Mar. Mai 30th, 2023

Par Nicolas Dionne

Travaillant d’arrache-pied jour après jour afin de jouer au niveau professionnel, Tommy Roadley-Trohatos ne s’est jamais abaissé aux détracteurs qui ne croyaient pas en lui. Sa première saison au Mexique l’hiver dernier reflète parfaitement cette attitude.

Attendant patiemment un contact d’une équipe de la Ligue canadienne de football (LCF) au mois de janvier 2021, c’est avec un appel provenant de Noah Whittle, représentant pour l’agence TopArk, tard après un entraînement que Tommy a saisi l’opportunité qu’il chérissait tant.

« Je commençais à être désespéré au moment de l’appel. C’est à ce moment-là que je me suis demandé si j’allais avoir une chance de jouer pro. J’ai juste décidé d’aller de l’avant. Je m’étais toujours fait dire non et à cause du fait qu’il y avait seulement une équipe professionnelle qui voulait m’avoir, je n’avais pas le choix de sauter dans l’avion et d’aller jouer au foot là-bas. »

Trois heures après cet appel inespéré, un appel Facetime et une discussion sérieuse avec l’entourage de l’équipe, l’ancien capitaine du Vert & Or signait son contrat et préparait son arrivée avec les Tequileros de Jalisco, en plein cœur du Mexique dans la ville de Guadalajara.

« Le oui initial venait de la foi que j’avais en dieu, mais aussi en la confiance que j’avais envers moi-même. Après les détails administratifs, comme mon contrat ou les détails techniques avec l’organisation, qui nous semblaient justes, à mon agent et à moi, je me suis juste lancé dans le vide en espérant que le tout se passe bien. Après mon passage là-bas, je peux te dire que ça a porté fruit », exprime le maraudeur de cinq pieds et neuf pouces, qui se considère comme croyant.

Une année bénéfique sur tous les points de vue

La saison 2022 des Tequileros s’est somme toute bien déroulée. Possédant une fiche de cinq victoires et trois défaites, Tommy et son équipe étaient à un échelon au classement de participer aux séries éliminatoires. Le tout s’est joué sur le différentiel de points afin de déterminer la dernière formation éligible à la danse printanière. Malgré l’adaptation nécessaire due aux nouvelles dimensions de terrain et les règles différentes du niveau universitaire, Tommy s’en est bien tiré avec trois interceptions et deux touchés défensifs.

« Malgré l’adaptation nécessaire, le tout s’est déroulé quand même rapidement. J’étais bien encadré, mes coéquipiers américains m’ont bien supporté dans le processus et la simplicité du livre de jeux a fait en sorte que la transition s’est faite facilement. Je suis fier de mon jeu sur le terrain. »

L’engouement se faisait ressentir du côté de Guadalajara. L’organisation est bien présente dans la communauté de la région, le support accordé à l’équipe se voit clairement, mais l’admiration vis-à-vis les joueurs est tout aussi sans équivoque.

« Le monde trippe sur le sport à Jalisco. Tant pour le soccer, le baseball ou le basket-ball, les fans sont présents. Les gens te voient comme une idole. Le nombre de cartes provenant d’enfants, de messages ou de témoignages que j’ai reçus démontre la passion de la communauté. Je me faisais même arrêter dans la rue pour prendre des photos, comme si j’étais un joueur du Canadien, mais au Mexique. Marquer positivement les gens fait partie des raisons pourquoi je voulais être athlète professionnel, d’où mon amour pour Guadalajara ».

Une première saison sans porter les couleurs du Vert & Or

La prochaine saison de football universitaire est la première depuis la saison 2017 où on ne verra pas Roadley-Trohatos dans l’alignement du Vert & Or. Une situation que réalise très bien le principal intéressé.

« Quand mon ami m’a demandé s’il voulait qu’on regarde le premier match de la saison ensemble, je me suis dit “ On est rendu là ? On est déjà rendu des anciens qui viennent voir les matchs ? ” Je me sens vieux ! », exprime-t-il en riant

« Je suis vraiment excité pour cette saison-là. Je suis vraiment fier d’avoir joué à Sherbrooke, j’ai vécu de beaux moments, j’ai rencontré de très belles personnes et j’espère que j’aurai fait en sorte que l’équipe progresse pour le mieux. On a vu de belles choses dans les dernières années, maintenant faut que ça se concrétise pour vrai ».

En écrivant ces lignes, le Vert & Or aura déjà joué son premier match le 26 août contre le Rouge et Or de l’Université Laval à Québec.

Un retour aux sources comme entraîneur

Pendant la saison morte, Tommy donne un coup de main au personnel-entraîneur des Cavaliers du Cégep Champlain Saint-Lambert en troisième division du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ). Assistant-entraîneur du coordonnateur défensif et entraîneur des demi-défensifs, Tommy met le paquet pour amener les jeunes à un autre niveau.

« J’ai toujours voulu redonner au prochain. Je suis vraiment fier de venir de Champlain Saint-Lambert et l’idée de donner du temps pour mon ancienne équipe allait de soi. Je voulais simplement coacher puis coach Mayne m’a tout de suite accepté dans l’équipe et j’en suis très reconnaissant. »

« J’espère grandir comme entraîneur et comme personne en aidant à développer les athlètes que j’ai sous la main afin qu’il puisse dominer le RSEQ cette saison », mentionne sans l’ombre d’un doute le passionné de football de Varennes.

Pour la suite des choses, le joueur défensif par excellence du Vert & Or en 2021 réside chez lui sur la Rive-Sud de Montréal, coordonnant son engagement d’entraîneur tout en continuant de s’entraîner pour la prochaine saison cet hiver. Bien que des négociations de contrat avec les Tequileros sont en cours et que son souhait de retourner au Mexique en 2023 est sincère, il ne cache pas son désir d’obtenir un appel d’une équipe de la LCF. Le temps nous le dira, mais personne ne peut douter de la persévérance du jeune qui n’a jamais dicté son destin par les détracteurs qui le croyaient trop petit pour percer.

L’entrevue complète avec Tommy est disponible sous la bannière du balado Portrait d’un. e athlète, propulsé par CFAK 88.3.


Crédit image @Tommy Roadley-Trohatos

FORMER ET INFORMER / Le Collectif a pour mission de rapporter objectivement les actualités à la population et d’offrir une tribune à la communauté étudiante de Sherbrooke et ses associations. Toutes les déclarations et/ou opinions exprimées dans les articles ou dans le choix d’un sujet sont uniquement les opinions et la responsabilité de la personne ou de l’entité rédactrice du contenu. Toute entrevue ou annonce est effectuée et livrée dans un but informatif et ne sert en aucun cas à représenter ou à faire la promotion des allégeances politiques ou des valeurs éthiques du journal Le Collectif et de son équipe.

Auparavant chef de pupitre SOCIÉTÉ et corédacteur en chef (2021-2022) pour le journal Le Collectif

Lorsqu’il était jeune, Victor préférait regarder le téléjournal avec ses parents que les émissions pour enfant, même s’il ne comprenait pas toujours les enjeux. Son intérêt pour les questions sociales, culturelles et politiques l’a conduit à l'obtention d'un diplôme de l’École de politique appliquée. Aujourd’hui encore, il essaie de repousser sa capacité d’analyse en réalisant un certificat en philosophie.

Par sa vulgarisation et sa neutralité, Victor présente à ses lecteurs l’essentiel de l’actualité en s’intéressant aux divers sujets qui le passionnent.

En août 2022, Victor n'était plus chef de pupitre, puisqu'il a été promu au poste de corédacteur en chef, qu'il a occupé jusqu'à l'hiver 2023 avant de quitter l'équipe de rédaction du journal Le Collectif pour d'autres horizons professionnels. L'équipe lui souhaite succès et découvertes!