Jeu. Juin 13th, 2024

Par Vincent Giangioppi 

Le 25 mai dernier, le fameux stade San Mamés de Bilbao a été le théâtre de l’une des plus belles soirées dans l’histoire récente du soccer espagnol, et ce tous genres confondus. Le Collectif était sur place pour assister à ce match. 

C’est une marée bleue et rouge qui s’est dirigée vers le San Mamés, église du foot basque, pour supporter le FC Barcelone Femeni lors de la finale de la Ligue des Champions féminine, face à l’Olympique Lyonnais. Alors que les finales de compétitions européennes sont habituellement jouées sur terrain neutre, la proportion extrêmement élevée de partisans barcelonais donnait réellement des allures de match à domicile à la confrontation. 

Fidèle à ses habitudes, le Barça a imposé son rythme grâce à un jeu de possession, très caractéristique de l’ADN catalan du club. On y a retrouvé plusieurs combinaisons intéressantes dans le jeu, notamment du côté droit entre la défenseuse latérale Lucy Bronze, la milieu de terrain Aitana Bonmati et l’ailière Caroline Graham Hansen. Cette dernière fut d’ailleurs la joueuse la plus menaçante lors de la première mi-temps, percutant la défense lyonnaise à plusieurs reprises à l’aide de ses dribbles et de sa vitesse. Pour sa part, Bonmati a encore une fois montré pourquoi elle était la championne en titre du Ballon d’Or, jouant comme un électron libre au milieu du terrain et dictant le jeu avec la plus grande classe.  

Malgré tout, les joueuses de l’OL ont grandement limité les dégâts lors des premières quarante-cinq minutes. Leur avantage en termes de taille les a aidés à remporter bon nombre de duels aériens dans les deux surfaces. La charnière centrale composée de la capitaine Wendie Renard et de la Québécoise Vanessa Gilles s’est avérée impériale, stoppant plusieurs attaques catalanes, mais se procurant également des opportunités sur coups de pied arrêtés. Quelques bonnes contre-attaques ont également su donner la frousse aux Catalanes, mais plus de peur que de mal. 

Le triomphe du beau jeu 

Au retour de la mi-temps, l’entraîneur barcelonais, Jonathan Giraldez, a effectué un petit ajustement tactique qui a permis à son équipe de débloquer le match. On a en effet vu l’avant-centre Mariona Caldentey et l’ailière Salma Paralluelo permuter. Avec ses déplacements dynamiques dans l’axe, Paralluelo a été en mesure d’attirer la défense lyonnaise, ce qui a créé des espaces pour ses coéquipières et ce qui a ultimement mené à l’ouverture du score. Caldentey, désormais sur l’aile gauche, a bien été trouvée entre deux lignes par la milieu, Patricia Guijarro. Elle a ensuite délivré un magnifique petit ballon piqué entre deux joueuses pour Aitana Bonmati, qui a conclu une superbe course. Un score de 1-0 à la 63e minute : le stade explose de joie, conquis par la magnifique confrontation auquel il vient d’assister ! 

Le momentum du match a plutôt changé après ce but, l’OL obtenant de plus en plus de possession et d’occasions de marquer. L’entrée de l’attaquante norvégienne Ada Hegerberg leur a fait un grand bien, elle qui a causé plusieurs problèmes à la défense catalane à l’aide de sa taille et son jeu aérien. Les Lyonnaises ont multiplié les centres dans la surface de réparation, mais ça n’a toutefois pas été suffisant pour trouver le fond du filet.  

Peu après le début du temps additionnel, le Barça a procédé à un double changement. L’attaquante Claudia Pina a d’abord pris la place de Caldentey, puis la milieu Keira Walsh a laissé son poste à la légendaire Alexia Putellas. Lauréate du Ballon d’Or en 2021 et en 2022, Putellas a eu de nombreux problèmes avec les blessures durant les deux dernières années, devant se remettre notamment d’une déchirure du ligament croisé antérieur. Malgré les pépins physiques, la milieu de trente ans a su démontrer, lors de son petit caméo, que la classe est permanente. En effet, les deux remplaçantes vont combiner lors d’une contre-attaque, avec Pina trouvant Putellas en retrait. Cette dernière a envoyé un missile dans le haut du but qui n’a laissé aucune chance à la gardienne Christiane Endler. C’était maintenant 2-0, et pour une deuxième année consécutive, le FC Barcelone Femeni est champion d’Europe. 

Cela signifie donc que cette équipe a réalisé un quadruplé de titres cette saison, remportant tous ceux qui étaient à sa disposition. Elle est d’ailleurs en route pour réaliser une saison sans défaite à domicile, possédant actuellement une fiche de vingt-sept victoires et un match nul. Il reste deux matchs à jouer à la saison. L’équipe a également triomphé lors du tournoi Copa de la Reina ainsi qu’à la Supercopa espagnole. Il s’agit de la première fois dans l’histoire du football, toutes catégories confondues, qu’un quadruplé de la sorte est réalisé. En rajoutant à cela le fait que la sélection féminine a remporté la Coupe du Monde de la FIFA l’année dernière, il semble visiblement que l’Espagne est dans une phase d’hégémonie totale sur le soccer féminin.  

« Més que un club » 

Mis à part les performances sur le terrain, il est important de mettre en lumière l’ascension fulgurante du succès du soccer féminin lors des dernières années. La finale à Bilbao, à laquelle pas moins de 50 900 personnes ont assisté, représentait un record d’assistance pour une finale de Ligue des Champions féminine. Le FC Barcelone Femeni repousse par ailleurs régulièrement ses limites, ayant l’année dernière tenu des matchs à guichet fermé au fameux Camp Nou, dont la capacité frôle les 100 000 personnes. Cette équipe est non seulement en train d’écrire l’histoire du soccer féminin sur le terrain, mais en dehors de celui-ci aussi. Alors que l’organisation du FC Barcelone vit présentement des moments extrêmement difficiles au niveau financier et que l’équipe masculine connaît moins de succès sportif qu’auparavant, l’équipe féminine représente une réelle lumière en ces temps plus sombres de l’histoire des Blaugranas. Le support derrière cette équipe est indéniable, et il est franchement magnifique à constater. Vivement le FC Barcelone Femeni, et surtout, vivement le foot féminin ! 


Source: FC Barcelona German Parga

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