Mar. Juil 23rd, 2024

Par Sarah Gendreau Simoneau

Nous voici en juin et juillet, ces beaux mois chauds et ensoleillés où la moitié de la ville déménage! Malheureusement, chaque année lors de cette saison, des milliers d’animaux sont abandonnés au Québec et la crise du logement vécue dans la province depuis deux ans est loin de régler le problème.

Il s’agirait de près d’un demi-million d’animaux abandonnés chaque année. Si on fait la comparaison avec la France, les chiffres sont cinq fois plus élevés ici alors que notre population est neuf fois moins élevée que la leur. Malheureusement, plusieurs de ces animaux, surtout des chats et des chiens, finiront par être euthanasiés faute d’avoir trouvé une famille d’adoption.

Entre la pandémie, où des gens ont préféré adopter des petites boules de poils pour ne pas être seuls, et la crise du logement où trouver un appartement abordable avec le droit de posséder des animaux devient de plus en plus difficile, le nombre d’abandons est en hausse.

Historique des abandons

Entendre parler d’abandons d’animaux chaque année, c’est triste, mais le problème ne date pas d’hier. La Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de Montréal se consacre au soin des animaux depuis 150 ans et elle a ouvert son premier refuge sur le boulevard De Maisonneuve en 1914.

Déjà, en mars 1915, ce sont près de 300 à 400 chiens qui sont reçus chaque mois au refuge, à Montréal seulement. La même année, près de 4 000 animaux sont euthanasiés, alors que seulement 102 chats et chiens trouvent une nouvelle maison.

En 1955, l’organisation reçoit 97 489 chiens et chats, dont la plupart doivent être euthanasiés. C’est le 1er mars 1979 qu’un premier programme incitatif de stérilisation pour les animaux adoptés au refuge voit le jour. Dans les mêmes années, la SPCA fait activement la promotion de cette façon de faire et de l’adoption d’animaux pour contrer le problème de surpopulation animale et d’abandon sur l’île de Montréal.

Principales causes d’abandon

De nos jours, plusieurs aspects semblent « provoquer » l’abandon de nos compagnons à quatre pattes. Les logements qui n’acceptent pas les animaux lors de déménagements arrivent en tête des causes d’abandon. Selon Radio-Canada, il n’y aurait que 4,7 % des logements au Québec qui acceptent des animaux de compagnie. « En Ontario et en France, il est interdit d’interdire les animaux dans les logements. Au Québec, les nouveaux baux résidentiels le permettent », indique la directrice générale de la SPCA de Montréal, Élise Desaulniers.

La deuxième cause la plus « populaire » reste le manque de temps pour s’occuper d’un animal de compagnie. Des gens adoptent des animaux sur un coup de tête pour se désennuyer, parce que le « p’tit chat est trop cute », ou pour offrir un beau lapin à Pâques à son enfant. Cependant, il faut penser à tous les détails lorsqu’on adopte un animal ; lui offrir assez de temps pour jouer ou s’occuper de lui, avoir les sous nécessaires pour les dépenses fréquentes comme la nourriture, la litière ou encore les soins vétérinaires en cas de besoin, l’éduquer s’il s’agit d’un chiot, etc.

Une personne avec qui on habite peut être allergique sans le savoir avant d’adopter et ça peut être une cause d’abandon d’un animal. Il existe des solutions pour diminuer les symptômes d’allergie, comme ne pas avoir de tapis dans l’appartement ou la maison, ne pas dormir avec l’animal et l’empêcher d’aller dans la chambre lorsque vous n’y êtes pas, se laver les mains régulièrement. Sinon, il existe des races de chiens et de chats, même des lapins, qui sont moins allergènes.

Plusieurs personnes abandonnent leur animal parce qu’il a un problème de comportement. Sans que le chien ne morde ou que le chat ne saute sur les invités, ils peuvent avoir seulement besoin d’un petit cours de base ou de trucs pour être mieux éduqués. L’environnement et la méthode d’éducation vont alors influencer le comportement de votre animal. Il y a toujours des solutions avant de l’abandonner.

Quels sont les impacts des abandons?

Certaines personnes n’y pensent pas, mais abandonner des animaux peut avoir des impacts négatifs sur eux ou sur la population. Par exemple, des gens abandonnent leur animal en pleine nature et pensent que les impacts seront moindres, mais ils se trompent. Un animal qui a été gardé et élevé en captivité toute sa vie a très peu de chances de survivre seul à l’extérieur à cause du manque de nourriture ou d’abri ou encore à cause d’une attaque de prédateur.

Sinon, le stress causé par l’abandon entraîne une chute du système immunitaire de l’animal, ce qui favorise le développement de maladies. Les animaux errants facilitent ensuite leur propagation et peuvent contaminer leurs congénères, ainsi que les humains qui s’approchent d’eux notamment avec la rage ou certains parasites.

Si un animal non stérilisé est abandonné, il se peut qu’il contribue à la surpopulation animale au Québec. Une chatte, par exemple, peut avoir cinq portées par année de cinq à six chatons chacune.

Des personnes malintentionnées ou se souciant peu de leur animal les abandonnent même dans le logement qu’elles laissent derrière elles. Les pauvres bêtes sont alors retrouvées en piteux état, bien souvent sans nourriture et eau depuis plusieurs jours. Ils peuvent donc causer des dégâts pour trouver de la nourriture et pour faire leurs besoins. C’est souvent ce genre de scénario qui rend les propriétaires réfractaires à donner le droit aux locataires d’avoir des compagnons.

Si vous décidez d’adopter un animal, c’est pour de nombreuses années. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un être vivant rempli de sensibilité qui vous aimera toute sa vie, ne faites pas de la sienne un enfer. Choisissez bien votre animal en fonction de ce que vous pouvez lui apporter et de votre personnalité. Finalement, adoptez en refuge ; un chat ou un chien abandonné, même s’il ne peut parler, vous remerciera des années durant de l’avoir sauvé.

Rassurez-vous, le chat sur la photo (salut Baloo !) ne sera jamais au grand jamais abandonné !

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Rédactrice en chef et directrice générale, auparavant cheffe de pupitre SPORT ET BIEN-ÊTRE pour le journal Le Collectif | Site web

Passionnée par tout ce qui touche les médias, Sarah a effectué deux stages au sein du quotidien La Tribune comme journaliste durant son cursus scolaire, en plus d’y avoir œuvré en tant que pigiste durant plusieurs mois. Auparavant cheffe de pupitre pour la section Sports et bien-être du journal, et maintenant rédactrice en chef, elle est fière de mettre sa touche personnelle dans ce média de qualité de l’Université de Sherbrooke depuis mai 2021.  

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