Lun. Juil 22nd, 2024

Par Victor Dionne

Le 6 janvier 2021, les États-Unis étaient sous le choc. À la suite de l’élection de Joe Biden, des manifestantes et manifestants sont entrés dans le Capitole et tentaient de bloquer le vote certifiant la victoire du démocrate. Plus d’un an après l’évènement, la Commission d’enquête sur l’assaut du Capitole entamait la phase des audiences publiques. Après avoir accumulé énormément de preuves contre l’ex-président Donald Trump et son entourage pendant l’été 2021, les audiences contenaient leur lot de révélations dérangeantes.

Déjà, la commission parlementaire avait mis en lumière les tentatives par les proches de l’ex-président républicain visant à faire annuler le résultat final des élections de novembre 2020. Le « Green Bay Sweep », un plan dirigé par Steve Bannon, stratège politique de l’administration Trump lors des sept premiers mois de son mandat, et par Peter Navarro, conseiller à la sécurité nationale, visait entre autres à déterminer les mécanismes et procédures pour nullifier le vote, expliquait Le Devoir.

Des textos entre l’ancien chef de cabinet de M. Trump Mark Meadows et des personnalités politiques et médiatiques avaient révélé également des tentatives pour remplacer le vote démocrate par un vote républicain en Géorgie et en Arizona. Avec les audiences publiques, les actions à caractère violent et antidémocratique de l’ancien locataire de la Maison-Blanche ont été davantage exposées.

Un président et l’extrême droite

« Grosse manifestation à Washington le 6 janvier. Soyez-y, ce sera fou », avait écrit l’ancien chef d’État sur Twitter le 19 décembre 2020. D’après le groupe d’élus chargé d’enquêter sur la tentative de M. Trump de se maintenir au pouvoir, ce message a été considéré comme un « appel aux armes ». Selon l’Agence France-Presse, la commission a montré que les animateurs et animatrices radio, les personnes influenceuses et plusieurs personnalités conservatrices ont diffusé cette information rapidement. L’option d’attaquer le Capitole a même été évoquée par l’un d’entre eux.

Suivant ce Tweet, la commission révèle que les groupes radicaux qui étaient présents le 6 janvier se sont coordonnés d’avance, en plus de discuter régulièrement avec le consultant politique Roger Stone, un proche de M. Trump. D’après l’élu démocrate Jamie Raskin, le message de l’ex-président a « électrisé et galvanisé ses partisans, en particulier de dangereux groupes extrémistes comme les Oath Keepers, les Proud Boys et d’autres groupes de racistes et de nationalistes blancs prêts à se battre contre le gouvernement. »

D’ailleurs, le témoignage du 29 juin de Cassidy Hutchinson, la conseillère principale de Mark Meadows, a dévoilé des informations troublantes quant à la réaction du républicain et son chef de cabinet. D’après elle, M. Trump était au courant de la présence de membres de milices extrémistes, suprémacistes et paramilitaires. « Je me souviens avoir entendu les mots “Oath Keepers“ et entendu les mots “Proud Boys“ lors de la planification du rassemblement du 6 janvier », mentionnait-elle durant l’audience. 

L’ex-dirigeant ne semblait pas préoccupé par la présence d’armes dans la foule, d’après les dires de Mme Hutchinson : « j’ai entendu le président dire quelque chose comme “Je m’en fous qu’ils aient des armes“. Ils ne sont pas là pour me faire du mal. Enlevez les détecteurs. Laissez mes gens entrer, ils peuvent marcher sur le Capitole d’ici. Laissez les gens entrer, emportez les putains de détecteurs. » En effet, selon les informations du Devoir, la conseillère aurait précisé que le président a demandé que les détecteurs de métal, servant à le protéger habituellement, soient retirés. De même, les services secrets avaient pris la décision de ramener M. Trump à la Maison-Blanche pour sa protection. Il s’y opposait fortement.

L’homme d’affaires et son équipe savaient qu’il était possible que la manifestation du 6 janvier se transforme en insurrection. Mark Meadows l’avait mentionné à Mme Hutchinson quelques jours avant l’attaque : « Les choses pourraient tourner très mal. »

Un vice-président en danger

La commission parlementaire a établi que M. Trump avait mis en danger la vie de l’ex-vice-président Mike Pence. Le populiste a fait pression sur le numéro 2 de l’exécutif américain pour qu’il rejette le résultat du vote qui donnait la victoire à Joe Biden. Le démocrate Pete Aguilar, membre de la commission, a affirmé que le président déchu continuait de « faire pression sur le vice-président, à la fois publiquement et en privé » même si ce dernier répétait constamment qu’il n’avait pas ce pouvoir, toujours selon Le Devoir. L’ancien dirigeant a ainsi retourné la foule contre lui, en conclut la commission.

Pendant l’insurrection, les émeutiers appelaient à assassiner par pendaison M. Pence. Un informateur du FBI a déclaré qu’il n’était qu’à 12 mètres de la foule à ce moment : « les Proud Boys auraient tué Mike Pence si on leur en avait donné l’occasion », suivant les informations de La Presse.

Le 5 janvier, le chef de cabinet de l’ancien vice-président, Mike Short, avait prévenu les services secrets américains que M. Tump allait se retourner contre celui-ci et qu’il y avait un risque pour sa sécurité.

Devant la commission, le juge républicain à la retraite J. Micheal Luttig a soutenu qu’en 230 ans d’histoire, aucun vice-président n’a eu la prétention d’avoir le pouvoir d’annuler les résultats électoraux. D’après lui, si l’ancien second avait choisi de le faire, les États-Unis auraient connu la « première crise constitutionnelle depuis la fondation de la république ». « La guerre contre la démocratie déclenchée par l’ancien président et ses alliés du Parti républicain, le 6 janvier, était le point culminant cohérent et prévisible de la guerre pour l’Amérique », a-t-il prononcé lors de son témoignage.


Crédit image @Jon Tyson

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