Sam. Juil 20th, 2024

Par Marilys Beaudoin 

Devant notre société prônant la diversité de genres et l’égalité des sexes, notre langue se moule aux combats sociaux et tente de militer contre l’exclusion et la discrimination par l’élaboration de la rédaction inclusive. Afin de mettre en lumière l’inclusion des sexes dans ses communications, l’Université de Sherbrooke a mis en place un Guide de rédaction inclusive. 

D’abord, qu’est-ce que la rédaction inclusive? L’Office québécois de la langue française mentionne que : « L’écriture inclusive cherche à éviter les mots marqués en genre, lorsqu’il est question de personnes, sans toutefois faire appel à des néologismes, au contraire de la rédaction non binaire. Elle permet de s’adresser à des groupes diversifiés (pour que chaque membre s’y sente inclus), aux personnes dont on ignore le genre ou aux personnes non binaires ». 

Sensibiliser à l’inclusion dans les communications 

La rédaction épicène, une approche globale d’écriture qui privilégie une représentation équitable des femmes et des hommes, était déjà ancrée dans les écrits de l’Université depuis bientôt 15 ans par l’entremise du Guide relatif à la rédaction épicène : respect des genres masculin et féminin. Devant son engagement à soutenir la diversité, l’équité et l’inclusion pour l’ensemble de la communauté universitaire, le guide a été révisé de sorte à représenter toute personne étudiante sans discrimination, tentant de ne léser personne dans ses communications. 

Une nouvelle UdeS du 10 janvier 2022 mentionne : « [Le guide] privilégie l’emploi d’une langue qui soit plus neutre et qui recourt à des formes favorisant la lisibilité des textes. Il présente différents outils et exemples pour améliorer les pratiques de rédaction inclusive, et s’adresse à toutes les personnes de l’UdeS appelées à communiquer auprès de leurs pairs ». 

Dans une entrevue avec Le Collectif, Nadine Vincent, professeure du Département de communication de la Faculté des lettres et sciences humaines, reconnaît le défi, voire l’impossibilité d’établir un type de rédaction qui satisferait tout le monde. Personnes non binaires, femmes, personnes présentant des limitations quant à la maîtrise de la langue et bien d’autres, les besoins sont à la fois nombreux et varient selon les difficultés et les combats. La rédaction inclusive semble être celle dont la sensibilité satisfait le plus grand nombre. 

L’inclusion : un combat au quotidien 

Malgré l’importance du message quant à la sensibilisation et l’inclusion que transmet l’Université avec la mise en place du Guide de rédaction inclusive, il n’en demeure pas moins que « la vraie discrimination, c’est partout dans la société qu’il faut la traquer si l’on veut la voir disparaître de la langue et voir s’amorcer de véritables et profonds changements de mentalités », mentionne la professeure Vincent dans une Nouvelle UdeS publiée en janvier 2022. 

Elle souligne également que le français est une langue genrée et que l’équilibre est ténu entre le besoin de sensibiliser à l’inclusion et ne plus oser écrire devant le risque de blesser des personnes, risque qui reste présent. Il faut donc éviter que l’écriture inclusive ne devienne tellement obsédante qu’elle échappe à l’information. 

Consulter le Guide de rédaction inclusive de l’UdeS.  


Crédit image @ UdeS, Guide de rédaction inclusive

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