendre d’être à pleine capacité pour le grand retour de l’Okto, qui coïncidait avec son 20e anniversaire.

Ce sont donc 24 personnes qui se sont activées à organiser cette édition bien spéciale pour 2022. Fidèle à la tradition, le comité organisateur (CO) était formé exclusivement de personnes étudiantes de l’Université de Sherbrooke, issues de facultés différentes. À cela se sont ajoutés environ 200 bénévoles, en tout et partout, qui se sont impliqués dès le mercredi précédant l’événement. Une expérience d’une telle envergure demande que beaucoup de gens mettent la main à la pâte. Le CO le sait bien, et c’est pourquoi il récompense financièrement les associations et initiatives étudiantes qui s’impliquent, et ce depuis plusieurs années déjà.

Mais c’est quoi, l’Okto ?

L’Oktoberfest Sherbrooke, c’est une expérience bavaroise étudiante sans pareil. C’est également le plus gros party thématique universitaire au Canada : c’est une occasion pour la population étudiante de s’approprier la fête traditionnelle allemande de la bière. Entre les OktoGames, les combos choucroute-saucisse et la musique traditionnelle, même ceux n’ayant jamais mis le pied en Allemagne y sont transposés le temps d’une soirée. L’Okto, c’est surtout 7 000 personnes participantes et près de 20 000 litres de bière.

Lorsque questionnée sur la question, la vice-présidente aux communications parle de l’événement avec des étoiles dans les yeux : « L’Oktoberfest Sherbrooke, pour plusieurs personnes étudiantes, c’est un événement marquant dans leur parcours universitaire ». En effet, ce rassemblement légendaire, c’est aussi une occasion de créer des souvenirs, de rencontrer de nouvelles gens et de lier de nouvelles amitiés.

Cette 20e édition, plus que d’habitude, a fait ressortir la nostalgie des anciens : « Plusieurs personnes nous ont écrit pour nous dire qu’ils étaient là au 10e de l’Okto, et qu’ils revenaient à Sherbrooke cette année spécialement pour le 20e anniversaire », témoigne-t-elle. Cette veillée festive a réellement fait office de conventum pour certains.

Hymne à la bière

Cette année, en plus de la fanfare qui s’est animée au rythme des mélodies bavaroises, la foule a eu la chance d’assister à une prestation des AGEG band, des DJ Playmo et Saysana. Ce qui a volé l’attention, c’est toutefois la tête d’affiche de l’événement : Orloge Simard. Symbole de l’indécence et de l’irrévérence, ce groupe anticonformiste était attendu avec impatience. Dans son art choquant, la brigade saguenéenne a su faire vibrer la masse qui chantait en chœur les paroles d’Hymne à la bière.

Lorsque questionné sur ce qui a motivé le groupe à performer à l’Okto, Orloge Simard répond qu’ils ont embarqué dans l’aventure : « pour que les futurs finissants et finissantes de l’Université de Sherbrooke forment une éventuelle société de dépravés qui promeut les plus hautes vertus du Chaumarisme. » Cette réponse témoigne clairement de leur excentricité.

Repose en paix, Nuit des bocks

Si certains éléments de l’Okto sont demeurés inchangés malgré ces deux années de pandémies, d’autres ont changé du tout au tout. La Nuit des bocks, notamment, a brillé par son absence. Avant 2020, il était

coutume que le lundi précédent l’Oktoberfest, entre 500 et 600 fêtards bien motivés de la Faculté de génie fassent une nuit blanche afin d’obtenir leur bock tant espéré. Durant cette longue nuit, activités et animation étaient au menu au plus grand plaisir des personnes qui y participaient.

« Les choses ont bien changé dans le milieu de l’événementiel depuis la dernière édition de 2019, dont en ce qui a trait au rapport à la technologie. Le Centre des Foires s’est muni de sa propre billetterie en ligne, qui sert pour tous les événements qui ont lieu à cet endroit. », explique la VP aux communications. Le CO n’a en effet pas pris cette décision à la légère, mais pour maintenir la capacité de 7 000 personnes, aucune autre salle en ville n’aurait pu convenir. « La mythique Nuit des bocks, ce fut autrefois un incontournable, mais malheureusement on n’avait pas le choix de travailler avec ces paramètres-là. La décision d’en faire l’arrêt a donc été facile ».

D’autres changements structurants

Une nouveauté s’est ajoutée cette année, soit la création d’une équipe « événement responsable ». Cette initiative est née d’un souci d’être plus écologique dans l’organisation de l’événement, mais également plus responsable au niveau social. Cette équipe de quatre personnes est dédiée à cette réflexion.

« L’année prochaine, l’Okto risque de beaucoup changer. L’équipe événement responsable a de grandes ambitions en ce qui a trait aux dimensions sociales et environnementales de l’événement », explique la VP aux communications, qui a également la charge de ce sous-comité. Un sondage devrait par ailleurs suivre peu après l’édition 2022 pour recueillir les commentaires des personnes participantes à cet effet, pour bien cerner ce qu’il faut améliorer et prioriser. Ce sondage mènera à un plan d’action qui sera publié par la suite.

Pour concrétiser ce plan, cela demandera des personnes motivées pour s’impliquer dans le prochain CO de l’édition 2023. Après trois ans de contribution à l’Okto, la VP aux communications lance un appel pour trouver de nouvelles personnes motivées. Cette implication a été des plus formatrices pour elle : « C’est probablement la plus grosse implication que j’ai prise durant mes études. Ce projet a été tout aussi, si ce n’est pas plus, formateur que les apprentissages sur les bancs d’école pour moi. Contribuer à organiser l’Okto, ça m’a vraiment propulsée dans mes compétences ».

Prost !


Crédit image @Voltaic

FORMER ET INFORMER / Le Collectif a pour mission de rapporter objectivement les actualités à la population et d’offrir une tribune à la communauté étudiante de Sherbrooke et ses associations. Toutes les déclarations et/ou opinions exprimées dans les articles ou dans le choix d’un sujet sont uniquement les opinions et la responsabilité de la personne ou de l’entité rédactrice du contenu. Toute entrevue ou annonce est effectuée et livrée dans un but informatif et ne sert en aucun cas à représenter ou à faire la promotion des allégeances politiques ou des valeurs éthiques du journal Le Collectif et de son équipe.

Gabrielle Goyet
Auparavant cheffe de pupitre CAMPUS (automne 2022) pour le journal Le Collectif

Gabrielle est une étudiante à la maitrise en politique appliquée, cheminement recherche avec rédaction. Outre pour le côté académique, elle affectionne l’écriture pour l’aspect émancipateur de la chose.

Pour elle, c’est à la fois un défi et un divertissement d’être informée de tout ce qui se passe sur le campus. Autrefois Vice-Présidente aux affaires internes à la Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke (FEUS), elle n’en est pas à sa première fois lorsqu’on parle de couvrir les événements des divers campus de l’UdeS. Si elle adore échanger dans les 5 à 8, elle prend également un grand plaisir à fréquenter les activités culturelles et politiques de notre université. Étant très extravertie, c’est avec joie que Gabrielle se renseigne sur les projets étudiants développés au sein de sa communauté.

Gabrielle a quitté l'équipe de rédaction du journal pour d'autres aventures professionnelles à l'hiver 2023.