Sam. Mai 14th, 2022

Par Sarah Gendreau Simoneau 

La fin de session est là, tout le monde croule sous les travaux et l’étude pour les examens, le stress est à son comble pour toute la communauté étudiante. L’anxiété de performance peut être très présente pour certains, non seulement en période de stress comme en ce moment, mais souvent en permanence pour plusieurs. En quoi consiste cette anxiété, autant dans les sports que dans la vie en général? Qu’est-ce qui peut aider à la contrôler?  

Souvent, l’anxiété de performance est associée à la peur de se faire juger, mais aussi la peur d’échouer. Dans plusieurs cas, cette anxiété de performance provient de l’enfance, mais il se peut qu’elle se développe en cours de vie, comme lors des études supérieures, entre autres.  

Comment se manifeste-t-elle? 

L’anxiété, globalement parlant, est une réaction d’activation du corps et de l’esprit devant une certaine menace. Plusieurs personnes, selon la clinique de psychologie Villeray Petite Patrie, développent de l’anxiété face à des menaces abstraites plutôt que d’ordre physique. Certains besoins psychologiques sont à l’origine des anxiétés les plus connues comme le besoin de sécurité, le besoin d’être reconnu, d’être admiré, d’être estimé, le besoin de plaire, le besoin de se sentir en contrôle, etc.  

Que la menace soit physique ou abstraite, les manifestations de l’anxiété sont semblables. Donc, en période d’examen, par exemple, l’individu qui fait de l’anxiété excessive de performance pourrait éprouver des troubles somatiques tels des malaises gastriques, de l’agitation, des maux de tête et des tensions musculaires. Cette personne pourrait aussi montrer des symptômes psychiques comme de la nervosité, des crises d’angoisse, de l’insomnie ou des pensées négatives qui relèvent de la catastrophe. 

Il se peut même que les comportements de la personne aux prises avec des problèmes d’anxiété de performance changent. Par exemple, elle peut faire de l’évitement face à une certaine situation par peur d’échec ou de l’évitement face aux critiques qu’elle pourrait recevoir. « L’individu pourrait aussi rechercher maladivement la perfection ou vouloir toujours avoir des commentaires positifs sur tout ce qu’il entreprend », expliquent les psychologues du Service de psychologie de l’Université de Sherbrooke (SPO).  

Pour le cerveau, le scénario d’échec qui repasse en boucle dans la tête de la personne anxieuse représente une menace perçue comme réelle, même s’il y a une part d’irrationalité. Ce scénario peut se manifester aussitôt que la personne se retrouve devant cette situation qui la rend anxieuse et peut même développer d’autres situations anxiogènes.  

Quelles sont les causes de l’anxiété de performance? 

L’anxiété de performance trouve sa source de plusieurs façons. Une personne qui a un problème d’anxiété pourrait, à la base, avoir un faible sentiment d’efficacité personnelle. Elle a tendance alors à abandonner rapidement lorsqu’elle éprouve une difficulté quelconque, elle demande rarement de l’aide lorsque nécessaire ou elle possède un sentiment d’incompétence et une faible estime de soi, selon le SPO.  

Une autre source du problème pourrait être que les croyances de la personne sont erronées et irrationnelles, par exemple, une généralisation excessive sur l’échec d’un projet mis à grande échelle sur tous les projets dans l’avenir ou encore une perception de la réussite comme étant beaucoup plus importante que l’apprentissage en soi.  

Des causes psychosociales existent aussi comme les relations axées sur la compétition ou encore l’apprentissage des parents à l’enfant. « Si l’enfant ne reçoit pas le soutien approprié pour développer une solide confiance en soi, il jugera de sa valeur personnelle en fonction de gains extérieurs uniquement », sous-tend le SPO.  

L’anxiété de performance dans le sport  

Ce n’est pas nouveau, le milieu sportif est loin d’être tout le temps sain. Lors des compétitions sportives, c’est inévitable, le stress est de la partie. Plusieurs athlètes utilisent ce stress pour générer l’énergie physique et mentale nécessaire à l’accomplissement de performances sportives optimales. Cependant, chez d’autres, ce sont plutôt d’intenses malaises physiques qui surviennent ainsi que de grandes inquiétudes psychologiques ce qui les empêche d’atteindre le niveau de performance désiré, selon Patrick Gaudreau, professeur adjoint à l’École de psychologie de l’Université d’Ottawa. 

Dans un contexte sportif, l’anxiété est souvent considérée comme une réponse typique à une situation où les compétences de l’athlète sont évaluées. L’anxiété est souvent caractérisée par plusieurs signes et symptômes physiologiques comme de la transpiration ou l’accélération du rythme cardiaque. Plusieurs signes comportementaux peuvent apparaître aussi comme le fait de se ronger les ongles ou de gigoter, ou encore des signes cognitifs comme des pensées négatives ou de l’inattention. Évidemment, tout ça peut nuire aux performances des athlètes et ainsi accentuer l’anxiété de performance; c’est une grande roue qui ne cesse de tourner.  

Comment remédier à la situation? 

Autant pour les athlètes que pour les étudiants et étudiantes en période de grands stress ou pour n’importe qui ayant des problèmes d’anxiété de performance, il est important d’identifier l’endroit, le moment et la façon dont se manifeste cette anxiété pour pouvoir par la suite travailler sur la réduction de celle-ci. Ces personnes peuvent prendre conscience, par exemple, selon le SPO, qu’un échec n’est pas une finalité en soi et que d’apprendre est encore plus enrichissant que de toujours réussir à un niveau qui demande trop d’énergie.  

Il faut aussi être conscient que la confiance en ses capacités favorise mieux la réussite, l’intérêt et les attitudes positives à l’école, devant une compétition ou dans la vie de tous les jours que le font les aptitudes réelles. Le regard des autres sur les performances d’une personne anxieuse peut refléter sa propre perception et augmenter ses attentes. Il est important pour elle de déterminer ce qui la motive personnellement et de se fixer des objectifs qui répondent à ses exigences à elle.  

Des spécialistes existent pour voir exactement d’où provient le problème et peuvent prodiguer des conseils afin de remédier à la situation et réduire considérablement les effets indésirables de l’anxiété de performance.  


Crédit image @ Pixabay

Sarah Gendreau Simoneau
Cheffe de pupitre SPORTS ET BIEN-ÊTRE pour le Journal Le Collectif | sport.lecollectif@USherbrooke.ca

Passionnée par tout ce qui touche les médias, pas surprenant que Sarah tripe autant sur ses cours du bac en communication, lorsqu'elle fait de la radio à CFAK et lorsqu'elle écrit des articles pour Le Collectif. Dans l'équipe du journal depuis mai 2021, elle est fière de mettre sa touche personnelle dans ce média de qualité de l'Université de Sherbrooke.

Le sport et le bien-être sont, selon elle, indispensables à la société. Elle s'efforce donc, avec sa curiosité légendaire, de dénicher les meilleurs sujets sportifs pour vous!