Ven. Juin 14th, 2024

Par William Thériault 

Harold LeBel a été déclaré coupable d’agression sexuelle le mercredi 23 novembre, à la suite d’un procès de deux semaines au palais de justice de Rimouski. L’ancien député du Parti québécois risque désormais de recevoir une peine d’emprisonnement maximale de 10 ans. 

Composé de neuf femmes et trois hommes, le jury a reconnu de manière unanime — après deux jours de délibérations — que l’ex-politicien avait passé une nuit complète à faire des attouchements non consensuels à la plaignante, en octobre 2017. Elle est de plus de 30 ans sa cadette. 

En réaction à sa sentence, l’accusé a simplement regardé vers le sol sans ajouter un mot, a observé le quotidien La Presse. « C’est un choc pour tous », a déclaré son avocat Me Maxime Roy, après s’être tenu la tête entre les deux mains. 

« On est très satisfaits du verdict qui a été rendu, je ne vous le cacherai pas. Le jury a fait de toute évidence un travail remarquable, a soutenu Me Manon Gaudreault, procureure de la Couronne. Ils ont analysé la preuve et ils en sont arrivés au verdict qui était attendu. » 

Une «nuit interminable» 

La plaignante du dossier, dont l’identité n’est pas dévoilée par ordonnance de la Cour, a soutenu avoir vécu une « nuit interminable » dans l’appartement d’Harold LeBel. En déplacement professionnel, elle a dormi chez lui en compagnie d’une collègue de travail. 

Le début de la soirée s’est bien déroulé. C’est au moment où sa collègue est partie dormir dans une autre pièce que LeBel a soudainement tenté d’embrasser la victime. Dans son témoignage, elle a ajouté que ce dernier lui avait dégrafé son soutien-gorge et qu’il a multiplié les attouchements à son endroit durant la nuit, pendant qu’elle ne pouvait que demeurer immobile. 

Le lendemain, celui qui était alors député a envoyé un message texte qui disait « Merci de m’avoir laissé te coller » à la victime. 

Bien que les faits remontent à octobre 2017, la jeune femme a attendu près de trois ans pour porter plainte. C’est l’arrestation de l’ancien chef du PQ, André Boisclair, qui l’a convaincue d’approcher les corps policiers en mai 2020. Avant cet événement, elle craignait de dénoncer un député généralement apprécié et qui possédait alors une « super réputation ». 

 « Ça m’a vraiment marquée, avait-elle raconté. Parce que dans les cercles politiques, il y avait beaucoup de ouï-dire sur André Boisclair […]. Des gens étaient probablement au courant. » 

Harold LeBel, pour sa part, a refusé de reconnaître la véracité du témoignage de la plaignante lors de ses interventions au tribunal. Sa version des faits stipule plutôt qu’il s’est couché auprès de celle-ci dans un lit commun et qu’il s’est réveillé par hasard avec les bras sur elle. Elle n’a pas été crue. 

Anciennement représentant de la circonscription de Rimouski, LeBel avait été exclu du caucus péquiste après son arrestation dans cette affaire en décembre 2020. Il siégeait à l’Assemblée nationale depuis 2014. 


Crédit image @Martin Brassard

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