Dim. Juil 21st, 2024

Par Natasha Guay Marchand 

Quelques jours après la victoire du Parti québécois dans la partielle de Jean-Talon, le gouvernement caquiste annonce la hausse des frais de scolarité pour les étudiants universitaires non-résidents du Québec. Cette mesure à deux objectifs : veiller à la survie du français et rétablir l’équilibre financier des réseaux anglophone et francophone. Est-ce une stratégie pour récupérer l’électorat français ou une manœuvre économique?  

Dès l’automne 2024, la facture annuelle passera de 8 992 $ à environ 17 000 $ pour les personnes étudiantes issues du reste du Canada, et sera encore plus élevée pour celles provenant de l’international. Présentement, un étudiant universitaire canadien inscrit au Québec paye un peu moins de 9 000 $ pour une année d’étude, soit deux fois moins que ce qu’il en coûte réellement. La ministre Déry a lancé en conférence de presse la question des contribuables, à savoir : « jusqu’à quand vont-ils continuer à subventionner les formations d’étudiants qui viennent ici, qui restent quelques années, mais qui retournent après dans leurs provinces » à rapporter Radio-Canada.  

Les universités anglophones ont les coffres pleins  

L’objectif premier de cette mesure serait de freiner le déclin du français au Québec, selon le premier ministre. Une proportion importante d’étudiants étrangers arrive à Montréal sans maitriser le français, soit l’une des causes du déclin de la langue au Québec, selon le commissaire Benoit Dubreuil.  

Le gouvernement soutient également que cette mesure vise à corriger le déséquilibre financier entre les réseaux universitaires francophone et anglophone. Selon le ministre de la Langue française, en 2019-2022, les frais de scolarité des étudiants étrangers ont permis de générer 407 M$ en revenu additionnel. Toutefois, une part importante de ce montant (282 M$) a été encaissé par McGill, Concordia et Bishop’s à elles seules. En effet, pour les universités, les étudiants étrangers représentent une source de revenus non négligeable dans la mesure où leurs frais de scolarité sont plus élevés. Une augmentation significative des frais de scolarité pourrait nuire aux taux d’inscription.  

Une catastrophe pour Bishop’s  

L’Université anglophone s’est fermement opposée à la hausse des frais de scolarité. Composée de 2 650 personnes étudiantes, dont 30 % proviennent d’autres provinces, l’augmentation des charges pourrait mettre en péril la survie de l’établissement. À titre de comparaison, l’Université de Sherbrooke compte plus de 13 000 personnes étudiantes seulement sur son campus principal. La présidente du Conseil représentatif des étudiants de l’Université Bishop’s, Sophia Stacey, est d’avis que cette mesure aura plutôt pour effet de « nuire au rayonnement de la culture québécoise, en limitant ses liens et sa visibilité ailleurs au Canada ». Comme plusieurs autres, l’étudiante a choisi cette université pour son milieu bilingue dans l’objectif d’apprendre le français.  

Bien que cette mesure s’applique à toutes les universités, le gouvernement prévoit des exemptions pour les étudiants internationaux belges et français. Les étudiants canadiens francophones hors Québec devraient également avoir des mesures d’exemptions, mais l’absence d’une mesure officielle révèle le manque de solidarité entre le Québec et les communautés francophones ailleurs au Canada. 


Source: LinkedIn Bishop’s University

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