Jeu. Juil 11th, 2024

Par Guillaume Lavallée

Avec la hausse fulgurante du coût de la vie, atteindre le seuil du revenu viable devient de plus en plus ardu pour l’ensemble des Québécois. La ville de Sherbrooke ne fait pas exception. En effet, en plus de cette augmentation, divers projets de promoteurs immobiliers ont des impacts sur l’accès au logement.

Revenu viable et conjonctures économiques

Selon l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), le revenu viable correspond aux dépenses de base, par exemple le logement, la nourriture et les déplacements, tout en incluant une marge de manœuvre pour les dépenses imprévues. Selon l’Institut, le revenu viable est 30 % supérieur au seuil de pauvreté, qui pour sa part, ne se limite qu’à répondre aux besoins les plus élémentaires de survie.

Dans un contexte économique où l’inflation a progressé de 5,1 % en janvier dernier, soit la plus haute augmentation depuis 30 ans selon Statistique Canada, le revenu viable va indéniablement devoir s’ajuster afin de s’arrimer à cette augmentation du coût de la vie. Dans le rapport annuel de l’IRIS publié au début du mois, il est évoqué que pour une personne seule résidant à Sherbrooke, un revenu de 26 000 $ net est nécessaire pour vivre dignement hors du seuil de pauvreté. Cependant, le rapport ne prend pas en compte les augmentations générales du coût de la vie.

De plus, selon l’étude, les victimes de l’inflation sont principalement les plus démunies. Pour aider cette tranche de la population, les transports en commun sont d’une importance capitale. En effet, à Sept-Îles, où le transport en commun n’est pas encore implanté, le revenu viable est évalué à 8 000 $ de plus qu’à Sherbrooke.

Le logement à Sherbrooke : des analyses équivoques

Au début de l’année 2022, Nikolaï Ray, un promoteur immobilier voulant revitaliser les propriétés existantes et augmenter l’accessibilité aux logements dans le quartier avoisinant la rue Alexandre, a suscité de vives réactions des habitants du quartier et de certaines associations locales. Dans un article d’ICI Estrie, Léo Boivin, résident et porte-parole de l’Association contre la gentrification de Sherbrooke, dénonçait la déconnexion totale entre le promoteur immobilier et la réalité du quartier. Pour sa part, Mélanie Alain, propriétaire de l’entreprise Ça beigne et co-présidente des Gens d’affaires du centre-ville de Sherbrooke, témoignait que plusieurs locataires avec qui elle a échangé ont la crainte de se faire jeter à la porte de leur logement pour des rénovations majeures.

Pour sa part, M. Ray évoquait plutôt des motifs économiques, où il développe l’argument que l’augmentation de l’accessibilité au logement aura sans aucun doute un effet positif en favorisant la baisse des prix sur le marché locatif de la ville à cause d’une augmentation en offre.

En bref, avec la hausse phénoménale du coût de la vie, il est difficile d’anticiper les effets sur le revenu viable des citoyens de Sherbrooke. Même chose concernant les impacts des projets de modernisations immobilières sur l’accessibilité au logement locatif.


Crédit image @ Flickr

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