Jeu. Juil 18th, 2024

Par Yanick Pinard 

Les Jeux olympiques de Pékin 2022 se terminaient le dimanche 20 février dernier, mais les échos de dopage continuent d’alimenter l’actualité. Si le dossier de la patineuse russe Kamila Valieva, 15 ans seulement, fait couler beaucoup d’encre en raison d’un contrôle positif à la trimétazidine, il faut surtout regarder vers le passé pour saisir que le dopage est avant tout un phénomène étatisé dans certains pays. 

Le cas Valieva 

Un nom qui demeure sur toutes les lèvres, même après la cérémonie de fermeture de la vingt-quatrième Olympiade hivernale, est celui de la jeune patineuse artistique Kamila Valieva, qui compétitionnait pour le Comité olympique russe (ROC). Valieva a reçu un test positif à la trimétazidine le 25 décembre dernier. Cette molécule est interdite depuis 2014 par l’Agence mondiale antidopage puisqu’elle augmente considérablement la circulation sanguine. La patineuse n’a même pas été écartée de la compétition en raison d’un délai de l’agence mondiale antidopage, bien qu’elle ait reçu initialement une « suspension » de l’Agence russe antidopage.  

Cette suspension a été levée pour permettre à la jeune femme de participer aux Jeux olympiques de Pékin qui débutaient le 4 février. C’est d’ailleurs de fréquents cas de dopages sportifs qui avaient incité l’Agence mondiale antidopage (AMA) à bannir les athlètes russes d’une participation aux Jeux olympiques sous le nom de « Russie », en 2014. 

Le dopage étatisé toujours aussi populaire 

À la suite des Jeux olympiques d’hiver de Sotchi de 2014, où il a été révélé qu’au moins une quarantaine d’athlètes russes avaient échoué un test antidopage, l’Agence mondiale antidopage demandait au Comité international Olympique (CIO) que les athlètes russes ne puissent participer aux compétitions sportives, à moins de prouver que leur corps soit vierge de produits dopants. Les athlètes russes ne compétitionnent d’ailleurs pas officiellement sous le drapeau de leur pays à la suite de ces révélations. D’autres athlètes russes ont mené des tests positifs à des produits dopants depuis et il ne serait pas surprenant que d’autres tests s’avèrent positifs.  

C’est souvent le cas des mois, voire des années plus tard, pour des athlètes de partout ayant triché en vue de compétitions internationales et olympiques. Tout cela ramène à l’épineux dossier du dopage étatisé. Grâce à la déclassification d’archives de l’ancienne République allemande démocratique (RDA) au tournant du nouveau millénaire, il est prouvé que plus de 10 000 athlètes de l’ex-Allemagne de l’Est avaient été forcés de devenir cobayes d’un stratagème national de dopage planifié par la police d’État (STASI) lors des années 1970 et 1980 et que plusieurs avaient depuis souffert de problèmes de santé.  

Il y a là une filiation évidente avec la Russie d’aujourd’hui et il est possible de se demander jusqu’où iront certains pays dans leur quête de domination sportive.  

C’est ce qui demeure inquiétant lorsqu’on sait que la Ligue nationale de hockey (LNH) ne teste pas ses athlètes et qu’il en sera de même pour la ligue de baseball majeure (LMB) à compter de la prochaine saison. 


Crédit image @ Kamila Valieva, page Facebook

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